‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 68 sur 130 · INEFFICACITÉ DE L'EXCITATION MÉCANIQUE. J · texte numérisé non relu

INEFFICACITÉ DE L'EXCITATION MÉCANIQUE. J

tités considérables de sciure de bois, jusqu'à une demilivre. Le chien léchait évidemment sa plaie, et avalait la sciure de bois restée adhérente au museau. Or, ces quantités énormes de sciure de bois, dont la présence dans l'estomac produisait certainement une irritation mécanique considérable, n'ont jamais provoqué pour leur compte d'effet sécrétoire. Il me semble que cette longue série de faits doit suffire à anéantir complètement l'idée que l'appareil neuro-sécrétoire de l'estomac peut être mis en jeu par l'excitation mécanique immédiate de la muqueuse gastrique.

Et, cependant, longtemps encore, sans doute, les barbes de plume et les tubes de verre continueront, dans des manuels et même dans des publications ayant pour objet spécial la sécrétion gastrique, à être représentés comme des excitants capables de provoquer le travail des glandes stomacales ! Il y a, à vrai dire, des physiologistes qui tiennent pour peu importante l'excitation mécanique considérée au point de vue d'un effet sécréioire pour l'estomac, et qui lui accordent un rang très secondaire dans la série des agents excitateurs de la sécrétion- gastrique. Je n'en connais pas un toutefois, qui ait nié absolument son efficacité et qui ne tienne pour possible d'obtenir, par son intermédiaire, au moins de petites quantités de suc.

Pour terminer cette leçon, je vais traiter d'une question qui est en rapport avec celle que je viens de discuter devant vous. Si le contact des aliments avec la muqueuse de l'estomac n'a pas d'influence immédiate sur la sécrétion, l'arrivée des aliments dans l'estomac est-elle toutefois dépourvue de tout rapport avec le processus sécrétoire?

Pawlow. 10

14â APPARITION ET IMPORTANCE DU SUC PSYCHIQUE.

On ne peut douter que, dans les conditions normales, l'estomac ne soit le siège de certaines sensations, c'est-àdire que sa face interne ne possède un certain degré de sensibilité tactile. En général, ces sensations sont très faibles, et les individus s'habituent, pour la plupart, à» me leur prêter aucune attention, dans le cours normal de la digestion ; mais, pour si inaperçues qu'elles soient, elles n'en constituent pas moins des facteurs du sentiment de bien-être général et surtout de la sensation de plaisir qui va avec l'acte de manger. C'est là ce qui explique, par exemple, le fait que le sentiment de faim est communément rapporté à l'estomac. D'autre part, vous B.^mz sûrement rencontré certains individus qui décrivent avec précision et complaisance toutes les phases de l'évolution d'un bon morceau ou d'une lampée de liquide agréable, qu'ils suivent depuis l'œsophage jusqu'à l'estomac, surtout lorsqu'ils sont à jeun. Il est évident que le gourmet, dont toute l'attention est appliquée à l'acte de manger, peut parfaitement avoir la perception nette et la conscience de sensations qui, chez les autres, sont normalement étouffées par d'autres sensations et d'autres impressions. Aussi bien nous faut-il croire que, dans le plaisir de manger, entrent non seulement les excitations de la bouche et du pharynx qui interviennent chez nos animaux soumis au repas fictif, mais encore d'autres sensations qui sont éveillées par les aliments dans les autres parties du tube digestif, jusque dans l'estomac. En d'autres termes, l'aliment, qui ne franchit que la bouche et le pharynx, provoque moins de plaisir et moins d'appétit que l'aliment, qui suit tout le parcours normal jusqu'à l'estomac. L'appétit, le désir passionné des aliments est, certes, une sensation très complexe, et pour le développement de laquelle il faut non seulement que l'or-

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