‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 76 sur 130 · DIÉTÉTIQUE DES CHIENS VAGOTOMISÉS. Î · texte numérisé non relu

DIÉTÉTIQUE DES CHIENS VAGOTOMISÉS. Î

processus sécrétoire était exacte. A l'occasion de ces leçons, je dus répéter mon ancienne expérience relative à l'influence de la section du vague sur reff"et sécrétoire du repas fictif; je disposai ainsi d'un chien dont la digestion stomacale était profondément troublée, comme on doit s'y attendre, d'après nos recherches personnelles et d'après celles aussi d'autres auteurs, de Ludwig et Krehl, en particulier. Je résolus alors de venir au secours de la digestion, chez notre animal, en m'appuyant sur nos nouvelles données. Puisque, chez les chiens aux pneumogastriques sectionnés, la sécrétion psychique du suc gastrique est complètement et pour toujours suspendue, je cherchai à suppléer au mécanisme manquant par un autre. Avant chaque repas, nous lavions d'abord l'estomac ; puis nous introduisions dans l'estomac de notre chien 200 à 300 centimètres cubes de bouillon de viande, et nous attendions que ce suc devînt très acide, c'està-dire que les glandes fussent en plein fonctionnement. Alors seulement, nous introduisions dans l'estomac des alimenls solides. Nous vîmes ainsi que tels aliments^ qui n'arrivaient autrefois qu'à présenter un commencement de putréfaction, étaient maintenant convenablement digérés.

Jusqu'à présent, nous n'avons considéré, dans le processus sécrétoire, que la masse de suc sécrété pour les divers aliments. Dans la deuxième leçon, nous avons appris qu'à la variété des aliments correspondent aussi des variations qualitatives du suc. A quoi tiennent donc ces variations ? Comme nous l'avons déjà dit souvent, le suc psychique possède, pour toutes les variétés d'aliments, une puissance digestive de valeur sensiblement égale. La diversité du pouvoir digestif du suc sécrété, dans les heures qui suivent l'ingestion du repas, tient

donc à l'inégalité d'action chimique des diverses espèces d'aliments. Dans nos recherches, nous sommes partis de ce fait que le suc sécrété pour le pain est d'un pouvoir digestif plus élevé que celui sécrété pour la viande. Quelle raison peut-on donner de cette différence ? Bien des hypothèses sont possibles. Les propriétés physiques de l'aliment, la nature spéciale des substances albuminoïdes du pain et de la viande, le mélange dans le pain d'albumine et d'amidon, sont susceptibles d'avoir de l'importance. Pour ce qui se rapporte au premier facteur, la question put être facilement résolue : la dessiccation de la viande, l'humidification du pain ne modifièrent en rien les rapports de pouvoir digestif des sucs (Dr. Chigin). Le troisième facteur fut alors examiné (Dr. Lobassoff). Nous mélangeâmes de la viande et de la colle pure d'amidon, dans les proportions exactes où l'albumine et l'amidon se trouvent dans le pain, nous donnâmes ce pain artificiel à manger à notre chien, et nous obtînmes dans ces conditions un suc de pouvoir digestif égal à celui qui est sécrété pour le pain naturel :

HEURES

Page 1