MODE RÉFLEXE DE L'EXCITATION CHIMIQUE SÉCRÉTOIRE
estomac peuvent-ils agir sur le cul-de-sac isolé ? Les relations fonctionnelles des deux estomacs ne peuvent se concevoir que par les deux systèmes généraux d'union de nos organes, la circulation et le système nerveux. On peut imaginer que les substances chimiques, qui provoquent la sécrétion, sont absorbées dans le canal digestif et apportées par le sang, soit au centre des nerfs sécrétoires, soit aux glandes peptiques elles-mêmes, excitant, dès lors, celles-ci et ceux-là. Cette hypothèse peut facilement être mise à l'épreuve. Si elle répond bien à la réalité, nous devons obtenir le même travail glandulaire, que les substances en question pénètrent dans les voies circulatoires par l'estomac ou par une autre porte d'entrée. Les résultats des expériences sont décisifs contre une telle manière de voir. Beaucoup d'auteurs ont introduit du bouillon de viande ou des solutions d'extrait de Liebig dans le rectum d'animaux, sans jamais voir se manifester une activité des glandes gastriques. Le Dr. Lobassoff s'est occupé avec un soin particulier de cette question. Chez des chiens, il a introduit par le rectum des quantités d'extrait de viande, de beaucoup supérieures à celles qui sont suffisantes, dans l'estomac, à exciter la sécrétion. Par le lavage du rectum et l'examen physiologique et chimique du liquide recueilli, il s'est convaincu ensuite de la disparition, dans la cavité rectale, des substances excito-sécrétoires de l'extrait de viande. Ainsi, par exclusion, nous arrivons à cette conclusion que notre petit estomac est également, dans les phases ultérieures de la sécrétion et sous l'influence du grand estomac, mis en train par un processus nerveux, c'està-dire réflexe. De môme, nous devons conclure que la sécrétion du grand estomac tient aussi à un processus réflexe. Mais, s'il en est ainsi, il devient facile de com-
prendre, dans les conditions de la digestion stomacale, que ce réflexe doit être diffus et non pas localisé, c'està-dire que l'excitation d'un point déterminé de la muqueuse ne provoque pas seulement en ce point, mais bien indistinctement dans toutes les glandes de la muqueuse gastrique, un travail actif sécrétoire. De fait, la première conception aurait peu de sens, puisque les aliments se trouvent soumis dans l'estomac à un déplacement continuel et constamment transportés d'un point à un autre. Il est donc tout naturel que l'excitation de la surface du grand estomac se transmette constamment et exactement par le trajet des nerfs au petit estomac (qui n'est qu'un segment détaché du grand), si les relations nerveuses de ce cul-de-sac ont été toutefois respectées. Cette manière de voir est essentiellement confirmée par la comparaison de l'activité d'un estomac isolé par notre méthode (respect des fibres du vague) avec celle d'un cul-de-sac isolé d'après la méthode de résection de Heidenhain (section des fibres du vague). Le chien opéré d'après notre méthode présente, depuis trois ans et demi déjà, sans modification aucune, toujours une même évolution de sécrétion pour des conditions identiques de travail sécrétoire. Les culs-desac, isolés suivant la méthode de Heidenhain^ modifient, au contraire, avec le temps^ et d'une façon essentielle, leur puissance sécrétoire. Au début, leur travail est très énergique ; avec une nourriture abondante, la sécrétion dure un grand nombre d'heures et est très copieuse [Heidenhain, Ssanozki). Conserve-t-on quelque temps l'animal en vie, on remarque alors une diminution progressive de la sécrétion, et, un mois à un mois et demi après l'opération, l'administration même d'un repas copieux provoque une sécrétion qui ne dure que de trois à