SEPTIÈME LEÇON
Les excitants normaux de l'appareil d'innervation de la glande pancréatique. — Coup d'œil sur les documents rapportés et programme de recherches ultérieures.
L'acide est un excitant puissant de la glande pancréatique. — La spécificité de cet excitant. — Le contenu stomacal, en passant dans le duodénum, excite le pancréas surtout parce qu'il possède, grâce au suc gastrique, une réaction acide. — L'acide excite le pancréas par action réflexe, partie de la muqueuse duodénale. — Signification vraisemblable du rapport établi par l'acide entre la sécrétion gastrique et la sécrétion pancréatique. — L'amidon n'excite pas la sécrétion pancréatique, mais augmente la teneur du suc pancréatique en ferment amylolytique. — La .graisse est un véritable excitant de la sécrétion pancréatique et augmente la teneur du suc en ferment saponifiant. — Le sommeil n'arrête pas la sécrétion pancréatique. — Bien que l'on puisse admettre une excitation psychique pour la sécrétion pancréatique, elle ne joue toutefois qu'un rôle faible. — L'eau, à elle seule, est un excitant du pancréas. — Les solutions salines neutres et alcalines des métaux alcalins inhibent la sécrétion pancréatique. — Groupement des questions encore à résoudre sur le travail des glandes digestives. — Le déterminisme de l'excitabilité spécifique du canal digestif constitue le résultat fondamental de toutes les recherches communiquées ici. — Résumé et revue générale des résultats. — Programme et espoirs de recherches à venir.
Messieurs,
Dans la leçon d'aujourd'hui, en abordant la question de savoir quand, comment et pourquoi l'appareil d'innervation du pancréas est excité dans la digestion, nous devons, dès le début, nous attendre à rencontrer des rapports compliqués et des faits imprévus. Le suc du pancréas est plus riche en ferments que le suc gastrique ; de plus, c'est un réactif secondaire, agissant sur un
chyme déjà mélangé au réactif précédent, qui doit, en conséquence, se créer tout d'abord les conditions chimiques de son activité. Les difficultés de la recherche, nées de cet état de choses, sont toutefois largement compensées par l'avantage suivant : la cavité intestinale est, par rapport au pancréas, complètement séparée de la lumière glandulaire, et personne ne songera, en conséquence, à invoquer ici une pénétration immédiate de l'aliment dans la lumière de la glande. — Nous commencerons notre étude par l'examen d'un excitant, qui, en son temps, a frappé l'attention du laboratoire d'une façon aussi particulière que l'avait fait l'excitant psychique pour les glandes gastriques. Dans la recherche des agents excitateurs du pancréas, nous avons examiné (Dr. Becker)^ dans des essais particuliers, d'une part, les solutions salines de métaux alcalins à réaction neutre et alcaline, d'autre part, l'eau saturée d'acide carbonique. Il s'est trouvé qu'entre ces substances existe une sorte d'antagonisme, au point de vue de leur action sur le pancréas. Les solutions salines stimulent le pancréas plus faiblement que l'eau pure, tandis que Facide carbonique exerce une action stimulante particulièrement énergique. Ce phénomène attira notre attention sur les acides. Nous allons décrire la série très importante de nos recherches sur ce point. Le chien que je vous présente porte une fistule pancréatique permanente. Comme vous le voyez, la sécrétion est à peine appréciable, 2 à 3 gouttes par minute ; notez aussi que le chien n'a rien mangé depuis quinze heures. Par la sonde, j'introduis dans son estomac 150 centimètres cubes d'une solution d'acide chlorhydrique à 0,S p. 100; le chien reste parfaitement tranquille et ne proteste d'aucune façon contre ce qui , vient de se passer. Au bout de deux à trois minutes, vous