‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 85 sur 130 · LES ACIDES. — EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

LES ACIDES. — EXPÉRIENCE

remarquez que les gouttes tombent plus fréquemment. Nous comptons maintenant déjà 25 gouttes à la minute et la sécrétion augmente toujours. Pour exclure l'idée que l'excitant est ici constitué par l'eau ou, d'une manière générale, par la présence d'un fluide, j'introduis dans l'estomac du chien 500 centimètres cubes d'eau de chaux, et vous voyez que non seulement la sécrétion n'est pas renforcée, mais, au contraire, qu'elle faiblit rapidement pour cesser presque complètement. L'action énergique de l'acide sur la glande pancréatique est un des faits les plus constants de toute la physiologie du pancréas. L'acide est un excitant si puissant de la glande pancréatique, que c'est l'agent qui, plus que tout autre, est capable de forcer l'activité de la glande. Aussi bien, à notre laboratoire, l'action de l'acide est-elle devenue la pierre de touche de l'état normal du canal digestif. Pour montrer l'intensité de l'action sécrétoire de l'acide, je prendrai un exemple emprunté au travail du Dr. Dolinski, qui s'est occupé de cette question. On a fait manger le chien, il y a vingt-deux heures; il ne présente plus de sécrétion. Par la sonde, on verse dans l'estomac 250 centimètres cubes d'une solution çhlorhydrique d'un titre acide égal à celui du suc gastrique. La quantité de suc est notée toutes les cinq minutes :

Dans la 1''' heure 8x>,5 c. c. Dans la S" heure 14,8 c. c.

On verse, à ce moment, 250 centimètres cubes d'eau. Pendant trente minutes, aucune sécrétion. On introduit alors, de nouveau, 250 centimètres cubes de la même solution chlorhydrique, et on note la quantité de suc par intervalles de dix minutes :

Cessation

de la

sécrétion.

Dans la U^ heure 74,0 c. c. Dans la2e heure 65,5 c. c.

Il n'a pas été remarqué de différence particulière dans l'action excitatrice des divers acides examinés successivement : acides phosphorique, citrique, lactique et acétique.

La constance et l'intensité d'action des acides apparaissent comme un fait tout à fait remarquable, vraiment extraordinaire. Nous avons alors instinctivement pensé avoir trouvé dans l'acide l'excitant spécifique de la glande pancréatique. Il nous est apparu, de suite, que le contenu normal de l'estomac possède justement une réaction acide, et que cette réaction acide pouvait servir de trait d'union entre deux parties voisines du canal digestif.

Toutes ces intéressantes et importantes hypothèses devaient être mises à l'épreuve et confirmées expérimentalement. Avant tout, on fit l'essai de l'action de l'acide chlorhydrique, à des concentrations croissantes (de 0, 05 à 0,5 p. 100). On obtint les résultats suivants :

Introduction dans l'estomac de 250 cent, cubes d'acide chlorhydrique aux concentrations suivantes :

0,OS'p. 100.

En

une heure,

le pancréas

a sécrété :

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