MÉCANISME DE L'ACTION ACIDE
de quelques minutes, un arrêt de la sécrétion normale, arrêt qui dure parfois très longtemps. Je rapporterai une «expérience, à titre d'exemple.
La sécrétion est notée toutes les cinq minutes :
5,6 cent, cubes. 2,2 cent, cubes.
Introduction dans l'estomac 1,6 —
du chien de 70 cent, cubes 5,0 —
de sou propre suc pan- 6,8 —
créatique : 6,0 —
5,6 cent, cubes. 5,7 — etc.
Nous voyons là un exemple instructif du fait que le travail d'un segment du canal digestif est en rapport étroit avec celui du précédent et déterminé par celui-ci. La salive, en imbibant tout ce qui est sec, peut, par sa teneur en eau, agir comme excitant de la sécrétion gastrique. Dans l'estomac, la sécrétion psychique, de son côté, en amorçant la digestion, assure, par là même, la continuité de celle-ci. L'acide du suc gastrique agit enfin comme excitateur de la glande pancréatique. Et ainsi apparaît, d'une façon particulièrement remarquable, le principe de l'influence réciproque des glandes digestives, vis-à-vis les unes des autres.
Nous pouvons donc dire avec raison que l'acide est un excitant spécifique de la glande pancréatique. Mais quel est son point d'action? Deux hypothèses sont ici possibles. L'acide agit, soit localement, en excitant les terminaisons périphériques des nerfs centripètes de la muqueuse, soit, après passage dans la circulation, en allant exciter le centre des cellules sécrétoires ou ces cellules mêmes directement. L'analyse des données que nous avons ac-
qui ses et aussi quelques nouvelles expériences nous obligent à opter pour la première hypothèse. Examinons attentivement le fait de l'action de l'acide. La question de savoir comment l'acide peut agir sur le sang présente une très grande simplicité : l'acide va diminuer l'alcalinité sanguine. Quand donc le suc pancréatique est sécrété, après introduction de l'extérieur de substances acides, l'alcalinité du sang doit être, du fait même, diminuée : c'est la seule modification possible du sang. Or, dans la digestion normale, oii le chyme de l'estomac provoque la sécrétion pancréatique par son acide chlorhydrique, qui lui vient justement du sang, l'alcalinité de celui-ci est augmentée, et cela concorde avec le fait bien connu de l'augmentation de l'alcalinité de l'urine pendant la digestion. Il y aurait ainsi, dans le sang, des modifications chimiques diamétralement opposées, dans les deux cas, suivant que le pancréas serait excité par de l'acide introduit du dehors ou élaboré dans l'estomac. Déjà ces considérations théoriques nous mettent dans l'impossibilité d'admettre que l'acide agit par l'intermédiaire du sang. Nous sommes, en outre, en possession d'expériences directes qui déposent dans le même sens. Introduit-on des liquides acides dans le rectum, le pancréas reste complètement au repos. D'autre part, l'acide n'agit pas sur le pancréas, tant qu'il reste dans l'estomac, sans passer dans l'intestin. Le Dr. Gottlieb a, le premier, indiqué ce point, dont le Dr. Popielski a. fait, dans ces derniers temps, une étude plus précise. Voici de lui une expérience sur un chien à fistule permanente :
De II h. 37 à 11 h. 43 0,75 c. c. de suc.
Dans le laps de temps de 11 h. 50 à 11 h. 57, on intro-