MÉCANISME DE L'ACTION ACIDE
duit dans le rectum 200 centimètres cubes d'acide chlorhydrique à 0,2S p. 100 :
12 h. 00 0,25 c. c. de suc.
A midi SO minutes, on verse dans l'estomac 100 centimètres cubes de la même solution cblorhydrique :
12 h. 53 0,00 c. c. de suc.
En outre, nous avons (Dr, Popielski) eu un chien, dont l'estomac était sectionné transversalement à la région pylorique ; des canules fistulaires étaient placées à chaque extrémité, des deux côtés. Si l'on introduisait alors de l'acide dans la cavité stomacale principale, le pancréas restait au repos; introduisait-on, au contraire, l'acide dans l'extrémité pylorique, il se manifestait aussitôt une sécrétion pancréatique, mais seulement, toutefois, quand l'acide pénétrait dans le duodénum. Dès lors, on comprend que la sécrétion du suc pancréatique se fasse suivant une courbe ondulatoire, nettement en rapport avec la pénétration du chyme acide dans l'intestin.
Il faudrait être un bien grand ami de conceptions forcées pour vouloir, après tout cela, rapporter l'action de l'acide sur le pancréas à un autre mécanisme qu'à un mécanisme réflexe. Nous rappellerons encore ici une fois que, pour le
pancréas, on doit nécessairement éliminer toute considération de pénétration directe des aliments dans la lumière glandulaire.
Il nous reste maintenant à examiner l'intéressante question de savoir comment nous pouvons expliquer le fait de l'action acide elle-même. L'acide est, comme nous l'avons déjà dit, le trait d'union entre la digestion stomacale et la digestion intestinale. C'est là naturellement un fait incontestable, mais pourquoi donc est-ce l'acide et non quelque autre substance qui constitue ce trait d'union? Il paraîtra naturel que nous ne puissions pas prétendre encore donner, dès à présent, à cette question une solution scientifique. Nous émettrons seulement quelques hypothèses. Comme on le sait, c'est en milieu alcalin qu'agissent le mieux les ferments pancréatiques ; en milieu acide faible, leur action est déjà beaucoup moins intense, et, en milieu assez fortement acide, elle est sensiblement nulle. Aussi bien peut-on penser que le suc pancréatique, sécrété sous l'influence de l'acidité du chyme gastrique, neutralise celui-ci par son alcali et se crée ainsi un milieu de réaction appropriée. En même temps, le suc pancréatique se protège, du fait même, contre l'action destructive à son égard de la pepsine, puisque la neutralisation est défavorable à ce ferment. L'idée féconde de Brûcke, d'après laquelle la bile arrête la digestion peptique dans le duod*énum et crée des conditions favorables pour la digestion intestinale, peut ainsi s'appliquer également au suc pancréatique. Conjointement, il se présente encore une autre interprétation de ces rapports. A un point de vue particulier, encore difficile à comprendre, le suc gastrique est sécrété sous la forme d'une solution extraordinairement concentrée d'acide chlorhydrique. Cet acide, comme renseigne actuellement la physiologie,