‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 9 sur 130 · EMPLOI CLINIQUE DU SUC GASTRIQUE · texte numérisé non relu

EMPLOI CLINIQUE DU SUC GASTRIQUE

sérieux à son emploi et à sa vulgarisation comme préparation pharmaceutique. De nombreux essais faits sur nous-même, au laboratoire, ont plutôt témoigné de son utilité que d'une nocuité quelconque. Sa saveur n'a rien de désagréable ; elle ne se différencie en rien du goût d'une solution d'acide chlorhydrique de même concentration. Pour obvier à tout préjugé touchant le choix du chien, on pourrait aussi bien utiliser d'autres animaux servant à l'alimentation de l'homme. Je ne puis m'empêcher d'exprimer ici le regret que cet essai, qui mérite d'être pris en sérieuse considération, n'ait pas été tenté en Russie, bien que j'aie attiré l'attention de mes collègues médecins sur ce point. Le désir de tenter une fois encore d'être entendu explique cette parenthèse sur la discussion de notre technique. Ces dernières années, le suc gastrique pur de chien, obtenu par le Dr. Frémont, de l'estomac isolé d'après le principe de la fistule intestinale de Thiry, a été recommandé à l'étranger comme moyen thérapeutique dans diverses affections du tube digestif. N'aurions-nous pas, dès lors, tout bénéfice de remploi d'un produit depuis longtemps connu de nous, et dont nous disposons facilement.

Je reviens à la technique. Si le problème de l'obtention du suc gastrique pur est résolu, nous n'avons point encore toutefois la possibilité d'étudier les caractères de la sécrétion et les propriétés du suc gastrique pendant la digestion. 11 est évident qu'il nous faut remplir une con dition nécessaire, savoir : observer une digestion gastrique normale, et recueillir exactement la totalité du suc sécrété à l'état pur. Cela est des plus simples pour le pancréas, vu ses rapports anatomiques (le canal qui déverse le suc est complètement séparé de la cavité intestinale renfermant les aliments) ; c'est, par contre, très Pawlow. 2

18 APERÇU GÉlNÉRAL DU SUJET.

difficile pour l'estomac, dont les glandes microscopiques sont situées dans les parois mêmes de la cavité où séjournent les substances alimentaires.

L'idée vraiment heureuse de la façon dont il faut procéder, en pareil cas, revient à Thiry^ qui, pour obtenir du suc pur des glandes microscopiques de la muqueuse intestinale, et pour suivre la marche de la sécrétion, a découpé un cylindre d'intestin transformé en cœcum qu'il a suturé à la plaie abdominale. Cette idée fut utilisée, en 1875, par Kiemefisiewicz (1) pour obtenir du suc pur de la zone pylorique de l'estomac, mais son chien ne survécut que trois jours à l'opération. Hcidenhain (2) réussit à conserver un animal ainsi préparé. Bientôt après, Heidenhain (3) isolait un segment du fond de l'estomac, en le transformant en un cul-de-sac qui évacuait sa sécrétion à l'extérieur.

De cette façon se trouvait remplie désormais la condition formulée plus haut. Quand les aliments pénétraient normalement dans le gros estomac resté en place, le segment isolé se mettait à sécréter du suc parfaitement limpide, dont la quantité pouvait être exactement enregistrée, à n'importe quel moment. Cependant, pour conclure avec toute certitude, du travail de ce segment isolé à l'activité normale de l'estomac pendant la digestion, il était nécessaire que l'intégrité du système nerveux fût assurée au niveau de ce segment. Dans l'opération de Heidenham, il n'en était manifestement pas ainsi : les incisions transversales, grâce auxquelles on réséquait le segment d'estomac, entraînaient, en effet, la section des filets du pneumogastrique" qui cheminent le long de la

(1) Silzungsbericlde der Wiener Akademie^ 1875*

(2) Pflugpr's Archiv., Bd. 18.

(3) Pfluger's Archiv. i Bd- 19. -'

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