‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 90 sur 130 · ACTION DE L'AMIDON · texte numérisé non relu

ACTION DE L'AMIDON

les premières heures qui suivent le repas de viande, est très voisin du « suc d'acide », quant à ses éléments inorganiques. C'est là un fait remarquablement en harmonie avec cet autre que, dans les premières heures qui suivent le repas de viande, il se produit une forte sécrétion de suc gastrique, dont l'acide se trouve alors constituer, de son côté, un excitant énergique du suc pancréatique.

L'excitant le plus puissant de l'appareil neuro-sécrétoire de la glande pancréatique s'est donc trouvé être constitué par l'acide, soit une substance non alimentaire. Cela n'exclut pas toutefois la possibilité que d'autres excitants soient aussi efficaces, qu'ils soient identiques à ceux des glandes gastriques, ou bien qu'ils soient différents de ceux-ci, en raison de la plus large étendue de l'action fermentaire du suc pancréatique. Aussi bien nous sommes-nous demandé si l'amidon et la graisse ne constituaient pas également des excitants du pancréas, étant donné précisément les rapports de celui-ci avec ces substances. Autant que nous le démontrent nos -expériences, nous n'avons pu nous convaincre de l'existence d'une action excitante de l'amidon. La colle d'amidon, à des états divers de concentration, ne produit pas d'effet sécrétoire plus énergique que l'eau seule. Ce sujet, toutefois, exige encore des recherches ultérieures, car il est très possible que quelque délicate condition d'action de l'amidon échappe pour le moment à nos yeux. Peut-être en va-t-il ici encore comme pour le suc gastrique, et l'amidon n'exerce-t-il qu'une action trophique, c'est-à-dire, comme nous l'avons vu dans la deuxième leçon, l'amidon ne provoque-l-il que l'augmentation de la quantité de ferment, sans accroître pour cela la quantité de suc.

Quelques expériences du Dr. VValther donnent à cette hypothèse un fondement positif. Quand il nourrissait son chien avec du pai?i, le suc pancréatique possédait alors un pouvoir amylolytique bien plus considérable que le suc sécrété sous l'influence d'un repas de viande et correspondant à une même période sécrétoire ainsi qu'à une même vitesse horaire de sécrétion. Il est particulièrement intéressant de constater que, dans ces mêmes essais, le ferment des graisses présentait une valeur précisément inverse : le suc de viande présentait un pouvoir saponifiant plus considérable, le suc de pain un pouvoir saponifiant plus faible. — Enfin, il n'est pas impossible que l'évolution de la digestion de l'amidon soit liée à quelque autre condition, au développement constant, par exemple, d'acide lactique aux dépens des hydrates de carbone de l'alimentation. Peut-être y a-t-il là précisément l'explication de ce fait chimique et physiologique, dont le sens et l'importance sont restés obscurs jusqu'à présent. La science n'a pas encore cherché et ne pouvait même pas essayer, jusqu'à présent, de faire la synthèse de la digestion réelle, c'est-à-dire, de concilier les uns avec les autres les intérêts souvent opposés de toutes les substances alimentaires, ainsi que ceux du tube digestif et ceux de l'ensemble de l'organisme. Je vous prie, à ce sujet, de penser aux rapports de la graisse avec la digestion gastrique, et à la signification vraisemblable de l'action de l'acide.

Beaucoup plus positives et plus simples ont été les expériences relatives aux rapports de la graisse avec la glande pancréatique. Déjà, si l'on se reporte aux faits connus, il apparaît comme très vraisemblable que la graisse est un excitant propre de la glande pancréatique. La graisse produit l'arrêt de la sécrétion du suc gastrique ;

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