‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 91 sur 130 · ACTION DE LA GRAISSE. — EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA GRAISSE. — EXPÉRIENCE

dans l'action normale de la graisse, nons ne pouvons donc pas songer à une excitation médiate du pancréas par l'acide. Le Dr. Dolinski^ en versant par la sonde de l'huile liquide dans l'estomac de son cliien, a observé constamment une sécrétion plus ou moins considérable de suc pancréatique. En raison de l'influence inhibitrice énergique exercée par Ja graisse sur le suc gastrique, la constance de ce résultat a été pour nous une bonne garantie que nous avions affaire ici à une action directe de la graisse sur le pancréas. Cependant, on aurait pu nous objecter avec beaucoup de scepticisme qu'il s'était accumulé déjà, avant nos expériences, du liquide acide dans l'estomac, ou bien, comme nous l'avons nous-même invoqué plus haut, qu'une forte excitation psychique l'avait emporté sur Faction inhibitrice de la graisse. Mais voici une expérience, exécutée par le Dr. Damaskin^ qui répond aux exigences même les plus sévères. Notre chien, en état de santé parfaite, et porteur de deux fistules — une stomacale, une pancréatique — a reçu son dernier repas vingt heures avant l'expérience. Au niveau de l'ouverture du canal excréteur pancréatique a été fixé un entonnoir métallique supportant une éprouvette graduée. La fistule gastrique est fermée par un bouchon de liège perforé et mise en communication par un tube de caoutchouc avec un entonnoir; l'entonnoir est disposé à une hauteur convenable et renferme de 110 à H S centimètres cubes de graisse. Au point d'union du tube de caoutchouc est intercalé un tube en T, dont la branche latérale est, de son côté, reliée à un second tube de caoutchouc. Au début de l'expérience, une pince de Mohr ferme le premier tube de caoutchouc, dans son trajet entre l'entonnoir et le tube en T, de façon à ce que l'huile ne puisse s'écouler hors de l'entonnoir. Le tube

qui est fixé à l'extrémité libre du tube en T reste ouvert de façon à permettre l'écoulement du contenu gastrique librement au dehors. Au commencement de l'expérience, l'estomac sécrèlo souvent un liquide clair, acide : c'est naturellement du suc gastrique psychique; plus rarement, l'estomac renferme un peu de mucus alcalin. L'expérimentateur s'isole avec son chien dans une pièce séparée et attend tranquillement ; l'animal perd peu à peu l'espoir qu'on lui serve quelque chose à manger et s'endort enfin d'ennui. L'expérimentateur attend jusqu'à cessation de la sécrétion acide de l'estomac ; il ferme alors avec précaution la pince du tube d'écoulement latéral et ouvre la pince de l'entonnoir à huile. Pendant tout le temps qui a précédé, c'est-à-dire aussi longtemps que l'estomac est resté ouvert, il n'a pas été sécrété du tout de suc pancréatique, ou tout au plus d'un demi à 1 centimètre cube de suc au quart d'heure ; trois à cinq minutes après l'écoulement de l'huile, la sécrétion est déjà très nettement renforcée; elle devient tout à fait importante, et, en quinze à trente minutes, atteint une valeur de 7 à 10 centimètres cubes au quart d'heure. En même temps s'amasse dans le tube latéral une quantité seulement très petite de mucus gastrique alcalin. En conséquence, la sécrétion du suc pancréatique sous l'influence de la graisse se produit donc, même quand l'estomac ne contient plus trace de contenu acide. On a parfois modifié l'expérience de la façon suivante : quinze à trente minutes après l'introduction de l'huile, la pince du tube latéral de caoutchouc était ouverte et le contenu stomacal évacué au dehors. Le plus souvent, il y avait alors issue à l'extérieur de 15 à 20 centimètres cubes d'huile et de 3 à 5 centimètres cubes de mucus alcalin. Du mucus s'écoulait encore ensuite en petite quantité.

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