‹ Le travail des glandes digestives :Chapitre 97 sur 130 · VUE D'ENSEMBLE DES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

VUE D'ENSEMBLE DES RÉSULTATS

diverses espèces d'aliments, aussi précis et aussi délicat que celui que nous avons appris plus haut à connaître pour le suc gastrique et le suc pancréatique,

S'il reste encore beaucoup à faire, nous pouvons cependant être satisfaits de l'œuvre déjà accomplie. Nos résultats auront pour effet, nous l'espérons, de bannir du chapitre de physiologie exploré par nous l'opinion grossière et inféconde que le canal digestif est universellement excitable par n'importe quel agent mécanique, chimique, thermique, sans compter avec les particularités de chacune des tâches que la digestion doit remplir. Dans l'état actuel des faits, ces agents, quand ils interviennent activement, doivent être considérés comme des conditions favorables ou empêchantes, mais non comme les acteurs normaux et déterminants du travail digestif sécrétoire. Au lieu d'une représentation fruste, d'un semblant de connaissance grossière, nous avons maintenant l'esquisse d'un mécanisme plein d'art qui, comme tout ce que nous connaissons dans la nature,^ témoigne d'une finesse exquise et d'une adaptation intime des phénomènes à leur but.

Un avantage considérable pour le processus digestif résulte déjà du désir instinctif de nourriture; en effet, en dehors de son impulsion à nous faire rechercher des aliments et à nous les faire incorporer, cet instinct est, en même temps, le premier et le plus sûr excitant pour nombre de glandes digestives. Les liquides de réaction différente, sécrétés sous son inffuence, amènent une partie considérable des aliments à une forme soluble, semiliquide, telle que les propriétés chimiques de la bouillie alimentaire sont rendues le plus efficaces. Aussi bien la marche du début de l'activité glandulaire se modiiiet-elle alors, pour se mettre en harmonie avec les

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éléments constituants de l'alimentation ingérée, qui peuvent maintenant agir sur les appareils terminaux du système neuro-sécrétoire. Dans l'intérêt de toutes les substances, il s'établit un équilibre défini de quantité et de puissance des réactifs, dont les uns sont augmentés, les autres affaiblis et inhibés jusqu'à un certain point, les divers éléments constituants de la nourriture se livrant une véritable lutte pour la possession des réactifs. Le travail sécrétoire a commencé avec l'ingestion alimentaire; grâce à renchaînement approprié des divers stades, ce travail se poursuit maintenant de façon progressive dans le canal digestif.

Dans mon discours à la Société des médecins russes, que j'ai mentionné au début de ces leçons, j'avais exprimé la pensée que, dans dix ans, nous connaîtrions le travail chimique du canal digestif aussi bien que nous connaissons actuellement l'appareil physique de notre œil. Depuis lors, deux ans se sont écoulés, et si je jette un coup d'oeil rétrospectif sur les résultats que nous avons obtenus, je n'aperçois aucun motif de retirer mes paroles. Aussi, à l'ouest, commence-t-on à s'intéresser à nos recherches ; à nos travailleurs vont s'en joindre d'autres et, une fois les recherches engagées dans le droit chemin, l'œuvre s'élaborera rapide et complète. 11 ne s'agit pas ici de résoudre des questions relatives à l'essence de la vie, au mécanisme et au chimisme cellulaire. On s'occupera de ces problèmes encore pendant de longues séries de générations avec un intérêt captivant et jamais complètement satisfait, avant d'arriver à la solution définitive. Dans notre champ du domaine biologique, la physiologie des organes^ que nous opposerons à la physiologie de la cellule, on peut légitimement espérer que, sur beaucoup de points, les

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