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PL. VI

Photo « Art et Décoration ».

LE BRONZE d'ÉCLAIRAGE

qui a fait adopter ses lustres, ses lampadaires, ses lampes portatives par le grand public. Il a gagné à la cause de Tart original et moderne d’innombrables partisans que les audaces, pas toujours heureuses, de ses rivaux auraient impitoyablement écartés :

« Les bases de ses hautes lampes, dit M. Roger de Félice, à propos de l’exposition d’appareils d’éclairage au musée Galbera en 1920, à larges surfaces unies, décorées juste assez et là où il faut, leurs tiges au jet pur, à peine ornées, leurs abat-jour très simples en étoffes ou en vitraux : tout a cet extrême raffinement qui est la marque de M. Dufrène. »

Avec un soupçon d’originalité en plus, et une préférence visible pour le décor somptueux, les modèles de Paul Follot ont grandement contribué aussi à l’essor moderne du bronze d’éclairage. Leur art répond victorieusement au reproche de pauvreté d’ornement et de matière que l’on fait si volontiers aux créations originales de notre temps.

Très étudiés et de lignes heureuses, les plafonniers et les lustres de Th. Lambert témoignent d’une recherche incessante et d’une adaptation ingénieuse aux évolutions du goût et de la mode. A voir le plafonnier aérien et charmant, uniquement suspendu par les fils conducteurs du courant, qu’il exposait en 1920 au musée Galbera, on a besoin d’effort de mémoire pour se rappeler que ce créateur infatigable est un des combattants des âges héroïques, en même temps que Louis Majorelle, Tony Selmersheim et

G. Serrurier, dont les appareils de lustrerie, encore empreints du style coup de fouet mais d’une belle tenue architecturale, sont maintenant trop oubliés.

En tête des décorateurs exécutants se présente naturellement René Lalique, cet artiste complet qui s’est exercé dans toutes les branches du travail des métaux. Mais les très rares lustres sortis de ses mains s’imposent surtout à la curiosité des dilettantes. Ses lanternes, par exemple, dont l’ossature est faite de caméléons, présentent des lignes inquiétantes et d’aspect peu engageant que ne suffit pas à atténuer la préciosité des cristaux et des émaux. Mais quelle belle pièce de musée que son lustre aux libellules !

« L’insecte, disait Gustave Gefïroy, quand l’œuvre parut au salon des Artistes Français en 1905, grossi, devenu un monstre hardi, tout en gardant sa finesse de taille, son corps mince, fragmenté, pareil à une tige de bambou, dresse une énorme tête, et étend de longues ailes craquelées qui deviendront des écrans contre la lumière trop vive. »

Le génie créateur peut se permettre tous les caprices. Mais il faut savoir gré aux ferronniers comme Brandt et Szabo d’avoir réalisé des appareils d’usage plus pratiques. L’un et l’autre ont réduit l’interprétation de la nature animale ou végétale à des formes apparentées de si loin à la réalité qu’elles confinent à l’ornement pur. Seul le serpent, chez ces deux ferronniers (excellents bronziers à l’occasion) est traité au naturel. Mais la souplesse des enroulements reptiliens

MAURICE DUFRÈNE. Coupc d’éclairagc,

bronze ciselé et doié. iQiS.

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