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ON retrouve presque tous les créateurs de modèles d’éclairage quand on aborde les applications du bronze au mobilier et à la serrurerie d’appartement. Pas tous cependant. Beaucoup répugnent à Futilisation du bronze au décor des meubles, et j’en ai dit les raisons. Lorsqu’au xvn^ siècle on introduisit ce genre d’ornement, l’invention coïncidait avec celle des marqueteries de cuivre et d’écaille. L’armature métallique servait à protéger les pieds, à encadrer les panneaux, à déterminer l’emplacement des serrures et des poignées, à contourner les tiroirs. Ce réseau d’or moulu, sans qu’on s’en doutât, assurait la solidité des marqueteries de Boulle et de ses élèves, comme les pentures en fer forgé maintenaient en place les ais des portes du moyen âge. En employant à l’état massif les bois précieux (acajou, palissandre, corail, bois de rose, padok, bois de citron, amaranthe et les autres), nos décora-
it. Clouzot. — Le Travail du Métal.
teurs ont jugé superflu et même nuisible ce revêtement de bronze qui faisait opposition à la beauté de leurs bois nus. D’ailleurs, à défaut de ce motif assez valable en somme, il aurait suffi, pour leur faire rejeter le bronze, du discrédit où les margoteurs du Faubourg l’avaient plongé depuis le second Empire avec leurs surmouîages et leurs fontes de cuivre, à peine réparées, où la « gratte-boesse '> remplaçait l’outil du ciseleur et le vernis de couleur la dorure au mercure.
Le bronze n’en répond pas moins à un besoin réel pour le tirage et la fermeture des portes, pour l’assemblage des vantaux mobiles, pour la protection des pieds. Nous assistons depuis quelques années à un renouveau, qui se ferait plus largement sentir si les difficultés de main-d’œuvre et l’élévation du prix des matériaux ne rendaient Temploi du bronze un luxe de millionnaire. Le talent délicat de Folîot, l’art distingué de Dufrène se sont employés à composer, pour les meubles de leur façon, des modèles heureux d’appliques en bronze ciselées etdorées. Léon Jallot a dessiné une variété charmante d’entrées de serrures, d’appliques, de poignées, ciselées et dorées au mat, tantôt inspirées très librement de la flore ou de la faune marine — algues, coquillages, hippocampes, étoiles de mer, fucus, — tantôt limitées à l’ornementation pure. Tout récemment les appliques modelées et ciselées par le sculpteur P.-M. Poisson, pour une commode de Louis Sue, d’après des dessins de Paul Véra, et représentant les Quatre Saisons, ont pu
FRANZ scHEiDECKER. Plaqucs de propreté. 1906. {Musée des Arts Décoratifs).