PL. IX
Photo Salai'iii.
LE BRONZE d’aPPART^MENT
donner une idée des ressources que le bronze, traité dans une note d’art original et recherché, réserve à rameublement moderne.
Je passe sous silence, comme on peut croire, les reproductions de garnitures Louis XV, Louis XVI ou Empire que les industriels parisiens, successeurs attardés de Caffieri, de Cressent, de Thomire ou d’Odiot, continuent à fondre avec une perfection et un talent qu’on voudrait voir mieux appliqués. A l’exposition de 1900 la maison Linke avait présenté un bureau et une commode Louis XV où la marqueterie disparaissait à la lettre sous un enrichissement désordonné de bronzes modelés par le sculpteur Léon Messager. La maison Soleau avait exposé deux grandes glacesdessinées par Joseph Chéret, la maison Millet une grande psyché avec figures de C. Marioton, où la statuaire en ronde bosse avait peine à s’allier aux ornements de style xvm*^ siècle. Pouvait-on attendre de ces tours de force sans lendemain une orientation nouvelle du décor bronzier ?
Tant que les cheminées constituèrent dans les salons « de compagnie » le centre des réunions et le fo}^er des conversations, on fit appel aux meilleurs ébauchoirs pour les modèles de flambeaux, de vases et de pendules destinés à prendre place sur la tablette. L’éclairage électrique a rendu les flambeaux sans objet et le chauffage central, je l’ai indiqué, a déplacé le point d’attraction du « coin du feu » où les grandes bourgeoises du second Empire et des pre-
niiers Septennats, à l’imitation de Fînipératrice Eugénie, tenaient leur cour. Dès lors à quoi bon chercher des modèles de pendules dignes d’attention, quand l’objet lui-même est appelé à disparaître?
Une autre raison d’insuccès, dans la composition des modèles de pendulerie moderne, tient à ce que les décorateurs ne les ont pas assez étudiés en fonction de leur usage. Du xvi^ au xix® siècle, les formes plastiques des instruments ont toujours évolué avec les modifications du cadran et du mécanisme. Au xx*" siècle, on s’est contenté de rééditer les beaux ouvrages du passé, sans tenir compte des progrès de la science horlogère. Les charmants dispositifs amenés au xviii® siècle par l’invention des pendules à cadran tournant et à indice fixe marquant les heures, et tout récemment les heureuses combinaisons introduites dans la boîte de montre par le caprice des cadrans en forme — carrés ou oblongs, barlongs ou lozangés — prouvent quel parti les bronziers pourraient tii'er des découvertes chronométriques modernes. Mais il faudrait des* décorateurs parfaitement au fait du mécanisme horloger et qui sauraient subordonner leurs compositions aux rouages, au lieu de faire des boîtes pour lesquelles ils commandent après coup un rîiouvement.
Citons cependant, parmi les rares modèles originaux qui apparaissent de loin en loin dans les expositions, une pendule borne en étain par Pierre Roche, prenant pour motif un mascaron d’enfant supportant