‹ Le Travail du Style chez Saint François de SalesChapitre 10 sur 29 · BE AT · texte numérisé non relu

BE AT

ge . .

à l'intelligence que nous avons acquise de son

art sur le point qui nous occupe.

Le plus souvent son effort vers la précision s'accompagne d'un effort de stylisation qui accroît la valeur artistique de la phrase en même temps que sa justesse et sa clarté, tant il est vrai que le beau est solidaire du vrai ! Mais d’autres fois la retouche ne semble révéler aucune préoccupation littéraire proprement dite. Nous avons affaire simplement à un moraliste, à un philosophe, à un théologien soucieux de donner à sa pensée une plus rigoureuse exactitude. |

Ces corrections, d’ailleurs en petit nombre, car sa doctrine avait été longuement méditée, n’ont, on le conçoit, qu'un intérêt secondaire pour le lettré. [I faut bien cependant en noter ici quelques-unes, à titre d'exemple.

Dans l'ÉpITION PRINCEPS, il avait écrit à propos des vœux de Religion :

ES

«Toutes les vertus, si est ce qu'il n'importe pas qu'elles soient voiées ou non voüées pourveu qu'elles soient observées. » p. 91*,

Et ‘il écrit en 1619

UC Toutes les vertus, si est-ce que pour nous rendre parfaitz il n’est pas nécessaire qu'elles soient vouées. » p. 172.

On aperçoit sans peine la différence doctrinale des deux propositions. Assurément la pensée se devinait bien à travers la première. Mais une légère ambiguïté subsistait que l'auteur a fait disparaître.

De même, au sujet de la confession :l avait écrit : ( La confession generale est fort requise pour … » p. 23*. En 1619, il supprime t fort », voulant faire entendre par là qu'il n’y a pas de degrés dans l'obligation. p. 29.

Dans l'ÉDITION PRINCEPS, il avait écrit « Il faut prendre garde de n'être point trompée en ces amitiés. » p. 128*. Ce qui était non seulement vague et oiseux, mais, à y regarder

de près, quelque chose comme une vérité de

Page 1