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auteur d'une Somme théologique, et il le mettait en garde contre des procédés -qu'il estimait déjà surannés. Il le suppliait de retrancher de son hivre ces primo, ces secundo, ces lertio, qui marquent inutilement les transitions et les divisions du discours!.Pour son compte, 1} avait pratiqué, dès le début de sa carrière d'écrivain, cette règle d'élégance. :
La première édition de l’/ntroduction était déjà pure de tout pédantisme. Néanmoins ses exigences sur ce point vont si loin, qu'il trouve moyen de se corriger lui-même et d’alléger encore sa phrase, quand elle a gardé quelques vestiges de ce gros verbalisme scolastique.
Dans l'Éprrion Princes il avait dit: « Il y a grande difference entre le soin et la dihgence que nous devons avoir de nos affaires d'une part, et la solicitude, soucy et empressement d'autre part. » p. 161*.
Ce « d’une part » et ce « d'autre part » n'étaient
1 Lettre du 12 novembre 1611.Cf. Œuvres. Edition d'Annecy t. XV, pp. 118-119.
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à vrai dire qu’une faute vénielle contre le rythme. Ils ne trouvent pourtant pas grâce devant lui. Se conformant au précepte qu'il avait donné au docteur Asseline, il fait sauter ces deux étais superflus et 1l écrit en 1619 : « Le soin et la diligence que nous devons avoir en nos affaires sont choses bien différentes de la sollicitude, souci et empressement. » p. 169. Nous voilà loin de Calvin ! Nous dépassons même ici le premier Bossuet et nous rejoignons le Fénelon des Dialogues sur l'éloquence.
Une autre fois, 1l biffe impitoyablement cette innocente phrase de transition : « Il faut que je die encor cecy : » pp. 52*-86. En la relisant dans son livre, il se souvient sans doute de ce qu'il a dit jadis plaisamment au Docteur Asseline pour le dissuader de numéroter et d'annoncer ses arguments : ( Puisque vous estes extremement methodique, on verra bien que vous faites ces choses l’une apres
l'autre sans que vous en advertissies aupa-
ravant. »1 Est-il besoin en effet d'annoncer qu'on dira ceci ou cela. Le lecteur s'aperçoit assez que l’auteur effectivement l’a dit !
Faut-il noter encore qu'à tous moments saint François de Sales fait pour l’euphonie, à l'intérieur de sa phrase, de menues transpositions, de légers regroupements d'éléments verbaux, d'où nous pouvons inférer qu'il avait l'oreille plus difaile que la plupart de nos écrivains classiques de la plus belle époque? Des © pas pourtant » deviennent des « pourtant pas», des « donc si » deviennent des « si donc » : dés ( or » des « certes », des « toutefois » s’introduisent pour feutrer les articulations, etc... Mais qu'avons-nous besoin d’un plus grand nombre d'exemples ?
Nous en savens assez pour affirmer qu'il avait le sens le plus délicat de la cadence et du rythme, de ce rythme cursif que nous admirons chez Amyot et Rabelais et qui
Lettre citée,
Tape
convient si bien au style pédagogique, Nous ; sr SE
en savcns assez pour dire qu'il était à cet
égard nettement en avance sur la plupart des
écrivains de son temps.
Ajoutons seulement, pour conclure ce chapitre du rythme qu'il était et qu'il devint de plus en plus un praticien des finales de phrase habilement bouclées, dédaignant de moins en moins, à l'exemple de Rabelais et de tous les écrivains harmonistes, cette recherche « du mot de la fin », de la chute sonore et péremptoire, que seul un philistin peut qualifier de puérile. Il savait que ces phrases qui tombent en beauté, en intéressant l’or.ille aux vérités qu'elles expriment, ont un grand pouvoir sur l'esprit du lecteur.
En veut-on quelques exemples ?
PriNceps : © Îl est vray, Philothee, que la devotion… ne se peut observer en ces voca- :
tions. » p. 18*. La chute est rauque et terne.
NPD ORAN LUC
Un petit mot sonore va lui donner éclat et fermeté.
1619 : « Jlest vray, Philothee, que la devo-
tion... ne se peut exercer en ces vocations-la. »
Aüïlleurs, la bonne sonorité terminale s'obtiendra par l'opération contraire, par l’ablation d'un mot en surnombre.
— PRiNcEPs : © Saint Joseph, Lidya et
- saint Crespin furent parfaitement devots en
leurs boutiques. Constantin, Helene, saint
. Loup, saint Edouard en leurs trosnes royaux. » p. 18*. La vraie chute, dans cette phrase
énumérative, où C trosnes » correspond pour le
sens et pour le rythme à « boutiques », était
après « frosnes ». Saint François de Sales
s’en aperçoit, et, pour l'édition de 1619, il - fait disparaître l’épithète « royaux ». p. 21.
— Princers : « Nostre victoire ne gist pas
seulement à nc les pas sentir. » p. 22.
1619 : « Nostre victoire ne gist pas a ne les
sentir poini. » p. 27.