‹ Le Travail du Style chez Saint François de SalesChapitre 21 sur 29 · PAGES · texte numérisé non relu

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— PRiNcærs : (Or ce n’est pas leur consentir que de recevoir des incommodités d'icelles. » p.222)

1619 : « Mais ce n’est pas leur consentir que d'en estre incommodé. » p. 27. À noter ici en outre qu'une fâcheuse assonance di-di s'est effacée.

— PRINCEPS : « À l’abisme de vostre faveur et grace. » p. 31*.

1619 : « À l’abisme de vostre grace et faveur. » p. 40

— PRiNCEPS : « Voyez la contenance de tous ces infortunés courtisans de ce Roy abominable. » p. 42*,

1619 : « Voyez la contenance de tous les infcrtunes courtisans de cet abominable Roy. » | p. 54, À noter encore ici un adoucissement de surcroît par la disparition d’un hiatus.

— PRINCEPS : ( Et avec la benediction de Dieu on se couche. » p. 73*,

1619 : « Et avec la benediction de Dieu on

va prendre le repos qu'il a voulu nous estre requis, » p. 91.

De tout cela nous pouvons conclure que saint François de Sales, sans être, comme Chateaubriand ou Flaubert, un de ces virtuoses du rythme qui cherchent dans les combinaisons musicales des mots un moyen d'expression pour ainsi dire indépendant, appartient pourtant par tendance à la famille. des grands écrivains harmonistes. Non seulement il nous apparaît comme très préoccupé de ne pas blesser l'oreille, mais comme très attentif à lui donner toutes les satisfactions qui s'accordent avec l'intégrité de la pensée. Bien avant nos modernes, paï exemple, il n’admet pas volontiers que la phrase soit, comme dira Flaubert, ( un peu trop molle aux deux bouts » et, tout en prenant soin de ne rien lui ôter de son sens, il veille sans cesse à lui donner le minimum de volume et de poids.

Acharné à modifier les constructions, à invertir l'ordre des mots, à éviter les répétitions de tours, il peut compter déjà parmi les musiciens du style dont le symbolisme nous a appris à honorer le labeur.

Historiquement aussi l'effort de saint François mérite d'être honoré. Rabelais, Montaigne, Amyot avaient fourni le modèlè d'une langue souple et riche, capable de presque tout exprimer en pur français. Mais 1l restait encore après eux à lui donner ua complément de souplesse et de plasticité pour lui faire exprimer Jes mille nuances de la spiritualité. Il fallait donner l'usage de cet instrument reforgé à des milliers de Français qui ne pouvaient être les lecteurs de Montaigne ou de Rabelais. L’/ntroduction, réimprimée quarante fois du vivant de saint François de Sales, continuellement remise sur le métier, a étendu la capacité d'expression de notre langue. Elle a préparé Pascal, Bossuet, Fénelon.

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