CONSÉQUENCES PSYCHOLOGIQUES
En prenant le chemin de l’usine ou de l'atelier, la femme semble prendre entièrement part à cette vie active, donnant ainsi satisfaction à son désir manifeste d’émancipation, dont elle a véritablement besoin. Le temps de vivre en « vase clos » est périmé; cependant, il y a une part d’exagération et une déviation du sens antérieurement prévu. Il faut dire que les jeunes filles surtout ne s'intéressent pas au travail industriel, ce qui, à la longue, entraîne une dépression. Il se produit alors une « sorte de refoulement des tendances personnelles, une progressive érosion de la personnalité ».
Toute la spiritualité théorique du travail a perdu de plus en plus de valeur, quand on voit ces mécaniciennes, ces soudeuses, ces pontonnières ainsi « masculinisées », avec leurs bleus remplis de cambouis, au milieu de cette ambiance nullement faite pour laisser épanouir leurs aspirations véritables. Cet état de malpropreté n’incite en rien la femme à s’élever dans sa dignité. L’atmosphère du lieu de travail où elle passe la majeure partie de sa journée finit par marquer son empreinte sur lesprit féminin et arrive insensiblement à l’absorber. La fatigue aidée de « l’environnement » défectueux des lieux finit par retentir sur son psychisme.
L'intérêt porté au travail, déjà, en général peu marqué, diminue et favorise ainsi les répercussions désastreuses qui peuvent s’ensuivre.
« L’outillage mécanique, d'autre part, en se chargeant de l'effort universel et en réduisant le travail à un acte de présence ou de surveillance, a donné lieu à ce crime des crimes: l’industrialisation de la femme et de l'enfant’. » Son sens du goût s’atrophie.