‹ Le Travail Féminin et Ses ProblèmesChapitre 41 sur 53 · MN: SA · texte numérisé non relu

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Position de travail. — La technique moderne, la division du travail, permettent à la femme une meilleure position de travail. Il faut veiller le plus possible au maintien de sa physiologie (nécessité de la gymnastique dont on a précédemment parlé), souhaiter la position assise avec siège réglable adapté à l’ouvrière et à son travail. Les différentes modifications apportées récemment dans notre région ont railié d'emblée la satisfaction générale du personnel.

L'influence du milieu. — Les conditions du milieu, c’est-à-dire l’aération, le chauffage, l'éclairage, etc, seront également surveillées, car elles influent sur -la santé de l'individu et, par là même, sur son rendement. En effet, ces différents facteurs physiques et psychologiques concourent au conditionnement optimum des lieux de travail. Ce sera au médecin à veiller à ce que l’amélioration du rendement soit en rapport avec l’amélioration des conditions de travail; ne pas abuser du travail en musique; veiller notamment à la hauteur du son.

Allure de travail. — L’allure du travail doit être également prise en considération. Ainsi utilise-t-on la musique. Si elle est prévue pour maintenir une cadence normale, afin de lutter contre la lassitude, la défaillance, c’est un bien, maïs si elle est employée pour arriver à tendre vers un rythme supérieur, d’ailleurs à l’insu de l’ouvrière, cela devient antiphysiologique. La femme, être très sensible, sympathicotonique, en ressentira d'autant plus vite et plus profondément les effets désastreux.

Durée du travail. — La durée du travail importe également, ne serait-ce qu’une cause de lutte contre l’absentéisme. Veiller à ce que les dix heures ne soient pas dépassées. Le travail à mi-temps sera développé de plus en plus; en même temps qu’il permet à la femme d’assurer un gain convenable pour les siens, il lui donne la possibilité de ne point négliger complètement son intérieur. Il est un. fait que cette méthode de travail ne peut être

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généralisée que lentement, car il faut tout réorganiser et posséder un personnel choisi.

Le travail saisonnier, limité à certains jours, offre également des avantages. En outre, le travail devra comprendre des pauses. On veillera à ce que ce système soit respecté par la direction, et l'éducation ouvrière se chargera d’en montrer l'utilité. D'’ailleurs, la qualité du travail s’en ressent. Répression, par l’Inspection du Travail, du travail « noir » pratiqué chez soi.

Salaire. — Donner un salaire convenable; supprimer la marge différentielle trop importante persistant, dans de nombreux cas, entre les deux sexes, surtout que l'arrêté du 30 juillet 1946 stipule qu’ « à travail égal, la femme doit recevoir le même salaire que l’homme ».

De plus, la question du travail à mi-‘emps amène à réorganiser le montant de la paye et des indemnités de l’ouvrière. En effet, l'employeur se voit dans l'obligation de payer « à plein » des charges sociales qui deviennent très onéreuses à un personnel plus nombreux, par ce système de travail à temps partiel. Ainsi la disproportion des frais occasionnés l’amène à le rejeter.

Service médical. — L'importance du service médical n’échappera à personne. En surveillant l'effort sollicité par le travail, surtout pour les jeunes, le médecin participe à une meilleure ‘adaptation du travail et, comme l'ingénieur, permettra d'aboutir à un meilleur rendement. Il organise le contrôle préventif de la santé et satisfait aux sollicitations du personnel. Avec sa connaissance approfondie du travail, il jugera de la nécessité d’un changement de poste, voire même d'emploi. Il pourra le faire d’autant mieux qu'il est en liaison avec la direction, les cadres, sans omettre ses relations avec le médecin traitant de l’intéressée. Ainsi pratiquera-t-il une visite périodique, ensuite des examcns systématiques et spéciaux. Il serait souhaitable d'orienter le personnel féminin, sur l'avis du médecin d'usine, vers un spécialiste gynécologue et accoucheur, d'accord avec le médecin traitant. I ne faut point oublier le rôle moral du médecin, qu’il est de

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plus en plus appelé à développer, conjointement avec le service social.

Le service social. — L’assistante sociale et la conseillère du travail serviront de trait d'union entre les salariées et les cadres. Elles prodigueront leurs conseils éclairés, guideront la personnalité naissante de la jeune fille et sauront réconforter et ainsi soulager la mère de famille, débordée. D'ailleurs, leur champ d'activité est des plus vastes, englobant toutes les institutions d’ordre social, de prévoyance ou d’entraide (les coopératives, les logements, les jardins ouvriers, les colonies de vacances): toutes ces institutions méritent d’être encore plus développées, — ou celles d'ordre professionnel ou éducatif: centres d'apprentissage, cercles d’études, cours de culture générale, enseignement ménager, conférences d'éducation et de propagande sanitaires (alcoolisme, tuberculose, maladies vénériennes), bibliothèque (165).

Législation. — La législation concernant les femmes en couches et l'allaitement a fait d’incontestables progrès, mais il ne faut point oublier les exemples locaux fournis par certains établissements qui ont préféré accorder une indemnité supplémentaire suffisante aux femmes, permettant à celles-ci de rester chez elles et d'éviter ainsi une reprise trop précoce du travail. En attendant la généralisation de cette solution idéale, nous constatons tous les bienfaits de l'assurance maternité (indemnité de demi-salaire, allocations prénatales, prestations familiales) et sans rupture de contrat de travail. De même, l'assistance aux mères et aux enfants, qui prévoit la permission d’allaiter dans l’établissement, la création de chambres d'allaitement, de crèches, de pouponnières, avec allocation d’allaitement et de bons de lait.

Toutes ces dispositions donnent une certaine garantie, libèrent la mère, mais ne peuvent faire oublier que c’est une mesure palliative. Remplacer les mères, cela coûte cher !

Education et cadres supérieurs. — De même, la direction et les cadres supérieurs (patrons, ingénieurs, contremaîtres) devront

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participer d’une manière effective à cette évolution qui tendra vers l'amélioration des relations sociales et à plus de compréhension mutuelle. Sans faire acte de paternalisme, le patron doit s'intéresser à son ouvrier, car « s’il y a des facteurs matériels qui conditionnent le travail, il y a aussi des facteurs humains qui le dominent » (7).

Les confrontations d'opinions ouvrières et patronales ne peuvent que contribuer à un meilleur rendement industriel, tout en respectant sa base même, qui est le faèteur humain.

MESURES SUSCEPTIBLES DE FACILITER LE RETOUR DE LA MÈRE DE FAMILLE SALARIÉE AU FOYER.

La situation de la mère de famille dont le mari est également salarié est bien différente de celle de la jeune femme célibataire, veuve ou divorcée, unique soutien de la famille. Pour celle-ci, la présence de la mère au foyer n’est pas un luxe, mais une nécessité. Lorsque les deux conjoints travaillent, peut-on parler de véritable communauté familiale ?

Il faut lutter contre cette orientation de la femme mariée qui n’est allée qu’en croissant depuis 1906 et qui n’a fait que se renforcer sous l'influence des bouleversements de la vie, notamment de l’absence du mari.

Pour les différentes raisons que nous avons invoquées au début de notre étude, nous devons tendre à faciliter le retour définitif de la mère de famille à son foyer et arriver à l’interdiction absolue de tout travail extérieur à la femme enceinte, surtout à l'usine.

Le travail à mi-temps ou le travail saisonnier limité permettront donc à la femme d'apporter son complément au budget familial, tout en lui laissant la facilité de consacrer une partie de son activité à ses tâches intérieures. D’abord, gain important, puisque diminution de la fatigue, temps suffisant pour préparer les repas, faire ses achats, arranger sa maison.

Développer le travail à domicile, qui permet à la mère de veiller à ses tâches quotidiennes tout en pouvant acquérir un salaire. Ce

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dernier devra être suffisant, car tant que la femme qui restera at foyer ne recevra pas un salaire au moins égal à celle qui travaihe, le problème féminin restera encore en suspens.

Parallèlement au salaire, c’est à la mentalité de la travailleuse qu’il faudra s’adresser. Lui montrer toute l'importance du travail à la maison, l’économie de rester chez elle, car elle a tendance à le méconnaître du fait d’abord qu’il ne reçoit pas de rémunération et ensuite qu’on ne lui en a jamais appris la valeur. Le désir de gagner de l'argent, joint aussi à une certaine nécessité, dépasse bien souvent une tendance uniquement faite de goût. Il ne faut point oublier que « la valeur morale et ménagère de la mère de famille est la pierre angulaire du foyer ». Le foyer, c’est elle qui en est l’animatrice; il est fait de toute sa personnalité, et que peut donner une personnalité standardisée et mécanisée, vers laquelle on tend actuellement, prisonnière de l'emprise des plus envahissantes du machinisme industriel ?

La femme a bien le droit de satisfaire ses aspirations, occuper un mandat politique par exemple, mais elle doit participer à une véritable émancipation non déviée. D'ailleurs, le travail ménager m’est-il pas pour elle la meilleure forme de travail ? Le développement de centres de formation professionnelle accélérée pour hommes libérera un certain nombre de femmes.

Il faut apprendre aux mères de famille les méfaits du surmenage et de la séparation des enfants, qui doivent vivre dans leur cadre naturel auprès de leur mère. Richesse de l'avenir, on doit lui apprendre qu’elle ne doit pas compromettre à son gré un devoir aussi grave et aussi sacré. L'importance de la mortinatalité a fait dire : « Pas d’ersatz de maman. »

Suppression du travail à l'usine pour la femme enceinte. — Autant qu’il est schématique de vouloir établir des catégories, des barèmes, suivant le degré des affections, par exemple gynécologiques, il est très difficile de rencontrer partout la même bienveillance à l’égard de la femme enceinte. Il est, de plus, incontestable que la position assise est impossible à instituer dans certains postes de travail. La femme enceinte devrait se

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voir interdire le travail en usine, car le travail ménager serait suffisant pour lui permettre de pratiquer l'exercice nécessaire, médicalement conseillé : « Le travail industriel compromet la bonne marche de la gestation et la viabilité de l’enfant. Il constitue presque toujours un surmenage pour la femme enceinte, et ce surmenage devient un véritable danger quand il se surajoute aux troubles organiques occasionnés par une gestation, même normale. Souvent, c’est de la cessation du travail industriel, d’un changement de travail, que dépend l'existence d’un enfant » (95). En outre, elles sont plus aptes aux traumatismes, à la fatigue, aux trépidations, aux toxiques et, de ce fait, incommodées à des degrés divers et ainsi sous la menace de nombreux ennuis. Le tout complété par un manque d'hygiène morale. Donc, nécessité de développer les maisons maternelles, les refuges, parallèlement à la mise en vigueur de mesures sociales et d'entraide. En effet, l'éducation accomplie, il est juste d’aider à l'établissement de ce retour.

L'évolution de la civilisation a augmenté le niveau de confort, ce qui a entraîné évidemment le besoin de salaire supplémentaire. Ainsi, le travail extérieur constituait-il souvent un salaire d’appoint complété par l'allocation partielle de salaire unique. Donc — et c’est une des mesures principales — il faut donner au mari un salaire suffisant, permettant à la femnie de remplir son rôle en toute quiétude. Par voie de conséquence, cela aura une influence importante sur le problème démographique étroitement lié à la mentalité de la travailleuse. Instaurer le prêt au mariage. Développer l’assistance aux familles nombreuses. « Les allocations familiales doivent être augmentée pour correspondre aux besoins sans cesse accrus des familles nombreuses. » De plus, il faut aider les mères dans leurs tâches pénibles du travail ménager (lessive par exemple), trop laissé dans loubli. Des appareils modernes, des groupements spécialisés, viendront l’alléger de ces dures besognes. Développer ainsi les aides aux familles de travailleurs surchargés et malades (raccommodage, gardes d'enfant). Telle, en 1944, une initiative intéressante a été mise sur pied : l’organisation de services d’aides familiales par les familles elles-mêmes.

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Intensifier le recrutement des infirmières visiteuses d'hygiène et de puériculture pour lutter contre l'ignorance maternelle. Multiplier les consultations de nourrissons. Rééduquer lenfance délinquante. De plus, pour que la femme reste au foyer, lui procurer un logement agréable, construire des appartements familiaux, des cités ouvrières salubres avec jardins. Il a même été proposé, à un moment, des allocations-logement, sorte de prestation familiale, qui visaient à donner un logement sain et convenable, suivant le besoin familial.

Il ne faudra point omettre d’éduquer le mari qui, trop souvent, montre de lincompréhension vis-à-vis de sa femme, n’estimant pas à sa juste valeur ce travail ingrat, Un développement du sens social sera à préconiser dans ces milieux.

Ainsi, on doit se souvenir que le travail fourni par la mère de famille représente également une valeur économique et se trouve être tout aussi productif que le travail extérieur. D’ailleurs, « jamais aussi clairement qu’à l’heure aciuelle n’est apparu le rôle primordial de gérante et d’économe de la communauté familiale dévolu à la femme, l’épouse et surtout la mère » (139).

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