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Moyen âge

On est convenu d'appeler moyen âge la période qui cpmmence avec les établissements des peuples germaniques en Occident et se termine à l'établissement définitif des Turcs en Europe ^v la prise de Constantinople en 1453. Ce qui caractérise le mieux cette période, c'est la lutte entre les principes d'unité, héritage de l'empire et idéal du christianisme d'une part, et d'autre part la division croissante de l'Europe en nationalités et en états distincts. Les sources historiques de cette période reflètent pour ainsi dire cette évolution : dans le haut moyen âge on trouve troislangues officielles et trois littératures qui correspondent aux trois mondes latin, grec, arabe. A partir du ix® siècle les langues nationales apparaissent partout et le chaos moderne succède àcette unité, d'ailleurs depuis longtemps factice. Comme on l'a vu, la science du moyen âge a été fondée au XVII' siècle par les bénédictins de Saint-Germain des Prés et leurs amis. Elle a été restaurée au xix* siècle à la fois en France et en Allemagne.

a) Occident. — Malgré leur nombre et leur impor* tance les monuments ne tiennent plus dans l'histoire du moyen à^e la même place que dans celle de l'antiquité Les inscriptions n'onrentplus le môme intérêt et les matières qui faisaient leur objet se présentent maintenant sous la forme de diplômes, cnartes, documents d'archives qui sont le genre de source caractéristiqu de l'histoire du moyen âge. Tout acte émanant d'ui

un

prince, d*une église, d'une corporation ou d'un particulier a la forme d'une lettre, généralement datée, dont les éléments sont fournis par la tradition des diverses chancelleries. Lorsqu'on est arrivé à déterminer les règles suivies par leur rédaction, on a ainsi constitué les éléments de la critique diplomatique. Les objets euxmêmes de ces actes se répètent parfois d'une façon assez monotone : par suite de la disparition de toute idée politique, le droit privé y tient la place principale. Ce sont des contrats de mariage, des actes de donation, de vente, d'échange, de location, d'inféodation, de protection, des jugements et, surtout à la fin du moyen âge, des ordonnances législatives et des actes adminis- .tratifs. L'importance de ces documents ne provient d'ailleurs pas toujours de leur objet, mais des éléments chronologiques, des titres officiels, des nomenclatures d'institution, des coutumes et des traits de mœurs qu'on y recueille.

La paléographie et la diplomatique sont tout naturellement les deux sciences nécessaires à leur étude. Manuels de paléographie : Natalis de Wailly, 1838. Prou, 1890 ; Reusens, Louvain, 1899. Manuels de diplo* matique : Giry, 1894 (excellente bibliographi^. Chronologie : Giry op. cit. ; de Mas-Latrie, Trésor de chronologie. Consulter aussi les nombreux regestes, notamment ceux des papes (JafPé, jusqu'à 1198, Potthast, 1198-1304). Quant aux textes des chartes et diplômes, un nombre considérable en est encore inédit. On a édité surtout les diplômes des souverains et les cartulaires des églises ; un grand nombre sont analysés dans les inventaires d'archives (voy. la bibliographie dans Giry).

Les sources juridiauesdoiventleur importance spéciale au caractère même au droit médiéval : il ne consiste pas dans une série de prescriptions imposées au nom de la raison par une autorité souveraine, mais il est en quelque sorte l'image vivante des conceptions populaires et il évolue comme un organisme jusqu'à ce qu il soit fixé par la rédaction. Tel est le caractère des lois barbares qui fournissent des données si importantes sur les conceptions sociales des peuples germaniques : tel est celui des coutumes provinciales qui se sont formées à partir

du IX* siècle et se sont multipliées à l'infini. En France, on a commencé à les rédiger dès le vu* siècle, mais ce travail a surtout pris une grande importance à partir du règne de Charles VIL Recueils de textes. Lois barbares. Monumenta Germaniœ Leges, 5 v. — WcUter, Corpus juris germanici antiqui (édition vieillie, mais complète).

Coutumes, — Il n'existe pas de collection complète pour la France. Bourdot de Riehebourg. Coutumier général. Paris, 1724, 4 v. f* (voy. les bibliog. de Monod, Waitz, Gross).

Manuels : P. Viollet, Précis historique de droit fran^ çais, — Orient latin : Assises de Jérusalem (collection de l'histoire des Croisades. Lois, 2 v.).

D'ailleurs à ce droit populaire s'oppose le droit canon de PEglise qui s'est formé sous rinfluence du droit romain et dont les éléments sont empruntés aux canons des conciles et aux décrétâtes des papes. Pendant tout le moyen âge et à partir du vi® siècle les canonistes ont réuni les décrétales en collections. En 1563, Pie IV a chargé une commission de savants de recueillir les éléments du Corpus Juris eanoniei ; le travail fut achevé sous Grégoire XIII en 1582 (éd. Friedberg, 1879-1880, 2v.)

Les sources historiques ont aussi au moyen âge un aspect tout particulier qu'elles tiennent de leur double origine. Les unes, en effet, procèdent des historiens antiques et en ont le caractère oratoire ; leurs auteurs ont voulu exercer sur les lecteurs une action morale ou édifiante. Telles sont en particulier les vies des saints, les récits de translations de reliques et aussi les histoires à la Tite-Live avec discours et considérations générales ; il est nécessaire, avant de s'en servir, de les dépouiller en quelque sorte de ce vêtement d'emprunt. Les autres se rattachent au contraire aux histoires universelles dont Eusèbe et saint Jérôme avaient donné les premiers modèles ; elles ont pour objet de montrer la suite chronologique de l'histoire du monde et dans chaque monastère, à la suite de telle chronique universelle ou d'une tables des fêtes de Pâques, on note tous les événements, dont le souvenir est digne d'être conservé. C'est donc de la même origine que procèdent les grandes histoires

universelles d'un Hugue de Flavigny ou d'un Sigebert de Gembloux et les sèches annales oui n'ont d'autre prétention que de les continuer. Quand un nouveau monastère était fondé, il empruntait à un autre couvent, celui dont il était une colome par exemple, des annales qu'il se chargeait de continuer. La question des rapports de subordination entre les différentes annales est donc un des devoirs les plus délicats de la critique. Il n'y a pas de corpus complet des sources historiques du moyen âge (1), mais seulement des recueils nationaux, dont nous citerons les principaux : Monumenta Germaniœ ^zWonca. Hanovre, 1826. Seriptores^ éd. f^.en 1902, 31 V. Depuis 1877 paraît aussi une édition in-4® : Aactores antîquissimi et historiens de l'époque lombarde et mérovingienne. Ce recueil a pour le haut moyen âge la valeur d'une collection internationale. Pour s'y orienter plus facilement on fera bien de consulter : Wattenbach, Deutsehlands Geschiehisquellen .

France, — Voy. Molinier, les Sources de l'Histoire de France. Principales collections : Recueil des historiens de France (dom Bouquet), Paris, 1737-1876, 23 V. f . — Collection des documents inédits (publiée parle ministère de l'instruction publique depuis 1835). — Société de l'Histoire de France (depuis 1833). — Collections de Guizot, Buchon, Petitot, Michaud.

Italie. — Muratori. Rerum italicarum Scriptores. Milan, 1723. 14, v. f <>. (depuis 1904 une réédition de Muratori a été entreprise. Citta di castello.)

Espagne. — Florez. Espana sagrada. Madrid, 1747- 1886. 51 V. 40.

Angleterre. — Rerum hritannicarum medii œoi teriptores. 98 v. 8^. 1858-93.

Vies des Saints : Acta sanctorum, publiés par les Bollandistes. Anvers depuis 1643, 2 v. (jusqu'au 3 novembre). — Analeeia Bollandiana (depuis 1882).

On trouvera la liste des autres collections dans un ouvrage dont l'usage est fondamental pour l'étude des sources historiques. Potthast, Bihliotheca historica medii aevi. Berlin, 2« éd. 1895-96, (1" partie. Recueil

(1) Beaucoup de textes historiques sont reproduits dans la Patro" logie latine de Migne.

des collections de chroniqueurs ; 2® partie, Notices bibliographiques sur chacune des sources rangées par lettre alphabétique. Au mot viia se trouve Ténumération de toutes les biographies religieuses ou profanes, p. 1131-1646 ; 3® partie, Tableau aes sources disposées suivant les Etats européens). Consulter aussi Ulysse Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge, I. Bio-bibliographie^ Paris, 1877-88 ; II . Topo*' bibliographie^ Pans, 1894-95 ; III, (en projet). Diction* naire des auteurs du moyen âge.

Les sources archéologiques comprennent tout d'abord les monuments d'architecture religieuse, militaire, civile qui sont encore si nombreux en Europe malgré les destructions et les actes de vandalisme. On sait dans ouel mépris tombèrent ces œuvres, flétries de Tépithète ae <:< gothiques » après la Renaissance. On commença seulement à leur rendre justice à la fin du xvni® siècle. L'ouverture du musée des Monuments français en pleine Révolution, quelques chapitresdu Génie du ChristianismCj puis 1 enthousiasme montré par l'école romantique pour le moyen âge (Victor Hugo, Notre- Dame de Paris, 1831), furent les premiers indices d'une réparation éclatante. En France le gouvernement chargea Viollet-Leduc (1814-1879) de restaurer les principaux monuments de notre architecture nationale, et, malgré les erreurs qu'il a commises, son œuvre n'en a pas moins été salutaire et utile : on lui doit la conservation de nos plus belles cathédrales et des monuments d'architecture militaires qui avaient survécu à la Révolution. Cet exemple a été d'ailleurs imité dans toute l'Europe et, bien que tous les problèmes soient loin d'être résolus, on est arrivé aujourd'hui à saisir le lien qui rattache aux influences orientales les origines de l'art du moyen âge, à déterminer les frontières des écoles provinciales de l'art roman, à reconnaître l'origine toute française de l'architecture gothique et â en montrer l'expansion en Europe et jusau'en Orient.

Un grand nombre de sculptures, ae mosaïques, de peintures, de monuments d'orfèvrerie, etc., remplissent encore aujourd'hui les trésors d'églises et les musées. L'étude de ces arts décoratifs est un devoir de l'historien du moyen âge et le Musée du Trocadéro

renferme d'excellents moulages des principaux monuments d'architecture et de sculpture.

Ouvrages d'ensemble : de Baudot et Perrault-Dabot Archives de la Commission des Monuments historiques, Paris, 1899-1904, 5 v. (par provinces). Inventaire gêné" rai des richesses d'art de la France (Ministère de l'Instruction publique). De Caumont, Abécédaire d'arthéologie. Caen, éd. de 1870. Enlart, Manuel &Ar^ théologie française. (1. Architecture religieuse, 1902 ;. 2. Architecture civile et militaire, 1904). Viollet- Leduc,, Dictionnaire de V Architecture française du Xl^ au XVI^ siècle, éd. de 1875. Dictionnaire du Mobilier français, 1871. 6 v.

Le Bulletin monumental, fondé en 1838, fait la pluslarge place aux études d'architecture du moyen âge. Consulter aussi le Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques.

Parmi les sources archéologiques on comprend aussi : les inscriptions qui sont moins nombreuses que dans l'antiquité et qui ont surtout un caractère funéraire et commémoratif (Texier. Manuel d'épigraphie, Poitiers, 1S51). Beaucoup d'inscriptions sont publiées dans les deux périodiques cités plus haut) ; — les monnai€s{Engel et Serrure. Traité de {numismatique du moyen âge y 2 v. 1898-1906) ; — les sceaux qui apportent des renseignements si curieux sur les titres officiels et le costume civil ou militaire ; ils ont en outre, à partir du xii® siècle,. Une valeur artistique de premier ordre. (Visiter le musée des Archives Nationales et la galerie des Chartes à la. Bibliothèque Nationale.) Douet d'Arcq, Collection de sceauxj Paris, 1863-1868 3 v., — Demay, Paléographie des sceaux. Paris, 1881 •

Les sources littéraires forment deux domaines bién^ distincts. Le latin est resté en Occident la langue officielle ; il est employé exclusivement par l'Eglise et son usage se conserve très tard dans les chancelleries. La. littérature latine du moyen âge, qui dérive du mouvement de la Renaissance carolingienne, a donc un caractère à la fois religieux et international ; elle est la littérature des savants et dans tous les monastères d'Europe, ^ de l'Espagne à la Pologne, on écrit les mêmes encyclo-. pédies, les mômes traités de théologie, on compose les-

mêmes poèmes érudits, les mêmes dissertations politiques renouvelées des auteurs anciens : c'est dire que la valeur historique de cette littérature dépourvue de spontanéité est très faible. A partir du xii® siècle, au contraire, commencent à naître partout les littératures nationales dans lesquelles se manifeste l'imagination populaire; c'est l'époque des épopées héroïques, des poésies lyriques (trouvères, troubadours, minnesingers, etc., etc.) des mystères dramatiques, etc.... ; leur étude a un intérêt de premier ordre pour qui veut connaître l'origine des diverses nationalités. Ouvrages généraux : Ebert, Histoire de la littérature latine en Occident (trad. franc. 3 vol.) — Histoire littéraire de la France (commencée par les Bénédictins et continuée par l'Académie des Inscriptions) — Consulter spécialement la Romaniay recueil trimestriel consacré à l'étude des langues et des littératures romanes, fondée par P. Meyer et G. Paris en 1872,

Quelques publications sont consacrées spécialement au moyen âge occidental ; Bibliothèque de C Ecole des Chartes (fondée en 1839). Le Moyen âge, bulletin menfiuel d'histoire et de philologie (depuis J887). Consulter aussi les Mémoires de la Société des Antiquaires de France^ les revues d'histoire locale (bibliographie de Lasteyrie. Meister, Grundriss aer Creschichtswisseus" chaft, Leipzig, 2 V., 1906. (étude des sciences auxiliaires et des sources de l'histoire du moyen âge allemand . )

b) Domaine byzantin, — Le moyen âge hellénique

ne forme pas un domaine moins étendu que le moyen

âge occidental. Comme on l'a vu, c'est au xvii° siècle

x)ue Ducange en a commencé l'investigation ; à cette

époque l'intérêt qu'on y prenait paraissait tout naturel :

au contraire Montesquieu, Voltaire, Gibbon, etc.,

persuadèrent à leurs contemporains que l'histoire

oyzantine n'était qu'un tissu de crimes atroces et de

folies monstrueuses, « une moisissure de dix siècles »,

comme l'écrivait encore Taine, et, pendant un moment,

.il fallut s'excuser d*aborder un pareil sujet. C'est dans

jla seconde moitié du xix® siècle que se produisit la

renaissance des études byzantines, à la fois en France,

*.en Allemagne, en Italie et dans les pays d'Orient, en

Hongrie, en Grèce, en Russie, où l'histoire byzantine

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fait partie intégrante de Thistoire nationale. Aujourd'hui ces études forment une discipline spéciale qui a ses institutions et ses organes particuliers. L'ouvrage monumental de Krumbacher, ôesehichte der hyzantinischen Liliératur^ 2^ éd., Munich, 1897, contient tous les renseignements bibliographiques et techniques. Il est complété par la Byzantinisehe Zeitsehrift (Leipzig, 1892), ouverte à tous les savants de l'Europe et qui contient des articles originaux et une excellente bibliographie périodique. Une revue analogue rédigée en russe, mais qui contient quelques articles en français, la Vizantijski Vremenik a été fondée à Saint-Pétersbourg en 1894. Citons aussi la Revue de l'Orient Chrétien (Paris, depuis 1897), le Besaarione (Rome, depuis 1897) et le Nouvel HeUénomnemon de Sp. Lamoros (Athènes, depuis 1904). Il n'existe pas d'ouvrage d'ensemble sur la civilisation byzantine ; on est encore féduit à consulter l'ouvrage de Lebeau, Histoire du Bas-Empire (édit. revue par Saint-Martin et Brosset, ^aris. 1836, 21 vol.), niais le mieux est de se servir des excellentes monographies qui commencent à constituer des séries chronologiques et qui sont dues à Diehl, Schlumberger, Chalandon, Pernice, etc...

Nous retrouvons dans ces études les mêmes catégories de sources que pour le** moyen âge occidental et cette eoncordance s'explique par les conceptions communes aux deux sociétés. Cependant les inscriptions ont plus d'importance qu'en Occident et elles nous ont conservé on certain nombre de diplômes impériaux. Quelquesunes figurent au Corpus inseriptionum grœearum ; en outre l'Ecole française d'Athènes va entreprendre la

Îublication d'un Corpus inseriptionum christianarum oy. aussi des recueils spéciaux tels que : Millet : Instriptions chrétiennes de l'Athos. Les documents diplomatiquescontiennent les édits impériaux (chrysobulles), les traités avec les puissances étrangères (série des Iraités avec Venise dans Tafel et Thomas. Fontes rerum tustriaearum xn-xiv), les actes privés de toute espèce ït un genre de documents propres à l'Orient, les iypiea^ léunion des règles et des fondations propres à chaque iionastère. On en a édité un grand nombre (voy. la ^bliographie dans Krumbacher). A l'heure actuelle le

principal recueil des textes diplomatiques est celui dj ^liklosich et Mûller, Aeia et diplomata grœea medi ceci, 6 vol., Vienne, 1860 (inachevé^. SurPinitiative d l'Académie des Sciences de Bavière, PAssociatioi internationale des Académies a décidé en 1900 de con» tituer un Corpus de tous les diplômes grecs du moyei âge et des temps modernes. (Le plan a été publié i Munich en 1903.).

Les sources juridiques comprennent les lois impériales qui, à la différence de TOccident, émanent exclu sivement de l'initiative du souverain. Le Code Théodcsien, le Code Justinien et les Novelles en formen la base. Les sources postérieures ont été éditées dam la collection de Zachariœ de Lingentbal, Jus grœcoromanum, 7 vol. Voy. aussi Heimbach, édition de Basiliques^ 7 vol. — Nicole, Le livre du Préfet Genève 1893, etc... Le droit canonique qui dérive de « Canons apostoliques » et dont le principal monumen est le Nomocanon de Photius, a pris aussi un gran( développement. Ed. Pitra, Juris Eeclesiasiici Grœeo rum historiaet monumenta, Rome, 1874, 2 vol.

Les textes historiques forment une série à peu prè ininterrompue du v* au xv® siècle. Les histoires compo sées sur le modèle antique sont encore plus nombreuse qu'en Occident ; il existe aussi des chroniques univer selles composées conformément aux données d'Eusèbe des annales, des chroniques rimées, des histoires d l'Eglise et enfin un nombre considérable de vies de saints Beaucoup de ces matériaux sont encore inédits et il s'e] faut que les bibliothèques des monastères grecs ou russe et même les grandes bibliothèques d'Europe aient encor livré tous leurs secrets. Ce fut en 1643 que parut I premier volume de la Byzantine du Louore dont 1 publication n'a été achevée que par Hase en 1812. C premier Corpus Scriptorum historiée byzantinœ fu réimprimé d'une façon médiocre (Venise, 1729-33). L Byzantine de Bonn (1828-1878, 49 v.) n'apporl pas de grandes modifications aux textes ; elle a éj reproduite presque entièrement dans les volumes de ! Pairologie grecque de l'abbé Migne. Une nouvel Byzantine est en voie de formation dans la coUectic des auteurs grecs de Teubner ; d'excelleotes éditions c

textes sérieusement améliorés y ont été publiés. Plusieurs textes historiques inédits sont imprimés dans. la Bibliotheca grœea medu aevi de Sathas (Paris et Venise, 7 V., 1872-1894). Beaucoup de vies de saints figurent dans les Aeia Sanctorum des BoUandistes ; en outre les Analeeia BoUandiana en ont publié un grand 'nombre jusqu'ici inédites.

L'exploration des sources archéologiques est encore relativement peu avancée et les ouvrages d'ensemble sont rares (Bayet, VArt Byzantin, Millet, Histoire de lart byzantin dans V Histoire de VArt, d'Henri Michel). Les monuments d'art byzantin sont dispersés dans la

Ç^ninsule des Balkans, en Asie-Mineure, en Russie, à enise, dans l'Italie méridionale, etc... Il n'existe aucun musée spécial d'art byzantin. M. G. Millet a réuni à fËcole des Hautes Etudes des inoulages et des clichés Ides principaux monuments (Voy. G. Millet, La collée- )tion chrétienne et byzantine des Hautes Etudes, Paris, 1903). Un Corpus des ivoires conservés dans les principaux musées a été entrepris par Graeven (Elfenbein' werke). Le ministère français de l'Instruction publique a commencé la publication des Monuments de VArt byzantin (volumes de Millet sur Daphni, 1899, et Misira, en préparation). Les monographies de Diehl {Jusiinien\ Schlumberger {VEpoj^ée byzantine)^ de Beylié {r Habitation byzantine) contiennent de précieuses reproductions. Enfin dans une série d'ouvrages, {Kleinasien, 1903, Hellenische und Koptische Kunst, 1902, Mschatia, 1904, Eine Alexandrinisehe Weltchronik, 1905, Die Miniaturen des serbischen Psalters, 1906,) Btrzygowski a étudié les origines orientales de l'art byzantin. Voy. aussi le^ Etudes byzantines de Diehl 1905 (art de l'époque desPaléologues), et Bréhier, Les églises byzantines, 1905. — Numismatique : Sabatier. Description générale des monnaies byzantines, 2 v. 1862, et Revue Numismatique. — Sceaux : Schlumberger, Sigillographie de l empire byzantin, 1884, et articles divers des Revues des Etudes grecques et de Numismatique . (Les bulles de plomb étudiées par l'auteur donnent les titres exacts des fonctions byzantines). Les sources littéraires présentent le dualisme que Sous avons déjà remarqué en Occident. Les œuvres de

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la littérature savante restent fidèles au grec classique dont Tusage est encore plus universel en Orient que celui du latin en Occident ; ce sont des traités savants de théologie ou de philosophie, des discours, des lettres, des poésies. (Un grand nombre de textes se trouve dans la Patrologie grecque). Ces œuvres ne fournissent à l'histoire que des témoignaj^es assez minces. La littérature populaire n'a pas atteint le même développement qu'en Occident et le grec vulgaire n'est jamais devenu une langue officielle : les œuvres qu'il a produites, épopées, poésies lyriques, pamphlets, légendes etc., offrent cependant un grand intérêt historique à cause de leur spontanéité même. Il faut mettre au premier rang les mélodes (voy. les études de Krumbacher sur Bomanos), les poèmes de Théodore le Prodrome et l'épopée de Digénis Acritas. Plusieurs textes ont été puoliés par Legrand. Collection de monuments pour servir à t étude de la langue néo-hellénique, 1869-1875. Bibliothèque grecque vulgaire, Paris, 1880-85. Sur le folklore, voy. Pohtis, Mélanges sur la vie et la langue du peuple grec, Athènes, 1904.

c) Orient. — L'histoire de l'Orient au moyen âge reflète dans sa complexité le caractère disparate des dominations si nombreuses qui s'y sont succédé. L'Orient est divisé d'abord entre l'empire byzantin et les Perses ; au vil" siècle les Arabes le leur enlèvent ; au x® siècle commencent les invasions des Turcs, au xii® siècle, les croisades et la fondation des Etats latins ; au XIII* siècle l'Orient est bouleversé par les invasions des Mongols et l'établissement des Kharizimiens en Egypte ; au XIV® siècle commence le développement de la puissance ottomane qui finit par devenir prédominante. Le récit des événements dont l'Orient fut le théâtre se trouve donc dispersé dans les monuments littéraires de tous les peuples qui furent à un moment donné les auteurs de ce drame. Il faut donc distinguer •

1^ Les publications d'ensemble. L'Académie des Inscriptions a commencé en 1841 une Collection de l'Histoire des Croisades : Historiens occidentaux, 4 v. ; — Historiens grecs, 2v. ; — Historiens arabes, 4 v. ; — Documents arméniens, 2 v. ; — Lois, 2 v. La Société de V Orient latin, fondée en 1876 par le comte Riant, avait

entrepris de publier toutes les sources de l'histoire des croisades divisées en Série géographique (itinéraires jde voyageurs) et Série historique (chroniques, diplôimes, etc.)* Cette classification a été abandonnée ; on a pubhé un mélange de textes et de monographies dans les Archives de l'Orient latin, 2 v. 1881-1884, puis à partir de 1882 a commencé à paraître la Revue de

y l'Orienilaiinqui publiedes textes médits, des traductions françaises d'auteurs orientaux, des monographies et une excellente bibliographie périodique. La Société asia-tique fondée en 1822 a pour organe le Journal asiatique

I qui édite un grand nomore de textes orientaux inéaits accompagnés de traductions. Parmi les collections d'itinéraires de voyageurs qui sont une source de la plus

I grande importance, citons le Recueil de voyages et de

\ documents pour servir à l'histoire de la géographie depuis le xiii* jusqu'à la fin du xvi* siècle (Leroux), les puolications de la Société de Géographie de Paris et celles de la Palestine pilgrims text Society fondée en 18S4 (traductions anglaises des itinéraires).

2^ Sources latines. — Les archives des colonies latines d'Orient sont dispersées dans toute l'Europe, mais les dépôts du Vatican, de Venise, de Gènes, de Malte (Hospitaliers) ont une importance spéciale. Rôhricnt. Regesta regni Hierosolgmitani, Innsbruck, 1893 — De Rozière. Cartulaire de l'église du Saint-Sépulcre. Paris, 1849. — Delaville-Leroux. Le Cartulaire général de l'ordre des Hospitaliers* — Les sources historiques se trouvent dans les collections déjà citées. Pour les sources archéologiaues, voy. les études de Rey sur l'Architecture militaire (documents inédits), Enlart sur l'architecture des églises de Chypre (1899), Schlumberger sur la numismatique et la sigillographie de irOrient latin (1878).

î 3° Sources orientales, — Il faut distinguer les œuvres !deschrétiensindigènes, Arméniens, Syriens, Coptes, etc.

Jet celles des auteurs musulmans. Elles ont d'ailleurs la même forme et les plus importantes sont des chroniques universelles ; on trouve aussi des deux côtés des œuvres hagiographiques et apologétiques. Outre les collections d'ensemble on peut consulter les publications de l'Ecole des Langues orientales vivantes. — Langlois, Collection

des historiens anciens et modernes de l'Arménie. — MûUer, Fragmenta historieorum grœeorum, t. V, extraits des chroniqueurs arméniens. — et les deux reçue! Isde patrologie orientale commencée en 1902, Tun par Chabot, l'autre par Graffin. — Un grand nombre d'extraits et de traductions rangés par ordre chronologique se trouvent dans Reinaud, t. IV de la Bibliothèque des croisades de Michaud. Voy. aussi Francisco Codera et Dozy : Histoire des Musulmans d'Espagne.

L'histoire des civilisations musulmanes de l'Afrique du Nord est spécialement étudiée à TËcoIe Supérieure des Lettres d'Alger. (Voyez les publications de cette école et le recueil de Mémoires et de textes publiés en l'honneur du XIV* Congrès des Orientalistes. Alger, 1905).

L'exploration de l'immense domaine historique que forme l'Extrême-Orient a été entreprise dès le xviii* sîèclC) mais à part quelaues épisodes oien connus tels que les invasions mongoles (voy. Cahun, Introduction à Vhistoire de VAsie, Paris 1896)^ il est impossible de dire que l'histoire de l'Inde, de 1 Asie centrale, de la Chine soit encore constituée. Les annales chinoises qui forment une série chronologique presque ininterrompue en sont une des principales sources, mais jusqu'ici,

auelque nombreux que soient les travaux d'approche, s n'ont pas encore abouti à la forme synthétique qui est nécessaire à l'enseignement. II suffira de citer tes travaux de Pauthier, de Richtofen, de Chavannes sur la Chine, de S. Lévy et de Foucher sur l'Inde. A Paris le musée Guimet, accompagné d'une bibliothèque, est spécialement consacré à l'Ëxtrème-Orient (11. En 1901 une Ecole française d'Extrême-Orient a été londée par le gouvernement français à Hanoi et elle s'est déjà fait connaître par la publication de travaux importants et d'un Bulletin périodique. Les Japonais enfin ont installé à l'Université de Tokio un Institut d'historiographie. Il est à prévoir que ces études prendront dans l'avenir une place de plus en plus importante: un congrès périodique international des Orientalistes exerce sur leurs progrès une excellente influence ; le dernier (XVP) a été tenu à Alger en 1905.

(1) Consulter les AnnaUê du Muêée Guimet

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