VÉRITABLE NATURE DU PLAISIR
Chez riiomme sain, le plaisir et la douleur ne sont que la constatation par la conscience d'un rapport entre le doit et Tavoir en forces. 11 n y a douleur que lorsque la dépense prélève des forces sur le fonds
10 LA GOiNDITION bE TOUT PROGRES : AIMER TRAVAILLER
d'énci'gk nécessaire aux fonctions vitales : c'est ainsi que l'air frais du matin, agréable à rhomme bien portant, fait souffrir un malade.
Li) plaisir, au contraire, est comme le. chant de triomphe de l'organisme. Il indique le bon fonctionnement de la machine qui marche à haute pression. Il est la conscience d'une surabondance de forces et comme le dit Descartes, le sentiment de quelque perfection. Lorsque l'organisme produit plus de forces qu'il n'en consomme, il y a plénitude : le système nerveux est vigoureux : on se sent plein d'ardeur, d'énergie, de gaité. La respiration est ample, on a le cœur léger. Les expériences de Claude Bernard prouvent que la joie augmente la production du suc gastrique. Les mouvements sont énergiques, vifs, le visage souriant. Les associations d'idées sont alertes, abondantes.
Aristote, qui n'était pas un reclus comme nos savants modernes, et qui pratiquait la vie au grand air a nette nient vu la nature du plaisir. Il plaçait le Lien-être et le bonheur dans l'action. Le plaisir est un surcroît (£7Tt.y£vviri|jLa) qui s'ajoute à l'action comme à la jeunesse sa fleur. Chaque action a son plaisir propre et l'effet du plaisir est d'augmenter l'intensité de l'action à laquelle il est lié.
LE PLAISIR PROFOND DE l'ÉNERGIE
Par conséquent, quand on propose à l'enfant l'appât du plaisir, il ne peut s'agir que de plaisirs passifs, doue médiocres conmie la gourmandise ou la paresse. Dès qu'on désire pour lui un plaisir de valeur réelle, lui seul peut réaliser la condition qui le produit c'est-à- ^ire l'acte.
[ Allons donc tout droit jusqu'au plus profond et au plus riche plaisir, qui est celui de l'activité. Tant '3ue nous ne descendons pas en nous-même jusqu'à