‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 9 sur 119 · VÉRITABLE NATURE DU PLAISIR · texte numérisé non relu

VÉRITABLE NATURE DU PLAISIR

prit que la multitude des médiocres accomplit un minimum de travail qu'au baccalauréat, où la comparaison des copies fait baisser les exigences d'une façon dont le public ne se doute pas, on reçoit une foule d'imbéciles. Ces incapables arrivent au doctorat en médecine et à la licence en droit avec une qualité très inférieure de travail et, libérés enfin des examens, ils ne tenteront plus aucun efibrt intellectuel. Combien de professeurs, même arrivés à l'agrégation, cessent de travailler! L'erreur qui consiste à allécber l'enfant par la promesse d'un plaisir, a pour cause l'ignorance de la psychologie : notre éducation part d'une doctrine radicalement fausse de la nature du plaisir, élaborée par des savants sédentaires et neurasthéniques. Pour eux le plaisir ne peut venir que du dehors : leurs viscères soufimnts n'envoient à la conscience que des impressions qui provoquent la tristesse. Faute d'une alimentation adaptée à leur organisme, faute d'habitudes énergiques de vie au grand air, chaque fois qu'ils tentent une excursion ou quelque travail musculaire, leur corps étiolé dans l'immobilité et l'air confiné, se révolte. Le cœur bat à rompre, la respiration halète, la peau ruisselle, et la courbature survient. Le repos qui suit est fiévreux et douloureux. Comment ces citadins stagnants auraient-ils pu découvrir les joies de l'action physique ? Comment n'auraient-ils pas imposé aux enfants leur sédentarité malsaine qui fait de nos élèves des bureaucrates au sang anémié par une durée d'immobilité qui est criminelle ?

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