DE LA MÉTHODE DANS LES DIVERSES DISGIPLLNES
voilà la tâche nécessaire. Le cli^f a pour rôle esseuxiei de (iécouvrir les aptitudes des jeunes gens, de stimuler, d'aider, de pousser ceux qui sont dcués, car ii^s administrations, l'industrie, le commerce ont besoin d'homm .-s de valeur et d'initiative. Le grand secret du succès, Carnegie l'indique (t):
i « Concentrez votre énergie, votre pensée et vos capitaux... Ayant commencé dans une partie, prenez la décision delà suivre jusqu'au bout. Adoptez toutes les améliorations, ayez les meilleures machines, et sachez tout ce que vous pouvez en savoir. Les maisons qui échouent sont celles qui ont dispersé leurs capitaux, ce qui veut dire qu'elles ont aussi dispersé leurs cerveaux». « Vous devezprendre la décision de connaître la partie dont vous vivez, de la connaître à fond, afin d'être un expert dans votre spécialité. Ne laissez aucun
\ homme de votre spécialité en savoir plus que vous » , Étudiez tout ce qui a été fait, sur la surface de la terre, dans votre spécialité. Le sage met tous ses œufs dans le même panier et surveille ce panier. « S'il est marchand décalé, i) s'occupe des cafés. S'il estmarchand de sucre il s'occupe des sucres et laisse le café tranquille ». Il se borne à les mélanger quand il boit sa tasse, ce Je n'ai pas encore rencontre un homme s'enleudant également bien à deux sortes d'aifaires ».
Comme on le voit l'expérience d'un grand homme d'affaires concorde avec les conseils que ce livre fiut entier donne aux étudiants.
LE TRAVAU. ADMINISTRATIF
Il n'y a qu'une bonne méthode de travail et tette méthode devrait aussi être celle du travail adn\ini?^»»!%r
J (1) L'empire des affaires Tiad Maillet.
LE TRAVAIL ADMLNISTRATIP 243
tif. Mais les grandes administrations de l'Etat ont une '^va.ve infériorité sur la grande industrie : c'est l'avaiicementà Tancienneté, au « tour de bête n^ et Fimpossibilité d'éliminer les non-valeurs. Les paresseux et les incapables y avancent presqu'aussi vite que les hommes d'élite et de ce fait, un grand découragement finit par gagner les meilleurs.
Un chef doit s'organiser de fciçon à être débarrassé des paperasses. Il doit être très mobile, et d'esprit très expérimentaL II doit voir par lui-même et contrôler constamment X efficacité de ce que l'on fait sous ses ordres, car la déperdition d'énergie en administration est formidable. Il faut voir ce que deviennent des instructions quand de cascade en cascade, elles viennent ^e heurter à des habitudes! Personnellement, j'ai pu constater quel temps il a fallu pour amener la suppression dans un tiers des écoles à peine de Texercice absurde de la dictée (1). Il faut, hélas! se contenter de peu et se souvenir qu'aucun médecin âgé de plus de quarante ans n'a accepté la théorie de la circulation du sang de Harvey !
D'autre part, un chef doit accepter comme un axiome sans exception qu'une note qui n'est pas très facile à classer, et surtout facile cà retrouver immédiatement et sans peine, est du travail inutile. Si celui qui a besoin du document ne le retrouve pas sans peine et sans dérangement, au moment même où il en a besoin il s'en passera dans les moments de paresse ou de presse et une injustice sera commise. Il ne faut pas que la recherche du document utile interrompe le travail en cours. Après bien des tâtonnements, j'ai remarqué que la fiche est le seul mode de classement
(1) Dans le grand duché de Bade, quelques mois après la publication de mon article dans la Revue Universitaire, la méthode était rendue obligatoire.
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pratique. Ce qui concerne le personnel que j'ai sous jmes ordres tient dans une petite table à portée de ma main. Chaque nom est représenté par une fiche de papier fort sur laquelle je fais coller des papillons de dimensions uniformes où sont relevées mes notes :d'inspection, les notes des inspecteurs généraux, des inspecteurs d'académie, des chefs d'établissement. J'y inscris au fur et à mesure les incidents notables, les manquements, les preuves de dévouement ou d'initiative. De la sorte, au moment des promotions, des mutations ou des notes annuelles, j'ai sous les yeux, en l'espace de vingt secondes, tous les renseignements utiles : âge, grades, valeur professionnelle, qui permettent de prendre une décision, de comparer des mérites et de renseigner le Ministre. D'autre part, ces documents se « recoupent » et permettent de juger la valeur des appréciations- des chefs locaux : avec ces « recoupements », les chances de commettre une injustice sont réduites au minimum.
D'autre part, quand un subordonné vient me voir je puis immédiatement lui dire les paroles qui conviennent, lui adresser les critiques nécessaires ou bien le féliciter et le réconforter comme il convient.
De même, comment faire un mouvement en toute équité si l'on n'a sous les yeux, pour chaque poste, la liste des postulants, avec les motifs invoqués, qu'il faut peser et faire entrer en ligne quand on examine les mérites respectifs des candidats?
Les chefs d'établissement devraient tous établir pour les élèves de leur collège, de leur lycée, de leur école des fiches conçues de la même manière : un papier fort par élève — et des papillons de dimensions identiques venant pour ainsi dire se joindre automatique- •nent à la fiche. De la sorte le chef d'établissement aurait sous les yeux, quand les parents viennent l'entreenir, les variations de poids, les maladies, les absences,
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les places de composition, les jugements des maîtres divers sur les qualités et les défauts de l'intelligence, de la sensibilité, de la volonté, du caractère de l'enfant. Quels conseils précieux un proviseur, un principal, un directeur, ne pourraient-ils pas ainsi donner pour adapter la carrière aux tendances profondes de l'enfant !
Léon XIII avait organisé un système de fiches, qu'il gardait sous la main. Il y inscrivait en signes abrégés la conversation qu'il avait eue pendant son audience et les personnes qu'il recevait à nouveau étaient stupéfaites quand le pape leur rappelait le sujet d'un entretien qui datait de dix ans !
L*ordre rigoureux dans le classement et la tenue à jour des fiches demande une volonté ferme et la décision prise une fois pour toutes de toujours noter l'essentiel et de le classer. Mais quelle sécurité d'esprit ne gagne-t-on pas à cette métliode ? Chaque jour, par la suite, l'économie du temps est considérable. On peut travailler sans énervement, sans à coups, avec certitude et on épargne l'énergie mentale.
CLOISONS ÉTAKCIIES
Par le calme, par la sécurité paisible qu'elle apporte à l'esprit, une méthode de classement ordonné permet de pratiquer dans le cerveau des cloisons é tanches^ de façon que jamais la préoccupation d'une affaire ou d'un ^rdre d'études ne vienne déborder sur les autres ou troubler le repos et gâter les heures de loisir.
Tout le monde peut pratiquer en petit l'aménagement qu'avait imaginé Guvier : « Chaque travail avait un cabinet qui lui était destiné et dans lequel se trouvait tout ce qui s'y rapportait, livres, dessins, objets Tout était préparé, pr«jvu pouj que nulle cause extérieure ne vint arrévîr, retarder l'esprit dans le cours de ses