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LE CAS DE CEUX QUI GAGNENT LEUR VIE

Mais il n'y a pas que des privilégiés, c'est-à-dire des étudiants libres. Beaucoup d'instituteurs, de professeurs, d'étudiants en médecine, en droit, de futurs ingénieurs, beaucoup de jeunes filles doivent gagner leur vie dans des situations qui consomment une grosse part de l'énergie. Ceux-là sont tentés de perdre courage et de se laisser aller. Leur démoralisation augmente du fait qu'ils évaluent trop haut la chance de ceux qui suivent les cours d'une Faculté. Ils ne peuvent se douter que cette bonne fortune a son revers dans la difficulté qu'ont les gens trop aidés de résister à la douceur du travail passif. C'est une loi presque sans exception que la volonté des jeunes gens riches est attaquée par des ferments de décomposition. Carnegie, qui a publié un livre à méditer sur les causes du succès en ailaires, était si persuadé de l'influence mauvaise de la fortune que « les fils d'associés ou de parents » n'étaient pas admis dans ses usines et n'avaient aucune part dans la direction, et il aimait à répéter le mot du président Garfîeld « que le plus riche héritage qu'un jeune homme puisse trouver à sa naissance est la pauvreté ».

Mon expérience me permet d'affirmer qu'il en est do même pour l'éducation supérieure de l'intelligence. On a remarqué qu'en Allemagne les grandes découvertes ont été faites dans de misérables laboratoires. La production ultérieure n'a pas été en rapport avec l'enrichissement, ce qui s'explique sans doute par la perte partielle de lingcniobité qui était cuiio laminent

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