‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 2 sur 119 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

qui permet de distribuer la vapeur alternativemen* sur les deux faces du piston ? Watt qui le surprit, fut immédiatement frappé par la valeur de la découverte.

Or ces méthodes que sont les outils et les machines et qui centuplent notre force, existent pour le travail intellectuel : elles accroissent l'efficacité de l'esprit comme le levier celle de nos muscles, comme le téles~ cope celle de la vision.

Mais pour deux raisons la découverte des méthodes a été plus facile dans le travail matériel que dans le A, travail intellectuel.

^ La première est que les problèmes qui se présentent aux inventeurs sont circonscrits, limités, précis et que ^ l'attention est appuyée sur le dessin, sur des essais de construction matérielle. D'autre part, si l'on prend mal ses mesures ou si l'on viole les lois inéluctables de la nature les sanctions sont immédiates et le redressement de l'erreur est brutal : si j'ai mal évalué la pression que subira une pièce, elle casse.

Au contraire, dans le travail intellectuel, les erreurs n'jont^ jamais la netteté d'un fait physicpie et leurs sanctions ne se produisent qu'à la longue et beaucoup de travailleurs ne les aperçoivent jamais^

Déjà il est difficile de ne pas être distrait par la confusion des choses matérielles un peu compliquées, il est difficile de se reculer pour bien regarder, de voir objectivement, avec des yeux « frais » et de critiquer ce qui est. Herbert Spencer passe la revue des objets familiers dont il se sert depuis son lever et il remarque qu'il n'en est pas un qui ne pourrait être grandement amélioré par un peu de réflexion de la |>art du fabricant. Taylor a récemment démontré que l'étude attentive des mouvements des ouvriers dans leurs travaux les plus simples, chargement d'un wagonnet, construction d'un mur en briques, permettait de réduire des trois quarts la dépense de forces I Qu'on

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