NOS MÉTHODES SONT A REVISER
Après la guerre, nous devrons apporter dans nos méthodes une révolution et mettre en culture l'intelligence dans ce qu'elle à de fondamental. Pour donner à nos adolescents le sens de la liberté nous avons un système d'éducation imaginé par les jésuites, ces fana-
(4) Df JeanFioLLE, Les auio-chir. Revue de Paris, 1er nov. 1917. (2) Général Fonville, Vemeignement de V Ecole suijérieare dt gi^etre. Revue de Paris, ier j^i^ I9i0,
tiques d'autorité et aggravé par Napoléon I". Aussi l'initiative en est-elle exclue et nous continuons à imposer du dehors les idées, au lieu de veiller à leur éclosion naturelle dans l'âme de l'enfant.
Par la surcharge des programmes, nous rendons impossible cette éclosion qui demande du temps et le respect de la personnalité de l'enfant. Nous n'avons pas le temps de susciter l'énergie indépendante. En réalité nous n'avons pas foi en la liberté : nous la confondons avec sa contrefaçon, l'anarchie. Toute culture approfondie de l'intelligence nous met en présence des lois éternelles de la raison. Les anarchistes sont des rhétoriciens et des superstitieux qui substituent de grands mots aux choses et qui croient au miracle social : ils refusent d'abaisser leurs regards sur les tristes réalités de la nature humaine. S'ils consentaient à s'étudier sincèrement, et à juger leur conduite quotidienne sans indulgence, ils verraient qu'avec des hommes imparfaits comme nous le sommes tous, une société parfaite est impossible, car beaucoup d'hommes sont demeurés près de la brute primitive comme le prouve l'exemple des -Bolcheviks. Au lieu d'avoir les yeux fixés sur un idéal irréalisable, sachons regarder ce qui est possible et à la culture d'une imagination chimérique, substituons la culture de l'intelligence, qui est autre chose que la production courante de la pseudo-intelligence. Nous fabriquons une contrefaçon de la véritable intelligence, une véritable camelote : en effet beaucoup de nos élèves ont une facilité de parole extraordinaire. Coumie les grandes coquettes qui peuvent changer de costumes plusieurs fois par jour, ils ont de nombreux vêtements de rechange pour vêtir un très petit nombre d'idées. L'idée d'ailleurs n'est pour ainsi dire qu'un mannequin sur lequel on drape les étoffes chatoyantes de la parole. Elle ne vaut que par les effets qu'elle' perinet et nombreuses sont en France les per-