L'INTELLIGENCE SUPPOSE UNE FORTE EDUCATION MORALE
les gouvernants au devoir désagpéal)îe des fésoUitioTis viriles.
Les pseudo-intelligents ont de la répugnance a regarder les réalités, parce qu'elles obligent toujours à un effort d'adaptation. Lorsqu'ils parlent du réel, ils ne pensent qu'à eux-mêmes, à leur amour-propre, à leurs aises, à leurs passions. Ils ne veulent pas que ce qui est vrai soit vrai.
Je citerai sur ce point capital un autre exemple. A la suite d'un danger couru par les élèves d'un lycée, je faisais remarquer à un chef d'établissement vingt mètres de tuyaux traversant le dortoir pour aboutir à un bec de gaz : c'était la menace de mort en permanence pour les élèves. Au lieu de regarder la chose en elle-même, il se défendit : cela existait avant lui ; il n'avait pas de crédits... Je me heurtais à une incapacité de faire abstraction de soi-même et de regarder les choses objectivement.
Voici le portrait d'im autre chef pseudo-intelligent : « 11 juge les actes de ses subordonnés à travers ses sympathies et ses antipathies du moment. Il est incapable de faire abstraction de ce qui le touche personnellement. Les mêmes fautes sont jugées par lui insignifiantes ou graves suivant que la personne qui les a commises lui plaît ou non. Les services rendus par un fonctionnaire sont importants ou médiocres suivant 1^ cote de l'instant ».
L'LMELLIfiENCE SUPPOSE UNE FORTE ÉDUCATION MORALï!
On reconnaît les inintelligents à leur incapacité de voir une question en elle-même. Les peuples enfants furent des peuples émotifs. Leur seule logique fut la logique des sentinients, c'est-à-dire l'absence de raison, le refus d'accepter la réalité objective. L'Asie presque entière en est à cet état. Ce furent les Grecs qui, les
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premiers, raisonnèrent et se dégagèrent de la crédulité. Aujourd'hui TAllemagne, aveuglée par la folie orgueilleuse des pangermanistes, est redevenue, pour le malheur du monde, une nation émotive, dirigée par •une passion monstrueuse\^ C'est qu'il n'y a pas dintelligence complète sans une forte éducation morale. Je dois être désintéressé, .accepter la vérité quelle qu'en soit pour moi la portée, quelle que soit la contrariété qu'elle m'apporte, quel que soit le parti ou les intérêts dont elle me sépare J Aussi les faibles fuient-ils la vérité. Ils désirent se tromper eux-mêmes et leur lâcheté aime à substituer un mensonge agréable à la réalité. Gela est vrai dans toutes les circonstances de la vie. Tel qui, aveugle, épouse une coquette et une paresseuse, prête à rire quand il se plaint d'être transformé en bête de somme. Telle maman qui prête à son enfant des qualités qii*il n'a pas et travaille à le dévoyer, pèche par refus de regarder en face la réalité telle qu'elle est. La plupart du temps, regarder ce qui est, comme cela est, est désagréable. Cette réalité qui s'impose à nous, qui persiste à exister, que cela nous plaise ou non, qui est d'une indifférence sereine à nos penchants, à nos préférences, à nos afl'ections, est insupportable ! Efforçons-nous de ne -pas la regarder en face : peutêtre que grâce à quelque événement imprévu, miraculeux, la difficulté consentira à disparaître ou à se transformer.
i Ilélas ! elle ne disparait ni ne change I Nous avons beau, comme l'autruche qui cache sa tête dans le sable pour ne pas voir le danger, fermer les yeux ou interposer entre le danger et nous un brouillard de mots et de formules, la réalité est tenace et ne s'en va pas. Nous sommes maintenant très près de savoir ce qu'est l'intelligence vraie. Nous soupçonnons que pour être intelligent il est iimtile de pouvoir dire la même chose de dix façons différentes. Tout sentiment qui