‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 51 sur 119 · COMMENT FIXER LES LIMITES J)U TRAVAIL · texte numérisé non relu

COMMENT FIXER LES LIMITES J)U TRAVAIL

Usons raisonnablement du trésor de forces qui nous est donné — raisonnablement, c'est-à-dire ne faisons rien qui attaque, si peu que ce soit, la capacité d'énergie du lendemain. Puisqu'on ne travaille fructueusement que dans la joie, il faut avant tout garder sa santé et ne travailler que le nombre d'heures que l'on peut supporter. Ce nombre diffère avec la qualité et avec la quantité d'énergie. Mais comment savoir si on dépasse ou non la limite? D'après mon expérience le seul indice auquel on puisse se fier, c'est la répercussion du travail sur le sommeil. Si le sommeil qui suit la journée do travail est calme et réparateur, le travail n'a pas mordu sur le capital, il n'a fait que consommer l'énergie mise quotidiennement à notre disposition par la nourriture et le repos. Si, au contraire, le sommeil est mauvais, s'il ne suffit pas à réparer complètement les forces, c'est qu'on a dépassé la part d'énergie quotidienne : on a entamé le capital, et il faut se reposer. Cette indication est essentielle et jamais je n'ai négligé l'avertissement d'un sommeil agité. Elle est aussi importante que le sifflet d'alarme qui avertit le mécanicien qu'il y a danger d'éclatement pour sa chaudière.

Naturellement, le surmenage peut provenir aussi bien de l'intempérance que du travail et un repas trop substantiel le soir suffit à donner une nuit agitée, mais, dans une vie régulière et sage, il est facile de savoir à quelle cause rattacher l'agitation du sommeil.

(i) Fraser, V Amérique au travail. Traduction Saville. Paris, 490G.

Payot. — Travail "?

feS SAVOIR TRAVAILLER

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