‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 52 sur 119 · BIEN ADMINISTRER SON ÉNERGIB · texte numérisé non relu

BIEN ADMINISTRER SON ÉNERGIB

i Comme la quantité d'énergie qui nous est dévoîiie est limitée, il faut l'administrer en bon économe! Un jeune homme qui veut faire une œuvre, doit savoir refuser àe jeter à tous vents son énergie et de s'éparpiller. Il doit choisir ou d'être un médiocre et de vivre une vie facile et nulle, ou d'accomplir l'œuvre qu'il a décidé de faire. Il doit rejeter tout ce qui disperse et les occasions d'éparpillement sont innombrables : longues flâneries avec les amis, théâtre, dîners, politique, réunions mondaines, et surtout la lecture et tout ce qu'Emerson appelle « les devoirs inférieurs ».

Nous ne disons pas de fuir le monde et de se réfugier dans le désert — mais il est certain que la solitude est la grande inspiratrice et si la pauvreté a aidé à l'éclosion de tous les héros de la pensée, ce n'est pas qu'elle ait en elle une force quelconque — mais elle est l'isolant par excellence, elle défend l'intégrité de la conscience à cause des besoins limités de bien-être, et elle protège la pensée contre l'éparpillement des relations mondaines et des plaisirs. Elle aide les jeunes gens à se concentrer.

C'est un idéal de vie bien austère! '>on,/il s'auit seulement d'éviter l'émiettement et la disnersioii| Tout ce (jui est détente après le travail est excellent — mais tout plaisir qui dépense de la force au lieu d'en créer, est à éviter. Gros repas, alcool, soirées prolongées dans une atmosphère confinée, amour ruineux pour le cerveau, sont à fuir. D'ailleurs ces phiisirs paraissent si inférieurs à celui qui a goûté aux joies profondes du travail créateur qu'il n'éprouve pas plus de difficultés à y renoncer que n'en éprouve une jeune fille à renoncer à sa poui)ée. Aller au café-conceit ne me tente pas plus que d'onpnîiei' une partie de Inllos.

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