‹ Le travail intellectuel et la volontéChapitre 53 sur 119 · LE TEMPS DU VEAI TRAVAIL EST COURT · texte numérisé non relu

LE TEMPS DU VEAI TRAVAIL EST COURT

Mais, comme on le comprend maintenant, Ife trayail doit être modéré. Aux gens qui déclarent travailler dix ou quinze heures par jour, demandez qu'ils vous, montrent leurs ouvrages. Vous constaterez que leur temps comme celui d'un ministre ou d'un administrateur, passe en vétilles innoml)rables et que le travail réel est tout petit : ce qu'ils prennent pour du travail n'est souvent qu'une inaction laborieusement occupée^^

Mais il est temps de conclure. La durée du travail énergique étant liiHiitée, rhabileté dji^travaulleur çpn- |Mera, a îaîre pour lui-mtoe ee^-qu'on fait pour le^ passage d''ùn"Wpîdërà préparer ]§- voie, à fermer les pM^gcsât niveau, etc. Il éUidiera^les me sures à prendre^ pouiTquel'efrprt loyal ne soit Arrêté par rie^^ élans sacrés de l^^éaergie. créatrice ne soient pas dissipé s; pS!rd'êFdérangemen|s, lUêSqm^

Peif'yfieure's par jour, quatre ou cinq pour les éner- j gies puissantes, deux ou trois pour les énergies au-dessus de la moyenne, une ou deux pour les énergies ordinaires, voilà le temps du travail intellectuel. A chacun de s'interroger loyalement, de ne pas s'en faire accroire, d'évaluer la durée des élans de l'énergie réelle, et d'organiser sa vie de façon à ce que tout y soit coordonné et subordonné au temps de pleine lumière intellectuelle.

Ce que nous disons de la durée maximum de l'énergie créatrice, vérifions-le par un examen des heures néces^ sairement perdues par suite de la mauvaise santé, des deuils, des fêtes de famille, des mille dérangements inévitables dans la vie en société et on sera étonné du peu de temps que les plus grands travailleurs ont consacré à leurs œuvres. C'est une pensée encourageante pour les jeunes gens que de se dire qu'on peut devenir une des lumières de sa génération avec un nombre peu

considérable d'heures de travail, à la condition de s'y donner de toute son énergie.

qjjE tout soit prêt lors de l'effort !

Le travail n'est possible que s'il est préparé. Ains avant d'écrire ce chapitre j'ai dû lire des milliers et demilliers de pages, noter au cours de mes lectures et qui avait trait à mon sujet, interroger des auteurs sur leur travail, réfléchir à mon expérience personnelle d'écrivain, confronter mes documents avec cette expérience afin de déceler les erreurs et les mensonges des vaniteux, de ceux qni veulent étonner ou de ceux qui sont incapables de s'observer loyalement. Puis il a fallu classer ces documents avec ordre afin qu'ils m'apportassent leur aide et non l'embarras de leur encombrement. Mais la plupart des recherches, des lectures ne sont pas du travail, c'est de la besogne. Lire par exemple les huit cents pages des lettres de Garlyle à sa fiancée, donner un coup de crayon aux passages qui se rapportent à mes préoccupations, puis reprendre les passages soulignés, les relire, prendre note des expressions heureuses, des réflexions profondes, enfin classer ces notes inteUigemment, tout cela c'est de la besogne que l'on peut accomplir sans eiforts et qu'on pourrait à la rigueur faire faire par un secrétaire.

Mais cette besogne est nécessaire. Il serait absurde d'aborder un sujet sans savoir ce que les grands esprits (le tous les temps en ont pensé. Ce serait d'une présomption outrecuidante pour qui sait combien la découverte de la vérité est œuvre collective. Mais une fois 4|u'on est prêt, qu'on a fait' le tour de la question, il faut, avec une saine confiance en soi, penser résolument pa/ Hoi-môme.

On voit maintenant que l'essentiel de la uiéthode est analogue à l'art de la guerre : il faut tout prévoir :

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