LECTURES DE FORMATION MORALE
( Bien au-dessus des lectures de complément, sur le même rang que les lectures de formation intellectuelle, sont les lectures de formation morale ou lectures édifiantes.^ y a des livres vivifiants qui sont de bonnes actions, qui élèvent, qui affranchissent, qui sont de puissants toniques. Ils nous aident à jeter (œdifîcare) parmi les remous et les courants des passions, les fondations d'une volonté stable. Cela n'est possible qu'en unissant patiemment en blocs résistants sentiments supérieurs^ p^T^!<''' ^ s rnisoniiahjesFNoTis avons exposé dans un livre dont beaucoup d'inconnus nous ont écrit qu'il les avait « sauvés », la stratégie et la tactique qui peuvent assurer le succès dans cette construction de soi-même (1). Les livres tonifiants destinés à soutenir
(1) L'éducation de la Volonté*
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les bonnes résolutions et à fortifier les sentiments supérieurs, ne doivent pas être lus rapidemen^/^Ge sont des livres qu'il faut méditer, qu'on laisse en quelque sorte distiller goutte à goutte dans l'âme,^ qu'on emporte dans ses promenades. Saint François de Sales a toute sa vie médité le Combat spirituel. 11 faut se faire des pensées des meilleurs comme un « bouquet spirituel », dont on respire le parfum lorsque le cœur défaille. Il est bon de savoir par cœur les formules les plus heureuses des grands moralistes.
( A. chacun de nous il appartient de chercher parmi les âmes les plus riches et les plus nobles, parmi les amis éternels des jeunes gens, ceux qui sont les plus près de notre cœur et de nous en former comme une famille dont la sagesse et la tendresse nous aident,^ nous soutiennent, rallient nos forces en cas d'échec.^ Surtout n'oublions pas que, jeunes, nous tissons fil par fil notre avenir. Si nous faisons abstraction de ce qu'a de tragique la mort prématurée, la seule fatalité cruelle, c'est l'emmurement lent d'une âme dans des habitudes viles que la volonté sera impuissante à briser. L'impuissance acquise, la lente édification autour de l'âme d'une prison, voiLà ce qui est dramatique. ' Aussi, veillons sur nos lectures : il y va de la dignité * et de la liberté de l'âge mâr. Il y a des livres dont on doit absolument s'interdire la lecture.
La fréquentation des malades aigris et découragés est déprimante. Or beaucoup d'écrivains ont des conditions de vie anormales qui en font des malades et Ic^urs œuvres ont quelque chose de malsain et de rabaissant, qui diminue l'énergie et la joie. On peut, si on prend la peine de ne faire attention qu'aux inévital)lcs contrariétés, se donner k dégoût et de son métier et do la vie môme ! Ayons soin de garder intacte la volonté de vivre et rejetons sans hésitation les livres qui dépriment et découragent ou qui tendent à nous persuader