LA PAIX DANS LE MONDE DU TRAVAIL
divin, celle des religions d'État, celle des castes et des inégalités sociales, les entraves de toutes sortes imposées au travail par le privilège, disparaîtront de jour en jour devant l'idée du droit, incarnée dans la Révolution. A une courte période d'indiffél*ence et de compromis, produite par la lutte entre l'esprit réactionnaire et l'esprit révolutionnaire, succède aujourd'hui une période de sincérité, de liberté de conscience, et par conséquent de simplification et de philosophie. C'est un grand progrès moral; s'il n'est pas accompli, il se sent de toutes parts, il s'annonce. On comprend enfin que toute haine -de parti 3st un préjugé et un obstacle, et que la tolérance est la condition de la clairvoyance. Quelle faute, quand la vérité est si difficile, de ne pas l'aborder avec toutes ses ressources ! On dirait un lutl-.ur qui, voulant gagner le prix de la course, commence par se charger d'un fardeau. Non, non, il ne faut pas apporter de haine dans le temple de la vérité. Il faut y entrer avec respect, avec tremblement. Ce n'est pas trop de notre raison maîtresse d'elle-même et de toute la lucidité de notre jugement pour nous guider dans ce sacré sanctuaire où nous avons commerce avec l'éternel et l'immuable. La raison a été faite analogue à la vérité % mais c'est la pure raison, la raison sans haine, la raison sans préjugés, la raison appliquant sa force naturelle tout entière, sans être entravée, appesantie, troublée par de fausses maximes. La raison
doit être chaste pour être puissante. Soins x>if§o mrginem agnovit.
Le progrès de la morale marche du même pas que celui de la raison. C'est le même progrès sous deux formes. Non-seulement nous nous découvrons des devoirs que nous n'avions pas su discerner auparavant, mais nos devoirs augmentent à mesure que nous croissons en importance et en intelligence. Ce sont là les conquêtes de la morale, car ce mot de conquêtes ordinairement réservé à l'acquisition d'un droit est encore plus vrai quand on l'applique à l'acquisition d'un devoir. Le terme du progrès pour un être créé est un état idéal où, chacun de ses actes ayant une connexion nécessaire avec l'ordre, il ne peut rien faire d'indifférent, et accomplit sciemment un devoir chaque fois qu'il se meut *. Un tel état, s'il était réalisable, donnerait en même temps à l'être créé la plus grande somme de bonheur possible, cai* le bonheur n'est pas autre chose que l'accomplissement' d'une action libre , conforme à l'ordre éternel. La destinée de l'homme est de tendre sans cesse, par la culture de son esprit et la direction de sa volonté, vers cet idéal. Il n'est donc pas, comme il l'a cru trop longtemps, condamné au travail ; c'est le travail au contraire qui est
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