‹ Le travail musculaire et l'énergie qu'il représenteChapitre 26 sur 53 · O-^.ITO · texte numérisé non relu

O-^.ITO

120 — 120 — 0°.3lO

Voilà donc une nouvelle démonstration très nette de l'augmentation de réchauffement avec l'accroissement "du nombre des mouvements accomplis par le muscle, ■^toutes les autres conditions restant égales d'ailleurs. Et, ■^€n effet, dans aucun des cas comparés, le muscle ne fait ^ de travail mécanique proprement dit, à cause de la ^neutralisation réciproque du soulèvement et de l'abaissement de la charge; le travail de l'organe est exclusivement intérieur. De plus, la force élastique créée par la contraction musculaire reste en jeu pendant le même

temps. Enfin, le muscle agissant constamment sur la même charge, avec les mômes degrés de raccourcissement, cette force élastique présente toujours la même valeur absolue. En un mot, il n'y a que les excitations provocatrices de la création de l'élasticité musculaire qui ne soient pas identiques. Elles varient en nombre dans la proportion de 1 à 6 et à 30.

L'échaufTement, indice de l'énergie mise en œuvre par ce travail physiologique des plaques nerveuses terminales, varie- t-il dans la môme proportion? Pour résoudre cette question, il faudrait connaître la valeur exacte de l'énergie consacrée à la création même de la force élastique du muscle. On déduirait cette valeur de l'énergie totale représentée par réchauffement constaté ; la différence ou le reste donnerait la valeur de l'énergie employée au travail des plaques motrices terminales. Malheureusement, il n'est pas possible de connaître exactement la part d'énergie dépensée par l'activité propre du tissu musculaire. On peut, il est vrai, faire des suppositions qui ont quelques chances de ne pas trop s'éloigner de la réalité. Ainsi, lechilTre 0°,120 représente peut-être la valeur de réchauffement déterminé par la création même de l'élasticité musculaire. Si l'on adoptait ce chiffre, il resterait, dans les trois cas étudiés, pour la part d'échauffement revenant au travail physiologiques des plaques terminales :

Avec les 4 mouvements 0°,005

— 24 — 0«,OoO

11 est facile de voir que la proportion n'est pas exacte

entre le nombre des excitations et la valeur de récliaufTement corrélatif. Pour que l'exactitude de ce rapport fût réalisée, il faudrait qu'aux chiffres 0%005, 0°,050, 0°,19(>, on put substituer les nombres 0%00o, 0%030 et 0%i50 ou d'autres nombres proportionnels à ces derniers. On pourrait certainement approcher assez près, en changeant la valeur arbitrairement attribuée à la participation du travail intérieur du tissu propre du muscle à réchauffement général. Mais il est bien inutile de tâtonner ainsi dans les ténèbres. Le sens général des résultats obtenus dans les présentes recherches est assez clair. Nous ne pouvons tirer des expériences la démonstration d'une proportionnalité suffisamment approximative entre le travail présumé des plaques motrices terminales et réchauffement qui en résulte, ou l'énergie qu'il dépense ; mais au moins est-il bien démontré, par ces expériences, ({w^i réchauffement manifeste une tendance très marquée à s' élever avec le nombre des mouvements de raccourcissement et d'allongement qu'exécute le muscle^ c est-à-dire avec la multiplication des excitations qid provoquent ces mouvements^ autrement dit avec le travqil physiologique des plaques motrices terminales.

Il est important de faire remarquer que réchauffement, quand le nombre des mouvements est considérable, peut atteindre et dépasser même très notablement celui qui résulte du soutien fixe de la charge avec le raccourcissement maximum du muscle. Ce résultat est en concordance avec celui qui a été obtenu par A. Fick, u cours de ses recherches sur la production de chaleur

ne LE TRAVAIL MUSCULAIRE ET L ÉNEUGIE, ETC.

pendant la contraction musculaire (1). Il a eu l'occasion de comparer réchauffement déterminé dans le même muscle par une tétanisation complète d'une certaine •durée, ou par une série de secousses se succédant dans le même temps. L'échauffement s'est montré supérieur dans ce dernier cas.

Mais mes expériences ne s'accordent guère avec les expériences analogues de J. Béclard. Je ne saurais m'expliquer actuellement comment ce physiologiste distingué a pu constater que le biceps, chez l'homme, s'échauffe exactement de la même manière en faisant du travail moteur avec des oscillations nombreuses, entre deux raccurcissements extrêmes déterminés, ou du travail de soutien dans un état de raccourcissement fixe d'une valeur intermédiaire. Il me paraît impossible d'obtenir, dans ce dernier cas, quelles que soient les conditions dans lesquelles on se place, autre chose qu'un échauffement moindre que dans le premier. Cette difficulté sera examinée de nouveau ci-après.

En terminant, qu'il me soit permis de dire que j'aurais désiré ne pas soulever encore cette question. Je n'ai pas eu le temps de l'étudier aussi complètement que je l'aurais désiré, et les chiffres donnés ci-dessus comme résultats moyens de mes rechei;ches ne représentent qu'un trop petit nombre d'expériences. La question soulevée ainsi prématurément m'apparait comme un impedimentum. Si je m'en suis embarrassé, c'est

(1) Ueber die Wàrmeentwicklung bei der Zusammenziehung des Muskcls. — Ans Beitràge zur Anatomie und Physiologie als Fetsgalc Karl Ludwig zum 15. October 1874 gewidmetvon seinenSchulern.

ECIIAUFFEMENT PAR LA COiNTRACTION DYNAMIQUE. 177

en raison de la nécessité où je vais me trouver de discuter, dans le chapitre suivant, les expériences de J. Béclard. En tout cas, cette question, reléguée comme elle l'est ici dans un article à part, pourra être laissée de côté, sans dommage pour les conclusions fondamentales qu'attend la thermodynamique musculaire.

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