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point m, représentant la hauteur à laquelle cette charge est soutenue pendant le travail statique, puis deux autres points équidistants i et s, l'un situé à 8 centimètres au-dessus du premier, l'autre à 8 centimètres audessous. C'est entre ces deux points que la charge oscillait quand le muscle la soulevait pour faire du travail mécanique. « De cette manière, dit J. Béclard, l'effort musculaire exercé par la contraction d'équilibre est exactement la moyenne des efforts musculaires calculés en deux points symétriques, pris de chaque côté du point d'équilibre. » Donc, en donnant, par des artifices expérimentaux convenables (1), la même durée à la contraction de soutien et à la contraction dynamique, on se trouve dans les conditions voulues pour comparer l'échauffement qui survient dans les deux cas.
Voilà, très résumé, le raisonnement de J. Béclard. 11 n'est pas difficile d'en voir les côtés faibles. C'est, en effet, un raisonnement tout empirique, fruste, auquel ne prépare aucune démonstration préalable. Dire, par exemple, que « l'effort musculaire exercé par la contraction d'équilibre est exactement la moyenne des efforts musculaires, calculés en deux points symétriques pris de chaque côté du point d'équilibre », c'est faire une pétition de principe. Il manquait à cette proposition d'être démontrée.
Elle est pourtant exacte. Notre étude de l'élasticité de contraction a prouvé que la force élastique totale
(1) Voir le mémoire de J. Béclard : De la contraction musculaire dans ses rapports avec la température animale [Archives générales de médecine, 1861).
du muscle croît régulièrement avec le raccourcissement musculaire; il est clair alors que, cette force élastique étant 1 avec un certain degré de raccourcissement, 2 avec un autre, sera nécessairement 3 avec un troisième de même valeur que ce dernier. De plus, l'expérience a démontré que l'énergie corrélative (mesurée par réchauffement) suit exactement la même progression. Donc, la position 2 est bien la moyenne entre les positions 1 et 3. Une charge soutenue dans cette position 2 produira un échauffement, dont la valeur sera exactement intermédiaire entre celles des échauffements qui se manifestent dans les positions 1 et 3. Ajoutons enfin qu'il a été parfaitement établi qu'en s'élevant de la position 1 à la position 3, pour faire du travail positif, la charg-e provoque la mise en œuvre de la même quantité d'énergie que si le muscle soutient cette charge, pendant le même temps, dans la position 2. C'est le cas de consulter de nouveau les schémas qui présentent ces démonstrations sous forme géométrique. Il résulte de ces démonstrations que le travail statique et le travail positif, dans les conditions des expériences de J. Béclard, sont bien, en efTet, équivalents, en ce sens que l'un et l'autre répondent à la même force élastique créée par la même quantité de force vive.
En principe, les expériences de J. Béclard semblent donc faites d'après une méthode plausible. C'est leur mérite : le seul qui leur reste, car la méthode pût-elle donner ce qu'on lui demandait — la question sera examinée plus loin — que la manière dont cette méthode a
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été appliquée par J. Béclard enlevait toute possibilité (l'arriver à de bons résultats.
J. Béclard, en effet, n'a tenu aucun compte du nombre des contractions statiques et dynamiques qu'il comparait entre elles. II s'est seulement préoccupé d'assurer l'égalité dans la durée totale de l'activité du muscle. Ainsi, dans sa deuxième série d'expériences, le poids est soutenu pendant cinq minutes au point m, pour la détermination de réchauffement statique, et, pour celle de réchauffement dynamique correspondant, sans travail mécanique^ le poids est, pendant le même temps, soumis à 100, 150 même 300 mouvements de va-et-vient entre le point i et le point s. Or, d'après les résultats que j'ai obtenus en étudiant l'influence du nombre des excitations qui provoquent la mise en tension élastique du muscle (page 172), les expériences instituées par J. Béclard, pour comparer la contraction statique et la contraction dynamique, ne répondent pas à ce but. Ces expériences ne sontpas comparables, la multiplicité des mouvements étant, par elle-même, dans le cas de contraction dynamique, une cause d'écliauffement qui agit avec une certaine intensité.
Pourtant les résultats annoncés par J. Béclard sont en accord avec ceux que la théorie permet de prévoir, pour des expériences instituées dans des conditions se prêtant à une comparaison exacte. Il avance, en effet, que ses expériences comparatives ont dénoté, dans tous les cas, l'égalité dans Féchaufïement musculaire. Que fautil en penser? Ce n'est pas sans quelque embarras que je donnerai mon avis. Je dois pourtant dire sans hésitation
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que cette égalité me semble impossible. En répétant les expériences de J. Béclard, j'ai toujours constaté, avec la contraction dynamique, un écbaufTement très notablement supérieur à celui qu'entraîne la contraction statique.
Je dois me prononcer avec la même netteté contre l'exactitude des résultats des expériences de la première série, celles dans lesquelles J. Béclard a comparé la la contraction dynamique accomplissant un travail positif à la contraction statique correspondante. Il aurait vu que celle-ci échauffe le muscle plus que celle-là; d'où la démonstration de l'absorption, par le travail extérieur, d'une partie de l'énergie mise en mouvement dans le muscle qui soulève une charge. Ce résultat des expériences comparatives de J. Béclard n'est guère plus vraisemblable que le précédent. La cause d'erreur qui vicie les expériences est, il est vrai, moins accentuée que tout à l'heure. En effet, la contraction statique n'a pas, comme dans ce dernier cas, duré cinq minutes sans interruption. Comme l'ensemble des contractions dynamiques n'avait qu'une durée de deux minutes et demie, le même temps étant consacré aux mouvements passifs qui abaissaient la charge après chaque soulèvement, la durée totale de la contraction statique a été réduite également à deux minutes et demie, par des temps de suspension du soutien. Il y en a eu de 15 à 30 ; ce qui fait que les excitations nerveuses du tissu musculaire se sont renouvelées de 15 à 30 fois pendant la phase de contrac-j tion statique. Mais pour la phase dynamique, les excitations ont été renouvelées 100, 150, jusqu'à 200 fois pen-
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dant la durée de l'expérience. Les conditions d'une comparaison exacte manquent donc encore dans ce cas, et je considère comme inévitable la constatation d'un écliauffemcnt plus grand avec la contraction dynamique l^kiand on opère comme l'a indiqué J. Béclard: résultat précisément inverse à celui qu'il annonce.
Que si maintenant on prend le cas de la contraction dynamique, avec travail négatif, comparée à la contraction statique correspondante, on retrouve exactement les mêmes défectuosités dans l'institution des expériences comparatives. Inutile de s'étendre sur ce point.
Il n'y a qu'une seule série des expériences de J. Béclard dans lesquelles les conditions d'une comparaison exacte se trouvent réalisées ; ce sont les expériences consacrées à la comparaison de réchaufTement dans le cas de travail positif et de travail négatif correspondant. Malheureusement J. Béclard ne les décrit pas. Elles sont à peine indiquées dans son mémoire. L'auteur se hâte de dire, du reste, qu'elles ne sauraient avoir de valeur qu'autant qu'on les « rapporterait à des expériences statiques de commune mesure ».
En résumé, les expériences de J. Béclard, inspirées par un principe que j'ai démontré être juste, ont été
I'nstituées dans des conditions défectueuses, incapables le se prêter à la manifestation des effets cherchés par 'expérimentateur. Il dit pourtant les avoir observés, à savoir : 1° l'égalité de réchauffement, dans le cas de contraction statique et de contraction dynamique cor-
Iespondante, lorsque celle-ci détruit elle-même son travail Qécanique ; 2° un échauffement moindre avec la con-
traction dynamique produisant du travail positif; 3° un échauffemcnt supérieur avec cette même contraction dynamique si elle s'accompagne seulement de travail négatif. Je ne doute pas que J. Béclard, dans le cours de ses expériences, n'en ait rencontré quelques-unes où ces faits se soient manifestés avec plus ou moins de netteté, mais il en a certainement obtenus d'autres, beaucoup plus nombreux, ayant une signification inverse. Il s'est sans doute cru autorisé à ne tenir compte que de ceux qui concordaient avec les prévisions de la théorie. C'est une erreur. J. Béclard ignorait le véritable mécanisme de réchauffement qu'il observait sur son biceps. S'il eût été renseigné sur le rôle que joue dans cet échauffemcnt la suractivité de la circulation locale, il aurait compris qu'il est exposé àdes perturbations, dont il faut savoir affaiblir l'influence, non seulement en multipliant les expériences, mais en tenant compte de toutes celles qui sont régulières, quels qu'en soient les résultats, et en confectionnant des moyennes avec l'ensemble de ces résultats.
Ce n'est pas ce qu'a fait J. Béclard. Dans la série consacrée à la comparaison de la contraction statique avec la contraction dynamique produisant du travail positif, il n'a pas fait moins de 82 expériences et il en éliminine 71 î Sur la comparaison de la contraction dynamique exécutant alternativement du travail positif et du travail négatif, il dit avoir fait « un grand nombre » d'expériences, et il n'en utilise que 5! Enfin, à propos de rinfluence du travail négatif sur réchauffement^ Béclard indique bien le sens dans lequel se sont pro-