SECTION III
Protection
et éducation de la main-d'œuvre
Solution au problème de la main-d'œuvre, encore nécessaire dans certaines colonies, le travail obligatoire n'est qu'une solution femporaire et tous les efforts doivent être faits pour hâter le moment où les indigènes apporteront à la colonisation une collaboration spontanée. Il faut trouver au problème de la main-d'œuvre une solution autre que celle du travail obligatoire ou plutôt la compléter et rechercher, parallèlement à la contrainte, les moyens de transformer l’état social anormal qui rend nécessaire le recours à une telle formule de travail. Or, les principales causes de cet état social nous paraissent être que la population est numériquement insuffisante, qu’elle manque de vigueur physique et qu’elle est dominée par une mentalité qui lui fait préférer une vie misérable et végétative à l'effort, même rémunéré. En bref, la solution reviendra à augmenter les ressources en maind'œuvre des territoires coloniaux. Une telle politique, dont les principes devront s'adapter à chaque région, exige la collaboration du médecin, de l'administrateur et de l’éducateur. Lutter contre la dépopulation, rendre l’indigène capable de fournir l'effort physique qui lui sera demandé, en combattant les diverses maladies, la sous-alimentation, le manque d'hygiène, voilà la tâche du médecin et de l’administrateur; développer l'esprit de prévoyance et de travail, former des hommes qui ne croi-
ront pas déchoir en acceptant de manier un outil, voilà la tâche du maître d'école. Et tel est le deuxième aspect de la politique du travail obligatoire que nous avions annoncé et qu’il nous reste à examiner.
Oeuvre de longue haleine que celle qui va consister à préparer des générations nombreuses d’indigènes sains de corps et d’esprit, pour qui le travail ne soit plus besogne servile réservée aux seuls esclaves, qui offriront peutêtre un champ d'observation moins attrayant pour les amateurs d’exotisme, mais qui, sans pour cela être « déracinés », seront devenus d’excellents ouvriers, d’excellents paysans. Oeuvre aux ramifications insoupçonnées, aux répercussions sociales inattendues, elle embrasse une foule de problèmes et la développer intégralement reviendrait à traiter toute la politique indigène générale. Nous ne nous attacherons à ces questions que dans la mesure où elles se rapportent à l’accroissement et à la formation
d'une main-d'œuvre volontaire.