FE
Politique de l'hygiène, politique de l'alimentation, politique de l’éducation, tels sont les trois termes de l'action coloniale qui, selon nous, doit aboutir à rendre de moins en moins nécessaire le recours à la contrainte pour faire travailler l’indigène. Cette triple politique qui poursuit l'accroissement numérique des races indigènes et qui prépare des générations d'hommes bien portants, doués de vigueur physique et, partant, plus aptes au travail régulier, exige unité de vue et coordination des efforts dans toutes les branches et à tous les étages de l’administration. Le rôle du Service de Santé est capital, mais son action serait inefficace, si chacun des divers services administratifs ne consentait à apporter sa contribution à l'œuvre entreprise, la cohésion entre ces éléments disparates étant assurée grâce à la pensée commune qui devra animer tous les ouvriers, sous la direction et l'impulsion
(78) M. BRIAULT, Op. cit., page 89.
des gouverneurs et lieutenants-gouverneurs. Il est, en effet, bien peu de services qui n’aient une pierre à placer dans la construction de l’édifice, — l'Agriculture, pour développer les cultures alimentaires, — l'Enseignement, pour former la mentalité des jeunes indigènes, leur inculquer les principes élémentaires d'hygiène et les préparer au travail, — les Travaux publics, pour réaliser l’assainissement. Les initiatives privées enfin, et en particulier celles des missionnaires dans les domaines de l’assistance médicale et de l'enseignement, doivent être associées à l'œuvre de l’administration.
Que tous les artisans de la colonisation, fonctionnaires. ou colons, missionnaires ou soldats, administrateurs ou médecins, maître d’école ou ingénieurs, marchent la main dans la main ! Qu'un puissant esprit d'équipe les anime tous, plus fort que les rivalités mesquines ! Et l'édifice. colonial se développera harmonieux de proportions, inébranlable dans ses fondations, prometteur des jplus beaux lendemains.
Au cours de ces pages, consacrées à l'élaboration d’une politique coloniale du travail obligatoire, nous n’avons pu formuler que des directives générales : aux autorités compétentes de s’en inspirer et d'opérer avec souplesse, dans chaque territoire, les adaptations nécessaires. Ajoutons qu’elles devront parfois se contenter, suivant l’expression du Gouverneur général Carde, d'une politique. d'apprivoisement, heureuses si elles parviennent à créer: un milieu favorable aux développements futurs, en neutralisant la méfiance des « Anciens » à l'égard de nos méthodes et en gagnant, avant tout, la confiance des indi-gènes.
Den: ENNEMIS AN UE