‹ Le travail obligatoire dans les Colonies africainesChapitre 27 sur 45 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

L’internationalisation

de la politique du travail obligatoire

Il n’y a plus guère aujourd'hui de problème qui n'ait un aspect international, tant les divers intérêts se compénètrent à mesure que progresse la circulation des eapitaux, des marchandises, des hommes et des idées. Mais, si les nations sont solidaires les unes des autres dans l’économie internationale, elles ne cessent pas toutefois d'avoir des intérêts distincts qu'il s’agit justement de concilier, d’harmoniser, de subordonner aux exigences supérieures de l’économie internationale sans sacrifier les intérêts d’une nation à ceux d’une autre et sans que la collaboration internationale se développe aux dépens de qui que ce soit. C’est dire que la politique internationale doit toujours être réaliste, exclure les aspirations sentimentales, dissimulant ou non les préoccupations d'intérêt particulier, ne pas tenter de faire violence à la nature, ni de supprimer du jour au lendemain les antagonismes d'intérêts qu'elle a pour mission de concilier (1). Entreprise difficile, comme en témoigne une fois de plus la récente tentative qui vient d'être faite pour organiser internationalement le travail obligatoire dans les colonies.

Par quel concours de circonstances la question du travail obligatoire fut-elle portée devant la Conférence Internationale du Travail de 1929 ? Comment les débats aboutirent à l'adoption d’une Convention sur le travail forcé ou obligatoire en 1930 ? Quelle est enfin la valeur de cette intervention du Bureau International du Travail, au regard des principes d’une saine politique coloniale internationale ? Telles sont les questions qu'il nous reste à examiner, dans cette troisième partie.

(1) L. Brocann : Principes d'économie nationale et internationale, T. I : pp. 463 et s. et T. III : pp. 103 et s.

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