DU TRAVAIL CORPOREL EXAGÉRÉ. M
peut se traduire par des accidents divers du côté du cœur et des vaisseaux.
L’effort musculaire ne se produit pas sans une exagération dans les fonctions d’une partie du système nerveux, qui peut lui-même subir soit de la dépression, soit d’autres modifications par suite de cette activité.
J’ai dit déjà, ce qu’au reste l’expérience nous a montré à tous, que, sous l’influence d’un exercice ou d’un travail actif et énergique, il se produisait dans l’économie vivante beaucoup de chaleur; cette production n’a pas lieu sans une notable dépense des aliments de calorification.
Ainsi, outre l’inconvénient de cette chaleur accablante, de ces sueurs exagérées qui suivent un exercice violent et soutenu, les réserves les plus faciles à détruire, sont épuisées dans un temps très court.
Si à cette fatigue excessive succède brusquement un état de repos trop grand, on est dans les conditions d’imminence de refroidissements non suivis de réaction, et des maladies qui en sont la conséquence. En effet, le corps, baigné de sueur, est-il soumis à un courant d’air, il se refroidit jusque dans la profondeur des organes. L’immobilité dans laquelle il est plongé, la dépense antérieure en un temps très court des matériaux de la calorification les mieux appropriés, tout s’oppose à une réaction suffisante,
et c’est dans àê telles conditions que nous voyons survenir la plupart des maladies inflammatoires, telles que rhumatisme articulaire aigu, pneumonies, bronchites, etc.
Pendant la prostration qui suit une fatigue excessive, les miasmes et les effluves des marais exercent plus facilement leur funeste influence.
Toutes ces raisons rendent très bien compte des maladies aiguës qui se développent si souvent dans un corps de troupes, chez les hommes, et même chez les chevaux, après des marches trop rapides et successives.
Il est une autre cause toute spéciale de maladie sur laquelle Je dois insister : chez les animaux surmenés jusqu’aux dernières limites, il survient, dans certaines conditions qui n’ont point encore été bien précisées, une altération profonde du sang, qui paraît une des causes qui favorisent le développement de certaines fièvres graves.
Les fatigues excessives réitérées, surtout lorsqu’elles sont accompagnées d’un froid continu, d’une alimentation insuffisante, sont également une des causes prédisposantes les plus puissantes de scorbut. Voici un fait entre mille qui le démontre nettement. Lorsqu’en 1759, le scorbut sévissait au Canada, les soldats de deux forts étaient dans les mêmes conditions pour l’alimentation, le logement, le coucher