DE LA GOUTTE
modifiées sous l’influence de la paresse corporelle. Le travail tient lieu pour le paysan de tous les soins de la peau, si indispensables au maintien de la santé ; mais ce sont surtout les excrétions du rein qui sont changées dans leur nature par le fait du défaut d’exercice. J’ai déjà indiqué ces modifications, mais je dois y revenir pour vous en faire mieux apprécier les dangers.
L’homme faisant bonne chère et plongé dans la mollesse produit beaucoup plus d’acide urique que le travailleur sobre. Cette production peut être la source de maux variés ayant pour origine la goutte ou la gravelle urique.
Les calculs urinaires ou les gravelles ayant pour principe dominant l’acide urique se rencontrent le plus habituellement chez les adultes, et surtout chez ceux qui mangent mieux qu’ils ne travaillent. La goutte a la même origine avec une prédisposition individuelle différente. Le sort d’un goutteux est véritablement à plaindre : il aime par-dessus tout les bons repas, et nous lui prescrivons la sobriété ; par nature il a horreur du mouvement, et nous lui ordonnons les exercices les plus variés, qui lui deviennent souvent impossibles, car au gonflement des petites articulations succède l’ankylose des grandes, qui le condamne à un repos doublement fatal, car il contribue à aggraver son mal, et il est accompa-
gné de cuisantes douleurs. Sydenham a insisté sur le merveilleux secours qu’on peut attendre de l’exercice pour combattre la goutte. En toute occasion je n’ai pas manqué d’être le partisan déclaré de ces saines doctrines nées de l’observation. G’est aussi la manière de voir de M. le docteur Gabier Boissière, qui a dernièrement publié une excellente monographie delà goutte (1).
Influence du défaut d’exercice sur le système musculaire. — Un des effets les plus constants de la paresse corporelle, c’est ramoindrisseraent du système musculaire, qui conduit à l’atrophie progressive prématurée des muscles de la volonté, avec une faiblesse qui s’accroît avec les années;
La voie la plus sûre pour arriver à une sénilité anticipée, c’est de ne point employer ses forces; c’est de perdre de bonne heure l’habitude de se servir régulièrement et convenablement de ses jambes et de ses brasi
Influence du défaut d’exercice sur la calorification. —^ Presque toujours les personnes qui se condamnent à l’immobilité se refroidissent avec facilité, et ne se réchauffent qu’artificiellement ou que par de difficiles effortsi
Ge refroidissement continu de la périphérie déter-
(1) De la goutte,, de sa nature, de ses causes', et de son traitemeiU préservatif-, palliatif et curatif i iSQO.