DU TRAVAIL DE LA FEMME
1“ rorganisation de la femme est plus frêle que celle de l’homme, cela est évident ; “2“ l’observation des phénomènes intimes de la vie de nutrition nous conduit à la même conclusion. En effet, on sait qu’aux différentes époques de la vie, la femme exhale en vingt-quatre heures une quantité d’acide carbonique moindre que l’homme, et de plus, ce qui est très remarquable, le chiffre de la production de l’acide carbonique s’abaisse au moment de la première menstruation, pour se relever à l’époque de la ménopause.
En appliquant cette donnée à l’hygiène du travail corporel, il en résulte qu’à l’âge critique, la femme, loin de ralentir son activité, doit au contraire se soumettre à un exercice plus énergique : c’est le moyen le plus efficace d’éviter les dérangements de santé qui accompagnent cette époque.
Les phénomènes et les soins de la gestation et de la lactation ont une influence sur l’énergie de l’exercice, et expliquent encore l’infériorité nécessaire du travail corporel de la femme. Quoi qu’il en soit, il est encore beaucoup plus abaissé qu’il ne devrait l’être; cela tient à plusieurs causes, parmi lesquelles je citerai : l’excès des travaux de broderie et de couture pour beaucoup de pauvres ouvrières, et chez les classes aisées, des soins de toilette excessifs et une indolence acquise par une mauvaise éducation hygiénique.
On explique très bien ainsi la fréquence plus grande de la phthisie pulmonaire chez la femme que chez l’homme.
Cette loi de fréquence change dans les pays où la nature des travaux est changée.
Ainsi, dans certaines contrées où les hommes se destinent exclusivement à des fabrications qui, comme l’horlogerie fine, exigent peu de déploiement de forces et où les femmes se livrent aux travaux du ménage et des champs, le nombre des hommes tuberculeux est plus considérable que celui des femmes.
Cette observation démontre nettement que le travail corporel de la femme est inférieur à ce qu’il devrait être.
Les travaux des manufactures et des ateliers con^ viennent-ils à la femme? Voilà une question grave et controversée, qui certainement, dans certaines conditions spéciales, peut et doit être résolue différemment. Si je n’envisage que son côté le plus large, je dirai, d’accord en cela avec M. Michelet (XXI) et M. Jules Simon, que le labeur de la manufacture et de l’atelier ne convient point à la femme. Ce qui lui faut à elle, ce sont les travaux variés de l’intérieur de la famille, qui peuvent dans bien des conditions suffire à son activité.
S’il lui reste et du temps et des forces à employer, qu’elle les consacre à aider, si cela se peut, le chef