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SUR LA GOUTTE ET LA POLYSARCIE

Extrait du Mémoire sur r entraînement du pugiliste (1).

La goutte a une étiologie si nette, qu’elle est admise par tout le monde, excepté par les goutteux. On n’ose pas s’avouer à soi-même qu’on est enclin à la bonne chère un peu plus que de raison, et qu’avec cela la paresse a pris sur vous tant

(1) Supplément à l’Annuaire de 1861.

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d’empire, que peu à peu, par l’habitude, on s’est fait une hygiène qui se résume ainsi : dépense insuffisante, réparation trop grande.

La prophylaxie de la goutte est aussi limpide que son étiologie. Mais obtenir la réforme nécessaire dans l’hygiène du goutteux, c’est l'a qu’est le nœud gordien. Quand le mal est invétéré, l’application du remède devient très difficile. Un homme qui a perdu l’habitude de tout travail corporel, vous ne pouvez lui prescrire immédiatement un exercice énergique. Il faut y aller avec mesure : de la patience, de la persévérance, sont deux choses nécessaires, mais difficiles à obtenir ; puis, malgré ses réserves alimentaires, le goutteux a perdu l’habitude de réagir facilement; on doit éviter pardessus tout de l’exposer à des refroidissements sans réaction, tant que le fond de sa santé n’est pas profondément modifié : i's sont aussi dangereux pour lui que pour le rhumatisant le plus appauvri.

Boerhaave fait choix pour les goutteux valides des exercices les plus énergiques, et il exige qu’on les continue avec persévérance; il insiste aussi sur l’utilité des frictions.

Pour Sydenham, la base du traitement de la goutte c’est l’exercice. Avec cette haute raison qui caractérise cet éminent observateur, il préfère dans cette maladie les moyens hygiéniques aux drogues les plus vantées.

J’ai eu à diriger là santé de plusieurs goutteux (voyez Annuaire, 1831), et je suis aujourd’hui convaincu que lorsqu’ils sont encore valides, rien n’est meilleur pour eux que les pratiques de l’entraînement bien dirigées, avec la modification de leur permettre assez d’eau pour que la quantité

d’urine évacuée en vingt-quali'e heures ne soit pas moindre

d’un litre et quart.

Obésité (polysarcie). — Les Grecs et les Romains regardaient l’obésité comme une infirmité fâcheuse ; aussi n’ont-ils pas négligé de lui donner une place dans leurs recueils nosographiques. « Galien recommandait aux obèses la lutte et l’oplomachie comme les exercices les plus violents elles plus capables de ramener ces corps surchargés à un état modéré^ justum tenorem, tout en leur en conservant un beau développement musculaire, at? carnem suscipienduth reddi... ut corporis firmitatem, et pour rendre à la respiration tonte son étendue, longam respirationem gignat » {De tuend. volet., chap. X). Gælius prétendait, à l’aide de purgatifs et des mêmes exercices, réprimer en peu de temps l’envahissement du tissu adipeux.

Paul d’Égine recommandait un exercice plus agréable, mais presque aussi fatigant, le ballon (lib. V, cap. ult.); mais Hippocrate va plus loin, il regarde comme avantageux à la polysarcie tout ce qui concerne la corycomachie et la cbironomie. Antyllus, qui paraît avoir fait une étude spéciale des Grecs, et qui se guide presque toujours sur eux, est du même avis. Mais Arétée fait ses réserves, et défend, avec raison, à tous les malades dont la respiration est peu facile, aux constitutions dont la poitrine est peu développée, pectore debili, à ceux dont le cœur paraît ne remplir que difficilement ses fonctions, de se livrer à des efforts qui pourraient amener une rupture des vaisseaux, ne ut in thoraci vasa rumpantur (Cabiu Saint-.Marcel).

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