CHATEAUBRIAND
M1 l’on veut se rendre compte du néant des choses humaines, et reporer sa pensée vers les hommes qui ont disparu, il faut relire cette belle page de Chateaubriand :
“ Rappelez vous un moment les vieux monastères ou les cathédrales belles qu’elles étaient autrefois ; parcourez ces ailes du chœur, ces chaelles, ces -nefs, ces cloîtres pavés par la mort, ces sanctuaires remplis e sépulcres.
“Dans ce labyrinthe de tombeaux, quels sont ceux qui frappent vantage ? Sont-ce ces monuments modernes, chargés de fleurs alléoriques, qui écrasent de leurs marbres glacés des cendres moins glaëes qu’elles, vains simulacres qui semblent partager la double léthare du cercueil où ils sont assis et des cœurs mondains qui les ont fait ver? À peine y jetez-vous un coup d'œil; mais vous vous arrêtez èvant ce tombeau poudreux sur lequel est couchée la figure gothique e quelque evêque, revêtu de ses habits pontificaux, les mains jointes, lève fcrmés ; vous vous arrêtez devant ce monument où un abbé, ulevé sur le coude, et la tête appuyée sur la main, semble rêver à la ort. Le sommeil du prélat et l'attitude du prêtre ont quelque chose de ÿstérieux : le premier paraît profondément occupé de ce qu'il voit dans
cette non ment d'u it dû s
ques.
cherchel grandiost puissanf S qui ÿ astructiol es de li ommenti e l’enfal
ardeurs comme !
e belle ff!
rêves de la tombe ; le second, comme un homme en voyage, n’a pas.
PES LEE nr EME
2er on rm mm AS à É ie
Roland, des Grodefrod des sires de Coucy et de Joinville ?
“Sans doute ils étaient merveilleux, ces temps; mais ils sont passés. La religion avait averti les chevaliers de cette vanité des choses humaines, lorsque, à la suite d’une longue énumération de titres pompeux, elle avait ajouté: Priez pour lui, pauvre pécheur. C'est tout le néant. ”
Au sommet d'une montagne que dominent d’autres cimes escaladant les cieux, —il va un cimetière que n’ombrazent ni cyprès ni saules pleureurs, et où l’on chercherait vainement ces monuments fastueux que l’orgueil élève, que l’on visite par curiosité, mais auprès desquels personne ne vient prier, et dont aucune larme ne mouille jamais les marbres précieux.
Au centre de ce cimetière se dresse une croix de fer sur une colonne de pierre grise, étendard qui protège les morts comme les vivants, signe de sulut et de rédemption, qui console et qui promet, et dont le soleil, en suivant sa carrière, promène l’ombre grêle sur toutes les tombes.
Parmi ces tombes il en est une, qu’une croix de bois indique au visiteur, en attendant que des mains pieuses l’aient ornée plus dignement, car elle s’ouvrait il y a peu de jours, et laterre ne s'est point encore tassée sur le cercueil.
Là repose, dans la paix du Seigneur, un vieillard qui fut le ministre de Dieu, qui l’est encore, et qui le sera dans l'éternité.
Le curé d'Entre-Deux-Eaux, l'ami, le père spirituel de Félix, vient de mourir.
Il était de ces prêtres qui dédaignent le faste, et dont l'existence s'écoule en leur humble demeure, comme en un cloître austère. Il vivait de peu, donnait beaucoup, et sans qu'on le sût. Tous ceux qui le dénigraient venaient à lui quand ils avaient besoin, et c’étaient ceux: là li secourait de préférence.
Il conseillait sagement, avec prudence ; il savait rendre aimables les
‘plus dures leçons ; de tous côtés on accourait à lui, et plus d'in sentait peser encore dans sa poche l’aumône du curé, qu’il débl:térait déjl contre son bienfaiteur. |
Le rénérable prêtre n'avait point ces allures élégantes, ces manière étudiées, ce langage quintessencié, qui sont à là mode, aux grande villes. Il ne portait que des soutanes râpées mettait son manteau d travers, ignorait l'usage des boucles d'argent et du linge fin.D'un aboï
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oulait d'aucun compromis, il disait ce qu'il pensait, il pensait ce qu'il. disait, et, comme il pensait juste, il parlait net, sec et sans façon : il ne s'égarait pas dans les voies tortueuses, allant droit au but.
[Il n'avait pas l’étoffe d’un courtisan ou d'un complaisant. Il ne falait pas lui demander la moindre transaction sur les principes et sur es doctrines. À ses yeux, la loi était la loi, et il s'inclinait, obéissant à. autorité sans murmure, sans. commentaires. Ceux qui n'avaient pas le ourage de l’imiter le raillaient, et savaient inventer mille accommodements pour mettre en paix leur conscience.
Le curé allait droit son chemin, ne-s’inquiétant. guère de ses détraceurs, insensible à la louange et au blâme, parce qu’il faisait son devoir, e qui ne méritait pas la louange, disait-il ; parce qu'il tâchait de faire
He son mieux, ee je ne le soumettait pas au blâme. S'il bâtissait une
alle d'asile pour les petits enfants pauvres, que lui importait qu’on ’accusât d’avoir capté un héritage pour payer les maçons ? Il voulait jue les enfants eussent chaud en hiver, frais en été ; qu'ils fussent.à abri du mauvais exemple, et ne fissent pas les vagabonds par les chemins. De combien de privations paya-t-il la réalisation de son désir !
Ce n’était pas à ce prêtre, plein d'expérience et de bon sens, d’une cience profonde et d’un jugement sûr, qu'il fallait demander sa compliité en matière de supercheries. IL ne.savait pas contenir son indiynaion en présence du mensonge, des extravagances, de la superstition. Il e connaissait qu’une seule manière d’adorer Dieu, et c’est la seule w'un catholique doit connaître, disait-il avec l'Eglise. Il n’abaissait as la religion vers lui, il s'élevait vers elle. Il la voyait telle qu'elle st : divine, sublime, complète, et souvent 1l répétait ces paroles de otre Maître :
Gardez-vous des faux prophètes, ce sont des loups ravisseurs cachés sous al : eau des brebis.
Comme tous les hommes qui ont beaucoup travaillé, beaucoup lu, eaucoup médité, le curé d'Entre-Deux-Eaux était profondément versé ans plusieurs branches des connaissances humaines. Il savait infinihent et ne s’en parait pas. Simple sans naïveté, modeste sans vanité t c’est un accouplement de mots qui rend bien ma pensée), 1l aimait s bonnes causeries, ces amicales discussions où l’on effleure tous les jets, s'intéressant tour à tour aux découvertes de la science, aux prolèmes de la métaphysique, aux rapprochements historiques,aux ‘hoses ttéraires. Îl aimait ces tournois de l'esprit, où les vaincus mêmes sont ictorieux.
Quelle joie quand on le revoyait après une absence ou une «‘paraon! Avec quel transport d'amitié paternelle il vous pressait su: sa oitrine où battait un cœur si généreux! Et quel dévouement il prodiuait à ses amis, qui jamais n'étaient houteux de lui avouer une étresse !
Depuis longtemps il souifrait 'e l’une de ces maladies dont la «'ence e peut arrêter les ravages, et qui le consuma rapidement. Il mit o.dre toutes ses affaires, non pas qu'il possédât beaucoup, mais il laissait près lui des parents pauvres, que sa mort allait priver de tout appui
de — 66— | Il ent bientôt réglé ces tristes détails, et dès lors il ne pensa plus qu’à Dieu
C’est une chambre vaste, voûtée, mal éclairée par deux étroites fenétres creusées dans les murs énormes. Elle est nue, sans ornements qu'un vieux tableau enfumé, une Madeleine agenouillée dans sa Thébaïde. Sur des rayons de bois blanc s’entassent des livres, beaucoup dé livres, à la modeste reliure : in-folio gigantesques, où il semble que toute la science humaine soit amassée. À
Le lit occupe un angle : un pauvre!lit sans rideaux, sous ur grand crucifix, entouré d'images pieuses. Le malade git sur cette cou:he ; son visage émacié, déjà couvert des ombres de la mort, mait sout.ant encore, apparaît livide sur la taie blanche des oreillers. |
Les traits du veillard expriment une ineffable sérénité, la résignation pieuse, et la confiance du chrétien qui va paraître d'vant son juge. Ses cheveux argentés se déroulent en longues boucles. auréole de cette douce figure placide, qui va devenir immobile jusqu à l’éternelle résurrection.
Il y à là une table couverte d’un linge blanc, un crucifix, des cierges dont la flamme tremblante jette une clarté jaune, des branches de sapin et de houx, à l’odeur âcre, en guise de bouquets resplendissants. Un plat de faïence contient des pelotons de coton, un peu de mie de pain ; une aiguière pleine d’eau est préparée sur un meuble.
La servante est au chevet de son maître, attentive à ses paroles, à ses - regärds. Sur le carreau sont agenouillés lés paroissiens du bon curé, autant que la chambre en peut contenir ; et le corridor est plein : sur ghaque marche de l'escalier se pressent des femmes, et dans les salles basses cous ceux qui n’ont pu entrer là-haut. Cette foule est muette, recueillie. Pas un éclat de voix. Un mouvement de prières murmurées. Parfois un sanglot, étouffé aussitôt.
Elles sont toutes venues, les ouaïilles du pasteur, honorer de leurs prières l’agonie sainte du prêtre moribond. Et ceux-là mêmes qui, emportés par des passions impies, ont déchatné contre lui naguère la calomnie et l’imprécation, ils pleurent, ils admirent cette tranquilité du juste qui va paraître sans crainte comme sans orgueil présomptueux au tribunal qui ne fallait point. Ils le regardent, ils voient ses joues blémies, ses lèvres contractées, ses mains amaigries qui se crispent sur les draps comme pour se cramponner à la terre, mouvement machinal qui annonce la fin prochaine.
D'une voix faible il fait ses adieux à ces enfants qu’il a chéris. Qua rante années durant, il a guidé ses brebis dans les voies du Seigneur. Il a connu les aïeuis de ceux-ci, les grands pères ! Que Dieu soit en aide aux braves gens qui restent ! Que sa bénédiction soit sur eux et sur leurs demeures ! Que les petits grandissent, en gardant le souvenir des morts ! |
Il parle ainsi lentement, laissant tomber chaque parole avec un sou: pir. .[l veut que ce soit là son dernier prône, le plus auguste, le plus sacré, prive que nul n’en perdra la mémoire. Ils l’écoutent courbés sous une émotion inexprimable, ces rudes montagnards dont le cœur semble environné de la triple cuirasse du poète latin et qui le sentent battre, ce cœur, sourdement, dans leur robuste poitrine.
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:8 fené- Buvrent leurs rangs, pour faire une place à ce juste qui va pénétrer au s qu'un Bbienheureux séjour.
hébaïde. La cloche tinte, puis une petite clochette, qui retentit, sonore.
; livres, Le Viatique, suprême sacrifice où Dieu se donne une fois encore à sa oute la Bréature. En ce jour solennel, aucun des anciens amis du curé d’Entre-
. grand Whoments : le devoir les retient loin de lui. Il n'aura pas cette joie de he ; son Bhourir, entouré de ses frères dans le sacerdoce. ant en- à L'abbé Félix est seul. De petits enfants l’accompagnent, l’un avec la onnette, l’autre avec le gros falot, décoré de rubans, qui se balance au ignation Bout d'une hampe dorée. Les assistants se prosternent. Le ciboire est uge.. Ses Mux mains du jeune vicaire, sous l’écharpe de soie à longues franges. de cette Æ Deux paysans soutiennent entre leurs bras le vieux prêtre, qui voule résur- Brait se lever et s’agenouiller pour recevoir son Mattre, et que ses forces 1 rahissent. Il contemple, radieux, l’hostie sans tache, et les traits inons cierges és d’une joie pure, il fait sa dernière communion d'ici-bas. Spectacle de sapin imposant qui inspire une joie profonde et grave ! nts. Un Quelques instants plus tard, après avoir posé sur la table le ‘alice de pain ; ide, et dont les flancs ciselés brillent aux lueurs des cierges, Félix vêt, sur le surplis, l’étole violette. Il ouvre, d’une main tremblanie, les, à ses D buire d'argent où sont renfermées les saintes huiles. Il va adminison curé, Bher au mourant le sacrement de l’Extrême-Onction, institué pour nous in : sur Mnctifier, comme nous le savons par ces paroles de l’apôtre saint Jacles salles Mues : he muette, Æ ‘ Quelqu'un de vous est-il malade ? Qu'il appelle les prêtres de
Eglise et qu’lls prient pour lui, en l’oignant d'huile au nom du Seineur, et la prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le «oulaera, et, s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. ”
Tout d’abord Félix, ayant fléchi le genou, demanda à Dieu la grâce de acquitter dignement de ses augustes fonctions ; puis, se relevant, il Lt:
“ Paix à cette maison et à tous ceux qui l’habitent ! ”
Ayant ensuite aspergé d’eau bénite le malade et les assistants, il jouta : |
‘ Arrosez-moi, Seigneur, avec l’hysope et je serai purifié ; lavez-mot, je deviendrai plus blanc que la neige.
“ Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait le ciel et la rre.
* Que le Seigneur soit avec vous et avec votre esprit ! ”
l prit ensuite un peu de l’huile des infirmes avec son pouce et s'apochant du malade, il lui fit les onctions prescrites aux yeux et aux eilles, aux narines, à la bouche, aux mains et aux pieds, en pronon: nt les paroles du Rituel :
irmurées.
de leurs qui, emaguère la juilité du tueux au pues bléht sur les inal qui
ris. Qua- Seigneur.
h soit en ir eux et souvenir
un sou:
, le plus" Par cette onction sainte et par sa pieuse miséricorde, que Dieu vous A 4 , : - ul FO courbés BBrdonne tous les péchés que vous avez commis par la vue,—par l'ouie le cœur par l’odorat,—par la parole et le goût ! ”
Que Dieu pardonne au mourant tant de curiosités criminelles, de tures dangereuses, de recherches raffinées, de sensualités et de déré-
sentent
rrande et belle fête de l'hiver, la Toussaint : les habitants du paradis :
Deux-Eaux n’a pu quitter son poste, pour venir l’assister à ses derniers -
| lements, de libertés coupables et d'injustices ! Que l’onction en forme. de croix imprime sur ce corps qui sera bientôt cadavre, le signe de la victoire de Jésus-Christ sur les puissances de l’enfer, le gage de son
eal ponr t ette belle audits, per
amour pour les hommes! À cette heure suprême, il semble qu’on doit Mense vous € revoir, se déroulant devant soi tous les actes, toutes les. fautes de sa En ce jot vie, et qu’au moment de quitter la terre on comprenne enfin que.ce n'é- t1 Eglise tait point pour y chercher un vain bonheur, si chèrement acheté, qu'on Mharité. En y vivait. tels, nou:
Les onctions achevées, Félix se purifia les doigts avec de la mie de ous et non pain, se lava les mains. et fit jeter dans le feu l’eau et les boules de co- milieu d ton ayant servi à essuyer l'huile sainte. Que d’exe
Il prononça ensuite la belle prière : e!On ne:
‘ Nous vous en coujurons, ô Dieu notre Rédempteur, par la grâce de pur la foi,.
oines sacri
votre Saint-Esprit, prenez pitié du triste état de cet infirme ; guérissez foi ière, les cé
. ses plaies, effacez ses péchés et délivrez-le de toutes les douleurs du
. corps et de l'âme, donnez-lui dans votre miséricorde une santé pleine fs plus sub et entière, afin que, rendu à la vie de votre bonté, il puisse de nouveau Leur histo se livrer avec zèle aux œuvres de piété. ” ints, les sa
LE: présenta alors au mourant, qui allait s’affaiblissant peu à peu, unfpuve les sa cierge bénit le jour de la Chandeleur, pour Ini rappeler que bientôt il Esérables c] contemplerait dans le séjour de la gloire. Celui qui est venu dans le religieux, monde pour être la lumière des nations, et qui, dans le eïel, est lui- es saints même la lampe qui éclaire ce séjour de l’éternelle félicité. rute sous 1
La mort venait chercher ce chrétien, ce prêtre charitable qui n'avait is, la Peau
plus rien à faire désormais en ce triste monde, où il avait passé en fai-BBit être le s sant le bien. noble, ni s,
Félix donna au vieux curé le baiser de paix, le dernier ! Lomme à q . Et ses larmes coulèrent brûlantes sur ce visage qui portait déjà l’em- Mt-être un: preinte du repos bienheureux. L’agonie fut courte : quelques gémisse- 7, que vou ments, un sanglot, un faible soupir. ésar et Na
L’ême immortelle comparaissait devant son juge.
CERRRERERENN ENS EREE 6000000 000 0000. CRARERELERENTEEST 000000000000 000 ee:
TS conquêt pon Théba
Tous ceux qui étaient là pleuraient en murmurant la prière émuelus grands qui accompagne le défunt jusqu’au pied du trône de Dieu. Ces pauvresre, et qui gens défilèrent l’un après l’autre devant le lit mortuaire où gisait cette Qui, s’èc triste dépouille. Félix avait fermé les yeux au curé, et mis entre ses] /es plus vil,
doigts, jaunes et raidis, un petit crucifix de cuivre. les princes,
I] sortit à son tour, accablé de fatigue, pendant que deux vieillards. des anciens de la paroisse, rendaient au cadavre les funèbres soins et accompiissait la tâche pénible de l’ensevelir dans ses glorieux habits sacerdotaux : car le prêtre a Le droit d’être enterré dans les insignes de sa dignité, comme le soldat, dans son uniforme.
La Toussaint ne fût pas, cette année-là, une fête joyeuse au village d'Entre-Deux-Eaux ! Comment se réjouir, alors qu’on perdait un père teudrement aimé, que, demain, jour des Morts, on conduirait à la sé pulture !
C'est une fête bien touchante que l'Eglise célèbre le 1er novembre.
Elle glorifie tous les saints, les connus et les inconnus ; ceux qui oil leu: nom au Martyrologe; et ceux qui n'ont fait que passer, ayant Diei
élix, retiré remplacer lée des mo e les offices Dre, mais y Paradis, le Ze tribus d t, aux Vêp r la chape ent d'une :
le lugubr Quiem æter
Edo
en 5e -
eal pour témoins de leurs vertus ; et les ignorés auxquels s'applique
a forme !
ette belle parole de l'Evangile du Jour : Bienheureux, vous qui aurez été
de la
de son audits, persécutés, accablés de calomnies, à cause de mot : une grande récomon doit Mense vous est réservée duns le ciel. de sa M En ce jour de la Toussaint éclate cette vérité que l'Eglise militante
t l'Eglise triomphante, l'Eglise souffrante sont unies par la plus étroite harité. En voyant les saints, qui furent des hommes, vénérés sur les: tels, nous apprenons qu'ils ont passé par les mêmes épreuves que ous et nons nous rappelons que Jésus-Christ nous a réservé une place
milieu d’eux. $
Que d'exemples ils ont donnés à la postérité, ces héros du christianise ! On ne sait lesquels admirer le plus : les martys versant leur sang srâce de pur la foi, les docteurs consacrant leur vie à instruire les peuples, les “uérissez Moines sacrifiant leurs jours à la civilisation du monde, leurs nuits à la eurs du fière, les cénobites expiant les péchés d’autrui, les vierges pratiquant é pleines plus sublimes vertus.
nouveau M Leur histoire est celle de l'humanité ; chaque siècle a produit des ints, les saints qu'il fallait pour ce siècle, et le nôtre à les siens. On puve les saints partout, sur les marches du trône, et dans les plus
3,ce n'é- 6, qu'on
, mie de s de co-
peu, un La CES €
jentôt iliisérables chaumières ; sous l’uniforme du soldat comme sous le froc dans le religieux, sous la veste du paysan et sous le bourgeron de l'ouvrier. est lui- Les saints sont l’armée de Dieu, une armée qui couvre le globe, qui se
rute sous toutes les latitudes, et qui met sur le même rang le Chiis, la Peau Rouge, le Nègre et l’orgueilleux descendant de Sem, qui it être le seul civilisé. Pour être saint, il n’est besoin d’être ni riche, noble, ni savant, niillustre. La gloire ne donne pas la sainteté. homme à qui vous jetez dédaigneusement une pièce de monnaie est nt-être un saint, et aussi l'homme que vous méprisez, que vous déuiz, que vous poursuivez de votre haine ou de vos railleries.
ésar et Napoléon sont moins grands, avec toutes leurs splendeurs et rs conquêtes, que Maurice et Victor, et le plus petit soldat de cette ion Thébaine égorgée pour la croix. Dante et Shakespeare sont bus grands, avec tout leur génie, que ceux qui ne savent nilire ni ire, et qui furent des saints daus l'Eglise.
Qui, s’ècrie le Psalmiste, est semblable au Seigneur notre Dieu, qu les plus vils de la terre et fait sortir le pauvre de son fumier pour le placer les princes, les princes de son peuple ? ”
, n'avait en fai:
éjà l’emgémisse-
bre ému ss pauvres sait cette entre Ses
jieillards, s soins et ix habits
ignes de
élix, retiré dans sa chambrette, attendait que l'heure fût venue d'alremplacer auprès du cercueil les braves paroissiens qui faisaient la lée des morts depuis la tombée de la nuit. Il avait célébré avec trise les offices de la journée, chanté d’une voix, non plus éclatante et pre, mais voilée et morne, l’épitre où saint Jean décrit les merveilles Paradis, la cour de l’'Agneau, les douze mille élus de chacune des ze tribus d'Israël, et l'Evangile des Béatitudes..….. : t, aux Vépres, il avait quitté la chape blanche, raide de broderies, r lachape noire à galons d'argent, tandis que lies chantres psalmoent d'une voix retentissante comme la trompette du jugement derle lugubre :
equiem æternum dona eis, Domine !
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Maintenant il relisait cette page, que je veux transcrire, -de son car- : net de collège, petit livre où il retrouvait avec bonheur ses impressions d'enfance : 1 119 d ‘ Lorsque la foule des fidèles s'écoule, muette et recueillie, inondant la place, entre la cathédrale etla grosse tour, la nuit est venue. On se retire au logis. Les sonneurs de cloche vont de maison en Maison, quétant des provisions pour la veillée des morts, car l'airain vibrera toute la nuit, et d'heure en heure l'appel sombre et grave retentira : “ Eveillez-vous, gens qui dormez, priez pour les fidèles trépassés label “ Avec quelle anxiété on attend le premier coup de cloche ! Il semble qu'on voit les morts, couchés sous le marbre de leur tombe, et, prêts à soulever la pierre au premier signal. La ville se peuple de fantômes, car les âmes, cette nuit-là, disent les vieilles servantes, ont le droit de reve. nir voir ceux qu'elles ont aimé sur la terre, et les lieux où leur enve loppe mortelle a vécu. ; tr “# Ceux qui naissent dans lanuit dela Toussaint ont le privilège ° d'être en communication avec le monde surnaturel : ils voient ce qui reste invisible aux autres mortels. Ils entendent des voix mystérieuses. De | rire fatalités pèsent sur eux...
digieuse de la haute tour, dont les fenêtres bilobées, lumineuses, appa: xalssent comme l'œil d’un cyclope.
‘ Tout à coup un tintement aigu traverse l’espace... .. Quatre heur tements du fer contre le bronze : gémissements aigus, voix plaintives pleurs désespérés..…. Trois coups ! murmures, sourds’ sombres lamenta! tions... Deux coups ! le bronze mugit, bouräonne, gronde, vibre lon guement..…...La note finaie éclate, majestueuse, terrible... Puis le cloches sonnent à toute volée, mêlant en un chœur formidable leur voix argentines, sonores, mugissantes..……. De quart d’heure en quai d'heure ce lugubre concert recommence et dure ainsi toute la nuit.Poul douze heures ies morts sortent du néant où les ensevelit l’indifférenc des vivants.
“ Ayez pitié, Dieu de miséricorde, dit une belle pièce de l’ancien Mi sel de Cologne, ayez pitié de toutes ces âmes pour lesquelles on ne pri pas et qui n'ont dans leurs tortures aucune autre consolation, aucun autre espérance que d’avoir été faites à votre image et ressemblance Mais, en effet, Seigneur, ces âmes sont le noble ouvrage de os main Il y va de la gloire de votre nom. Jetez un regard sur ces malheureus créatures, délivrez-les de leurs intolérables supplices, et réunissez-le dans le ciel à la foule heureuse de vos saints. ” x*
Ce fut au lendemain du jour des morts que le brave curé d'Entri Deux-Eaux fut conduit à sa dernière demeure.
Ses funérailles furent les plus belles qu'un homme puisse désirer tous les pauvres d’alentour vinrent se joindre à tous les habitants de paroisse. Malgré la neige et la froidure, les montagnards quittèrel leurs chalets haut perchés. Les infirmes se firent porter par les gars, li
jon tablier,
ristesse, Fé
vêres, et Je
Azouillaient
enfants v Le cerc comme o1 jusqu'à d on y voya vêtu de |’ Quand monde & remplit le La cloc ches des p Dans no tête. Là-ba pieds dans glace, qui
pmeux et nc
Félix, br lait la cond honorer d't
Rogis d'où 1
soulevant :
amentable.
Dans l'étr Dénétrante, La servan
Alors, se