RETOUR AU PAYS
Allons : je veux revoir mes woniusues aimées, Mes vallons caressés des briser embaumée Mes pics illuminés des premiers feux du jour, Et mes bois, et mon Inc aux vagues ainoureuses, Et ma rivière errnnte, ei ses rives heureuses Et tout ce que j'aimais dans mon premier amour J'irai m’asseuir encore sur les hautes falnise, Aux flancsfde rochers nus, à l’ombre des mélèzes, D'où l’on voit À ses pieds les aigies tournoyer, Sous la charmille sombre où in brise murmure, Au bord de la fontaine où bouillonne une eau pur Au seuil de In maison qu’ombrage un vieux noyer Viens avec mni, mon père; mère,
Voilà le banc rustique où s’agsevysit tu.
Lorsque, par un beau soir, son cœur, tendre a
pieux, M'enseignait la prière et lu crainte des se D'ioi tu me montrais le chemi: des étoiles; De là, les flots dos mers sillonnée par les voiles; Là-bas est ce berceau de fleure qui m’ombrager J’ai planté ce poirier... Qu'ila grandi déjà! Tu me traças toi-même, à l’angle de l’enseint, Un coin où j’élevais la rose et ln jaeinthe.
(J.-P. VEYRAT, La Coupe de l'exil)
Lorsque l'abbé Félix arriva à l'entrée de la ville, il fut obligé de s’ar seoir sur un chasse roues, tant l'émotion le poignait de revoir ces lieu si familiers à sa mémoire et qu'il avait, un moment, désespéré de revo jamais. Il avait voulu revenir seul pour savourer, dans leur indicibl puissance, les joies infinies du retour, et, son cœur tressaillait d’allé gresse. à
Il foulait la terre natale, terre bénie entre toutes à laquelle d’invisi bles liens, que rien ne peut trancher attachent tous les hommes, tern mère que l’on aime, parce qu’on en est sorti, et qu’on y rentrera un jou pour y mêler sa cendre jusqu'à la fin des siècles.
Félix contemplait la vallée que tant de fois il avait admirée, dont i connaissait les moindres recoins, et qui lui paraissait, à cette heure plus belle encore qu'autrefois.
C'était Rochenoire, déchirée par de formidables entailles vêtue de si grandes forêts de sapins, ceinte de prairies veloutées, avec ses falaisa de calcaire jaune, et son torrent gris, qui les ronge.
En face, l'énorme montagne de Baune, dont les aiguilles jumella
s’élancent dans le ciel, rougies par les feux du couchant, au dessus d’un couronne géante de roches nuancées des plus délicates couleurs.
Puis au delà, les contreforts des Alpes, aux lourdes assises enchevl
trées, aux croupes bleuâtres, aux cimes diaprées de neige, se profilai
sur l’azur en lignes harmonieuses, et l'horizon est fermé par une tachll
blanche qui scintille, le sommet d’un mont que revêt la froidure éte
nelle.
Entre ces hauteurs, aux verdures sombres et gaies, la vallée s'étend
fertile. De longues files de peupliers luisants se balancent à la brise. di vieux noyers, aux frondairons touffus, se groupent aux bords des chi
mins ; ce ne sont que champs et prairies, ceints de haies d’anbépine, { viorne, de fusain ; des vignes rammpantes, enlaçant leurs pampres 1! péchers.
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Ce riant paysage est parsemé de maiïisonnettes, de hameaux caché sous les ‘arbres. (Cà et là des clochers aux flèches aiguës Sat je voûte de feuillage et brillent au soleil ; des chalets pa ann | PAAÉE En ‘haumes moussus, 8 accrochent aux flancs des rochers : des tonnelles de clématite et de chèvrefeuille garnissent les angles des jardins. .
C’est une symphonie parfaite de toute la gamme du vert.
dat «.e . xx
Félix riait en lui-même et remerciait Dieu de lui avoir donné ui: patrie si belle. [1 se complut lonntemps à regarder la pourpre et l'o we : soleil couchant se jouer sur les montagnes, strier d’étincelles le ob rose, broder d’arabesques capricieuses les pentes d’un vert tendr sex. sur les forêts, comme une écharpe, un arc-en-ciel de lumière Fe
De ] autre côté, le site prend un autre aspect. Le val s'arrondit touré d’un cirque d’alpes, montant en gradins, d'assises en assise “La messe imposante du Sapey, crénelé de sapins, avec ses rat i Fr roches brunes, ses ravines profondes, ses broussailles rousses d Se des crêtes déchiquetées, où le bleu de l’ardoise et le vert lan u do serpentine se rayent des écailles luisantes du mica UE
Une croix blanche, colossale, étend ses bras au dessus de la grott us de pas Thècle ; et plus bas, sous un superbe tilleul as
e , à à. * Kk TA SAR . À % 5 pete e Notre-Dame de Bonne-Nouvelle protège les vignobles de Prin-
La ville s'étend au pied du Sapey, hérissée de tours et de cloch Ici la tour de Marins, aux fenêtres bilobées, qui sert de cloche: à la vieille cathédrale ; plus loin, le donjon de Larive, accosté d'une éba EE . la tour Bossue, où l’on battait monnaie au temps jadis : ln Éd ur . ne en haut, sous le cimetière, les couvents, constructions Cette vieille ville a son histoire. Elle eut un évêque dès le quatrième siècle. La vierge Thècle y apporta la main de saint TeonsPani ie j'elle conserve précieusement dans un merveilleux reliqueire de marbre, et dont elle a fait son emblème, car ces armes sont : d'azur à la main d carnatlon bénissant, emmanchée d'a rgent. |
Ce fut le roi Gunthramm qui bâtit sa cathédrale, encore debout : Les trois premiers ancêtres y sont ensevelis de ce roi qui, plus heupu que les rois barbares, a pu prendre Rome, et la garder ; plus ha- )1 re les Césars d Allemagne. a pu vaincre la papauté..
” ne “oi tenus! Dieu attend ! le premier de ces vaillants Re 2er, SEAL un chex alier sans peur et sans reproche, qui resta pur out injustice, et fut surnommé le comte aux blanches mains. Il est là couché sur un cénotaphe, que ses descendants ont vendu. | pe dans cette église que Henri de Luxembourg fut élu empereur eneEne François ler de France y revêtit l'habit de chanoine :; PA Y Hagt-six évêques, dont sept portérent la pourpre cardinalice, LL ANT De toutes ces grandeurs, il ne reste que Île souvenir. FR se “ ; : ue pe tout rêveur, la spirale de fumée légère qui ne Lie oits d'ardoise. On ne ] attendait point an logis pateréprouvait une impression délicieus?*, la pensée du bonheur qu'il
Happortait aux siens.
Juaud il se fut reposé, il reprit sa marche, sous l'allée de platanes qui
be see
84 — 1l les en longe la grande route. 11 la connaissait bien, allez ! Que de fois il etait saluer le p venu, adolescent, timide et craintif, y chercher ces douces rêveries C’est no qu'embaument les parfums du printemps de la vie ! On l’a mis Que de fois, assis sur un de ces bancs grossiers, il avait lu ces poèmes Ces pro] délicats et tendres qu'on n'aime qu’à vingt ans, ct pleuré avec ces pau. mençait à vres et chers poètes dont le cœur saigne pour une piqûre d’épine, se. grossissait meurs d'illusions vaines ! en toura |’ Que de fois il avait parcouru ce chemin ombreux, ouvrant son âme à l'amitié pure, expansif et joyeux, dans l’extase de la tendresse, et ne Lorsque doutant point qu’il se préparait les amers désenchantements des senti. rayons du ments incompris ou méconnus ! : mes aux y Il saluait d’un sourire ces arbres à l'écorce fendillée, aux feuilles sè D de laquell ches, aux fruits hérissés de piquants ; il reconnaissait jusqu’à leurs DS ayant au « blessures ; et, cà et là, son regard se voilait, en distinguant, tracés par sance env: HAEHIRT plus noble kY y C'était 1:
Des gens revenaient à la ville après les travaux du jour : des pâtres M cloches se ) armés de gaules, poussant devant eux les vaches rousses tâchetées de et la gross blanc, et les brebis qu’escortaient en gambadant les gentils petits agne. RE Un eût dit lets noirs ; des fillettes, lasses de la cueillette du muguet dans les prés vait ! Lem de Rochenoire ; des montagnards, courbés sous Jes faisceaux de bran-lB en fusées 1 chages, ou trainant de grosses bottelées d’un foin odorant. hymne d’a Les paysans marchaïent d’un pas monotone et régulier, la besace sur Les pige l'épaule ; et les faucheurs, en manches de chemise, allaient pesammentl éperdues, penchés vers la terre qu'ils avaient dépouillée de sa toison. niches du Bergers et bergerettes chantaient des complaintes popnlaires, et le Les enfa carillon des clochettes, pendues au cou des bêtes, accompagnait d’une calice parf musique étrange et sauvage leurs voix sonores D d'une cam À l'entrée de la ville les troupeaux s'arrêtaient pour boire au bowrneul sur les gen (1) de la fontaine des capucines, où l’eau claire tombait en grésillant Mstupéfaits —— ‘ applaudiss (1) Bassin. Une frat fraiche et limpide, au fond de la niche en rocaille, qu'ombrageait unMance opalin antique saule pleureur, aux branches vertes mollement secouées par kMlumineux, vent du soir. Aila nuit, ma L'abbé Félix continuait son chemin, appuyé sur son bâton, et salué L'odeur | par tous ces gens qui ne le reconnaissaient pas. Il redressait fièrement les senteurs sa taille robuste. Un sourire heureux illuminait ses traits, pâles encore des fatigues de la guerre. Il voyait beaucoup de femmes en deuil qu'il lampe. n'osait aborder : des montagnardes ayant le mouchoir bleu au lieu de l’éclatant fichu rouge, et la bande de mousseline empesée, en guise de Le menu: dentelle, autour du bonnet. j avait ruder Il aurait voulu parler de l'enfant perdu à ces mères hlêmes de dowBiprendre. Le leur, du frère ou du fiancé tué à l'ennemi à ces gentilles fillettes si tris les compag tes. Mais il n'osait, car il revenait, lui, et les autres étaient restés là bas de noyer pc I ne voulait pas qu'on enviât sa mère. les scies, le Devant l'hôpital, deux compagnons charpentiers devisaient, en cottelidemain, et bleues, la hache sur l'épaule, et l’un d'eux bourrait sa pipe de tabac. Ik Au fond « poussèrent un cri de joie, en voyant Félix ! ; s'ébattaient, --Mon oncle ! mon cousin !
18 il etait rêverles 8 poèmes
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11 les embrassa. Quelques artisans; groupés devant l’auberge, vinrent saluer le prêtre ; un peu plus loin d’autres se joignirent à l’escorte.
C'est notre abbé Félix ! se disait-on. Il a fait vaillamment son devoir, On l’a mis à l’ordre du jour de l’armée. Il va être décoré...
Ces propos volaient de bouche en bouche, et le petit aumônier commençait à être embarrassé des éloges qu'on lui décernait, La rumeur grossissait. La foule s’assemblait, Bientôt ce fnt un véritable cortège qui en toura l'enfant du pays revenant au pays.
Lorsque le vieux clocher, tout jaune, à la cime dorée par les derniers rayons du soleil, apparut énorme au détour de la rue, Félix eut des larmes aux yeux, et il regarda avec amour cette masse de pierres à l'ombre de laquelle il était né. En passant devnnt le temple, il ôta son chapeau, ayant au cœur, avec la joie du retour, l'émotion sainte de la reconnaissance envers Dieu. Que cette pauvre église lui parut plus grandiose et plus noble que les métropoles où il avait prié !
C'était la veille d’une fête solennelle. Et comme la nuit tombait, les cloches se mirent à sonner à toute volée : la sonore, l’argentine, la vibrante et la grosse, dont le mugissement d’airain fait osciller la tour sur sa base. Un eût dit que leurs puissantes voix de bronze acclamaïent celuiqui arrivait ! Leurs tintements éveillaient mille échos, retentissaient,se mêlaient en fusées rapides, se prolongeaient en vibrations sans fin, chantant un hymne d’allégresse.
Les pigeons de l’évêché,blancs et gris,les tourterelles blondes volaient, éperdues, effarées, puis revenaient se ranger en longues files sur les corniches du palais.
Les enfants, émerveillés, contemplaient les bonds des cloches, au calice parfois renversé et laissant voir, comme le pistil dans la corolle d’une campanule, le battant épanoui en massue. Les petits grimpaient sur les genoux de la mère,et le père prenait dans ses bras les plus petits, stupéfaits de cette harmonie formidable que leurs mains mignonnes applaudissaient.
Une fratcheur délicieuse succédait à la chaleur de la journée : la nuance opaline du ciel se fonçait, et le croissant phébéen apparaissait, lumineux, pareil à une fleur d'argent sur le bleu. Ce n'était pas encore
Ai la nuit, mais la claire lumière indécise du crépuscule de juin. et saluelss
L'odeur balsamique de foin fraichement coupé, le parfum des fleurs, les senteurs pénétrantes de la campagne, embaumaient l'air pur et vif. Cà et là, derrière des fenêtres demi-closes, s’allumaient des clartés de lampe.
Le menuisier Jean-Pierre, aidé de ses garçons, fermait sa boutique. Il avait rudement peiné tout le jour et se réjouissait du repos qu'il allait prendre. Les apprentis balayaient dans un coin les copeaux ou huscailles; les compagnons rangeaient les planches de sapin rugueuses, et les billes de noyer poli aux veines bizarres. On rangeait les rabots, les marteaux, es scies, les vilebrequins ; on préparait sur les établis l'ouvrage du lemdemain, et tout ce monde, las, maïs satisfait, devisait avec eujouement.
Au fond de la cour, où les poules picoraient en gloussant,où les chats 'ébattaient, tandis que le bon chien Brio, allongé sur le sable, impene
Î he Ms | (ER AK Ua #4 + " L 1 Î 2!
Deer RE trable et muet comme un sphinx d'Hermopolis, écoutait les bruits de la rue, au fond de la cour, on voyait maman Rosalie, la menagère, surveillant les apprêts du souper, au milieu de la tribu nombreuse de ses brus, des petites filles et des garçonnets.
La marmite, pendue à la crémaillère, chantait sur un feu pétillant. La poêle grésillait sur les braises. Au milieu de la vaste cuisine, une blondine accorte dressait le couvert sur le pétrin : les faiences coloriées, les gobelets de verre, les brocs d’étain reluisaient sur la nappe liesse.
L'atué des garçons entourés de ses petits frères, leur contait une histoire de fée, qu'ils écoutaient la bouche béante et ies yeux ravis. Une des brus tournait prestement le fuseau entre ses mains agiles ; l’autre berçait un poupon endormi dans son berceau. Ce tableau d’une si noble simplicité, avait un charme profond et ceux qui passaient devant cette demeure, asile du travail et de la piété, saluaient la paix qui y régnait, parce que sourire aux heureux porte bonheur.
Au moment où la foule s'arrêta devant la porte de Jean-Pierre, le vieillard en franchissait le seuil, étonné de ce mouvement inusité dans une rue si tranquille. Il fut le premier à reconnaître Félix, et lui ouvrit ses bras, en poussant un anpel :
nn ! Viens femme ! Voici notre abbé que le bon Dieu nous rend !
Mais l'abbé Félix, ayant donné mainte accolade au vieux père, qui balbutiait en l’embrassant, accourut à la rencontre de la mère, et le baï ser qu'ils échangèrent eux deux,fut le plus doux qu'ils se fussent jamais partagé ; car on avait cru l'enfant tué ou prisonnier aux lointaines con: trées du Nord, et s’il revenait, ce n’était pas pour s'être menagé devant l'ennemi ! Et depuis si longtemps on l’attendait. Quelle joie ! El y eut des larmes répandues, mais de celles qui valent bien plus que leur poids d'or.
Les voisins, les amis eussent voulu être de la fête, mais il y avait déji deux bonnes douzaines d'écuelles sur la nappe de la huche, et mème ei se serrant, on n’eût pu accueillir d’autres convives.
La Rosalie, toute fière, emmena son fils : et Jean-Pierre ayant poli ment souhaité la bonne vesprée aux camarades, leur promettant di trinquer avec eux le lendemain, repoussa l’huis au nez des trop curieu qui s’en allèrent en disant :
— Le bonhomme a raison. Le meilleur verre de son vin est pour sol treizième, qui revient deloin, en tout honneur, et l'épaulette surl soutane !
.—Que la paix soit en cette maison et sur tous ceux qui l'habitent, dit Félix, lorsqu'il entra dans la cuisine,où son regard chercha aussitô à la place d'honneur, le crucifix encadré de buis bénit.
Lu viei mit de |’ groupe. C et les pet cle prêtre
Mamen de son ch cherchant:
essuyées.
—Te ve n'a pas vt corps, les jamais re ayons im] de partir, pas de pri
Ta asr autrefois, mèmes Sa nous ché mille... J’ le treizièn de braves Son, Sens !
notre port:
dans le pa heur, car
obéissant
Père, le F qu'à l'heu Ayant a men Rosa —C'est autour de Et l’abb
sanglots :
Aiors il dit, tant b il narra le avec le ré
On se nl pas man le reste de vigile.
Le] à
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illant. La ane blonriées, les se.
une hisis. Une : l'autre » si noble rant cette | régnait,
Pierre, le isité dans lui ouvrit
Jieu nous
na Rosalie, de ses fils, e clameur
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père, qui Let le baï ent jamais aines Con:
ré devant | Il y eut leur poids
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t pour Sol Lette sur li
: , ] habitent:
ha aussltol
EL obéissant et soumis !
Lu vieille Rosolie l'amena tout près d'elle, à sa droite, et le père se mit de l’autre côté, tandis que toute la famille réunie entourait ce groupe. Ce n’était que visages attendris, sourires francs,tendres regards, et les petits venaient, curieux, mais bien sages, tourner autour de l’oncle prêtre, admirant sa beauté austère et mâle.
Mamen Roselie ne put se tenir de parler. Elle avait les deux mains de son cher garçon dans ses mains ridées, et elle le couvrait des yeux, cherchant sur sa figure la trace des dangers bravés, des fatigues
—Te voilà donc enfia, dit-elle, mon abbé !...….. Mon abbé !... La mort n'a pas voulu de toi ; et la Charité s'est mise, pour te protéger,entre ton corps, les boulets et les balles. Dieu soit béni !... La sainte Vierge soit à jamais remerciée, et aussi nos bienheureux Patrons à tous, que nous ayons implorés pour toi chaque matin et chaque soir !...Tu as bien fait de partir, mon abbé, puisque les pauvres qui mouraient là-bas, n'avaient
mèmes Saints. Jene sais pas ce que nous avons fait à Dieu, mais = nous chérit par-dessus tous, et sa protection est visible sur notre famille... J'ai eu treize fils, et voici trente ans que j'ai mis au monde toi, le treizième... Tous mes fils sont vivants. Neuf d’entre eux ont épousé de braves femmes, que voici, et nous avons deux mignons dans la maison, sens compiler c'ux qui sont au collège. La mort n’a pas frappé à notre porte, si ce n’est poar prendre deux anges qui louent le Seigneur dans le paradis. Mais toi, mon abbé, tu est notre orgueuil et notre bonheur, car tu nous aimes, tu nous as aidé, tu as été toujours un bon fils, Aussi, je te bénis de toute mon âme, suppliant le Père, le Fils et le Saint-Esprit de te garder comme un bon prêtre jusqu'à l'heure où tu viendras nous rejoindre au cimetière. Ainsi soit-il.
Ayant achevé ce discours, que le jeune prêtre écouta en pleurant, maman Rosalie se leva, puis inclina la tête, en ajoutant :
—C'est à vous de nous bénir, tous ceux de votre sang qui se courbent autour de vous.
Et l'abbé, levant les maïns, prononça d’uns voix fervente, que des sanglots aliéreient, la formule sacrée.
LS
Alors il devint tout à tous. Il prit les petits sur ses genoux. Il répondit, tant bien que ma!, aux quest'ons qui lui vena'ent de toutes parts ; il narra les tristes épisodes de la campagne, il fit pâlir ses auditeurs avec le récit de l'exécution de Tôni Laurent.
On se mit à cable, et Félix déclara que depuis bien des mois il n'avait pas mangé d'aussi bonaes pommes de terre, d'aussi bon fromage... et le reste À l'avenant, car, en somme, le repas était maigre : une collation de vigile.
Boni “nou PUNCT 1 —
en Lada scene pomme em np me 2 és eo Prex En A PARA EE SE
E + Z bts 4 RE ES
Mais voilà qu'au dessert le concierge de la nés à rt arriva,
rtant une large lettre, cachetée de cire rouge, que l'abbé ouvrit pen-
ant qu'on offrait un verre de vin au messager. Le pli officiel renfermait un carré de parchemin, plus un écrin où, sur le velours violet, brillait une croix attachée à un ruban rouge.
—Décoré! s’écria Jean-Pierre, stupéfait.
Papa, on me donne ce morceau de ruban en échange du drapeau que j'ai conservé à la patrie. C'est juste! Mais il y en a tant qui le méritent autant que moi !
Le messager expliqua. un peu confus, que M. le sous-préit serait venu lui-même. Mais qu'il n'avait pas voulu retarder lu bonne nouvelle il n'avait pas osé non plus troubler par sa présence les épanchements du retour. Sur quoi il partit, après avoir promis de ne dire à personne la nouvelle, en foi de quoi il ne la conta, dans la soirée, qu’à une personne par maison. je
Quelques jours plus tard, l'abbé Félix fut nommé par son évêque, duquel il sollicita ce poste modeste, curé de la petite paroisse de Mont: bernard, sur un plateau des Alpes. Il partit aussitôt.
Montbernard était une commune divisée en quatre ou cinq villages, comptant ensemble huit ou neuf cents âmes. On y arrivait par un seul chemin, tracé en rampe sur la montagne, et bordé de châtaigniers superbes. Les maisons étaient des masures, couvertes de toits de chaume; le cabaret, seul, et l'éghise possédaient un toit d’ardoises. Il n’y avait là que de pauvres gens.
Le presbytère, une bâtisse à demi-ruinée, aux murailles fendues, aux charpentes grossières, cachait sa façade grisâtre sous une treille délabrée où grimpaient des plants de vigue déjà desséchés. On y campait, on n’y logeait point.
Lorsque l'abbé Félixy vint pour y préparer son installation, il y trouva la sœur du curé défunt, qui lui tint ce langage dépouillée d'artifice :
Monsieur le curé, vous n'avez pas de chance. Mon frère a usé ici les dix dernières «années, de sa vie. La paroisse est pauvre ; il n'y a pas de châtelain, mais beaucou» de mendiants. Les familles sont divisées. Les procès abondent. Une haïne féroce met en lutte l’ancien maire et le maire nouveau, qui ont chacun un parti. Les enfants sont mal élevés. L'église n’a que trois chasubles : une blanche une rouge, une noire, et je me suis brûlé les yeux à les repriser. Le maître d'école est un libéral, le garde champêtre lit les journaux... En un mot, comme on dit, c’est 1c1 le plus mauvais pays du diocèse, et il faut être en disgrâce pour y être envoyé.
Félix vit bien que la bonne dame avait le cœur aigri par le chagrin. I1 la consola, il la ramena à des sentiments plus charitables, et ne tardi pes à se convaincre que l’ennui, la solitude, et une certaine intempérance de langue dictaient ces appréciations exagérées. Aussi ne fut-il point effrayé.
Il visita l’église qu'iltrouva, en effet, bien dénuée. Mais plein de con-
fiance en Dieu, il se promit d’améliorer toutes choses, et remercia
Providence de l'envoyer dans un pays où il y avait tant de bien à faire.
ches vêtues
ombre, les
Droussailles
Vous ave Ecosse, de « our déman au côté, vor
Sur les t Walter Scot hérissés de
les marais * le boiteux d dinning, ou rues dans de feuillage étrange poé
Nos Alpe osse ; elles
Le val de assif alpes À gauche en couvrent u la roche aire jaunât À droite, omme les Dosées au 80 berchés régu bu tonnelles Plus haut hales vives
daut la roc
> arriva, vrit pen- ] renferolet, bril-
drapeau i le méri-
lat serait nouvelle cherments personne une per-
que, dude Mont-
villages, r un seul niers suchaume ; y avait là
dues, aux ille délacampait,
tion, il y llée d’ar-
isé ici les a pas de isées. Les aire et le 1 élevés.
noire, et t un libé- 1e on dit, râce pour
chagrin.
ne tarda mpérance t-il point
n de con:
mercia la on à faire.