‹ Le treizième fils de Jean-PierreChapitre 27 sur 38 · A ES · texte numérisé non relu

A ES

et.c'était avec un profond pressentiment qu'enfin il allait voir son homme |

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— 182 — is dé

qu'il se retira dans l’enfoncement de l'entrée de la cour. qu Les pas s’approchaient rapidement, devenant Subitement plus dis- Pr tincts au moment où l’homme tournait le coin de la rue. L'avocat, re- à

ardant de son poste d'observation, put voir à quelle sorte de personne qu il avait affaire. C'était un homune petit et habillé uniment ; et même à |

cette distance M. Utterson éprouvait en le voyant un sentiment de ma- vai aise. abl . L'homme se dirigea droit vers la porte mystérieuse ; et s’en appro- rait chant, il sortit une clef de sa poche comme celui qui arrive chez lui. bas M. Utterson s’avança et touchant l'étranger sur l'épaule, il lui dit: ff con

“ M. Hyde, je crois ? ” l’hc M. Hyde recul et fit entendre une espèce de cri aigu, mais sa frayeur À que fut de courte durée ; et bien qu'il ne regardât pas l'avocat en face, 1l ré À que pondit fort tranquillement : “ C’est mon nom. Qu'est-ce que vous me D hon voulez ? ” ce Li “ Je vois que vous allez entrer,” fit l'avocat. ‘je suis un vieil ami du C'es Dr Jekyil.—M. Utterson de la rue Gaunt-—vous avez dû entendre men- RE Swa tionner mon nom; et vous rencontrant si à propos je pensais que peul-Æ votr être vous me feriez entrer. ” Su “ Vous ne trouverez pas le Dr Jekyll chez lui; il est absent,” réon- Æ mais dit M. Hyde, soufflant dans sa clef. Puis subitement, mais sans regarder par & son interlocuteur : ‘ Comment m'avez-vous connu ? ” demanda-t-il. mais “ De votre côté, dit M. Utterson, me ferez-vous une faveur ? ” la po

‘“ Avec plaisir,” répliqua l’autre. plong

“ Qu'’es -ce ? ” Un d

‘ Voulez-vous me laisser voir votre visage ?” demanda l'avocat. | M. Hyde parut hésiter, puis, comme si soudain une pensée lui était is venue à l'esprit, ilse tourna du côté de M. Utterson avec un air de défi passe Les deux hommes se regardèrent fixement pendant quelques. instants pierr. “ Maintenant je vous reconnaîtrez, ” dit M. Utterson. “Cela sera peut brilla être utile. ” dem:

* Oui ” répliqua M. Hyde.“ Il est bon que: nous nous soyons renvoi ‘ trés ; et j'y pense, 11 vous faut mon adresse.” Puis 1l lui donna soi adresse, rue Soho.

“ Grand Dieu, ” pensa M. Utterson, est-ce que lui aussi pense au te tament ! Mais il ne dit rien, se contentant d'une espèce de grognement “ Et maintenant, dit M. Hyde, comment m'avez-vous connu ? ”

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“ On m'a décrit votre personne, ” répliqua M. Utterson. pour ‘ Qui ? ” mena Il av

“ Nous avons des amis communs, ” dit M. Utterson.

“ Des amis communs !” répéta M. Hyde d'une voix étranglée. ‘“ Qi sont-ils ?”

‘ Jekyll, par exemple, ” fit l'avocat.

“ Jekyll ne vous a rien dit,” s'écra M. Hyde, son visage rouge 4 colère. ” Je n'aurais pas cru que vous auriez monti.”

“ Allons, dit M. Utterson, ce n’est pas là un langage convenable.”

L'autre fit entendre un éclat de rire féroce; et l'instant d'après, a une prestesse extraordinaire, 1] avait ouvert la porte et s'était glissé di la maison.

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M. Utterson resta cloué sur place pendant quelques instants après

que M. Hyde l’eut ainsi quitté, l'inquiétude empreinte sur son visage, Puis il s’éloigna lentement, s’arrêtant à tous les pas et portant sa main à son front comme un homme grandement préoccupé. Le problème qu’il cherchait à résoudre était difficile. ds

M. Hyde était pâle et petit; il paraissait difforme, mais on ne pou:

vait dire en quoi consistait sa difformité ; il avait un sourire désagréable ; 1l s'était comporté vis-à-vis de l'avocat d’une manière qui respirait à la fois la crainte et l’effre 1terie ; il parlait d’une voix rauque, basse et quelque peu cassée. Ta tes ces choses étaient certainement contre lui, mais elles ne pouvaient pas expliquer l’indicible dégoût, l'horreur et La crainte que M. Utterson avait conçue pour lui. “Ilya quelque chose de plus chez lui, ” se disait l'avocat intrigué. “ Il y a quelque chose de plus, mais je ne saurais dire quoi. Mon Dieu, cet homme là me paraît à peine humain. On dirait un troglodyte. Ou estce le rayonnement d’une âme souillée qui transforme ainsi le corps ? C'est cela, je crois; car, mon pauvre Henry Jekyll, si jamais le mot Satan a été écrit sur le visage d’un homme, il l’est sur le visage de votre nouvel ami.”

Sur ia rue principale, près du coin, se trouvait un pâté d'anciennes maisons déchues, pour la plupart, de leur antique splendeur et louées par appartements et par chambres à toute sorte de monde. Une de ces maisons, toutefois, la deuxième du coin, était entièrement occupée; et à la porte de cette maison, qui respirait l’aisance et le confort, bien que plongée actuellement dans les ténèbres, M. Utterson s'arrêta et frappa. Un domestique assez âgé et bien habillé lui ouvrit.

“ Le Dr Jekyli est-il chez lui, Poole ? ” demanda l'avocat.

“Je vais y voir, M. Utterson,” dit Poole, faisant, en même temps passer le visiteur dans un grand passage, bas, confortable, pavé en pierre, chauffé, comme les maisons de campagne, par un âtre spacieux où brillait un bon feu. “Voulez-vous attendre ici au coin du feu, monsieur” demanda le domestique, “ ou dois-je vous conduire à la salle à manger ?”

“ J'attendrai ici, ” fit l'avocat, et s’approchant du feu, il s’appuya contre la cheminée. Cette pièce dans laquelle il se trouvait maintenant seul était la pièce favorite du Docteur ; et Utterson avait coutume d'en parler lui-même comme de la retraite la plus agréable qu'il y eût dans toute la ville de Londres. Mais ce soir, il avait le sang glacé; le visage de Hyde le poursuivait ; et chose rare chez lui, il éprouvait du dégoût pour la ie, Obsorbé par ses sombres pensées, il lui semblait voir une menace dans la lueur du fen et dans le jeu des ombres sur le plafond. Il avait honte de voir qu'il éprouvait du soulagement en voyant Poole revenir. Le domestique annonça que le Dr Jekyll était sorti.

“ Je viens de voir M. Hyde: entrer par la porte de la vieille sulle de dissection ; ” dit M. Utterson. ‘ Est-ce permis quand le Dr Jekyll est sorti ? ”

“ Ah oui, M. Utterson, ” fit le domestique, ‘* M. Hyde, a une clef.”

“ Votre maître parait reposer beaucoup de confiance dans ce jeune homme, ” dit l'avocat.

Oui, monsieur, beaucoup, ” repondit Poole. ‘“ Nous avons tous reçu l’ordre de lui obéri.”

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…. “ Je ne crois pas avoir jamais rencontré M. Hyde ici,” dit M. Utterson. “Mon Dieu ! non,” fit le domestique. ‘ Il ne dine jamais ici. Le fait est que nous le voyons rarement de ce côté ci de la maison, il va et vient ordinairement par la porte du laboratoire; ”

‘ Eh bien ! bonne nuit, Poole. ” Quir ‘“ Bonne nuit, M, Utterson. ” donna Et l'avocat prit le chemin de sa demeure, le cœur accablé. ‘ Pauvre amis ; Henry Jekyll se dit-il, vous voilà dans une mauvaise affaire, j'en ai bien de mar peur. Dans sa jeunesse il était dissipé,—mais les lois de Dieu n’admèt. et la m tent pas la prescription. Oui, c'est bien cela ! Le fantôme de quelque Utters vieux péché, la gangrène de quelque honte cachée : c’est le châtiment cet ho qui arrive, pede claudo, longtemps après que la mémoire ne se souvient loquac plus de la faute commise où que l'amour propre l’a pardonnée. ” servan Et l’avocat, effrayé par cette pensée, revint sur son passé cherchant pour À dans tous les coins et Les recoins de sa mémoire, de crainte que le spectre Le de quelque vieille iniquité ne s’y tint caché. Sa vie avait été passable- quante ment juste; peu d'hommes pouvaient revenir sur leur passé avec moins de diss d'appréhension. Et, cependant, il fat humilié jusqu’à terre par le sou- la bont venir du mal qu'il avait fait; puis rempli de reconnaissance et de ‘ De crainte en songeant au mal qu'il avait été sur le point de faire et n'a- Utters. » vait pas fait. Et alors, revenant à sa première préoccupation. Il sentit Un naître en lui un rayon d'espérance. ‘“ Mattre Hyde pensa-t-il, doit avoir, agréab … Jui aussi, des secrets qu'on pourra découvrir, et à juger par son appa- son, di rence, ses secrets doivent être terribles, infiniment pires que ceux de ce n’ai jai pauvre Jekyll. Les choses ne peuvent pas continuer ainsi. J'ai le fris- testam son quand je pense à cet être qui se glisse comme un voleur nocturne qui a é auprès du lit de mon ami Harry : quel réveil ! Et quel danger ! Car si le sais, ce Hyde à connaissance du testament, il peut devenir impatient dans cils —c son désir d'hériter. Oui, il faut que je fasse quelque chose, si Jekyll le encore veut, ” Et il ajouta : ‘“ Si seulement Jekyll veut me laisser faire. ” Car, et enc de nouveau, il vit clairement devant lui les étrangès dispositions du “Vo testament. nant i

Utterson.

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