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I. Wallon, Saint Louis^ II

Le treizième biècle. 10

vieilles cités, notamment à Tournai, à Béthune, à Calais. Un des plus célèbres et des plus gigantesques est celui de Bruges ,

FiG. 55. — Beffkoi de Tournai.

dont les proportions sont plus étonnantes que régulières.

Dans le midi, les hôtels-de-ville furent plus nombreux au treizième siècle ; on en cite même qui remontent au douzième.

FiG. 56. ' — Beffroi de Bkthune."

FiG. 57. — Beffroi de Calais.

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comme celui de Saint-Antonin. Bientôt cette catégorie d édifices put rivaliser avec les palais des princes. On sait quelle élégance, quelle richesse elle atteignit dans les âges suivants.

FlG. 58. — HOTEL-DE-VILLE DE LOUVAIN.

La région du nord prit alors sa revanche. En Belgique surtout, cette terre des municipes florissants et opulents , certains hôtels-de-ville, tels que celui de Louvain, sont demeurés comme

le dernier mot de l'art fleuri répandu à la fin du moyen âge, et dénotent l'intention positive de lutter avec l'architecture somptueuse des cathédrales, qu'ils ne purent cependant égaler.

Il faudrait, pour être complet, parler encore des halles, dont quelques cités commerçantes du nord ont également conservé des types d'une magnificence étonnante. Celle d'Ypres, par

FiG. 59. — HOTEL-DE-VILLE D'ArRAS.

exemple, vaut la plus belle des églises ; et, en réalité, on la prendrait pour une cathédrale. Dans une région opposée, la halle de Crémone ressemble aux vieux palais des grands seigneurs italiens. Il faudrait également parler des collèges bâtis dans la capitale, sous Philippe-Auguste , saint Louis et leurs successeurs. Mais, ne pouvant tout embrasser, j'ajouterai seulement quelques mots sur un genre de construction qui pour-

FiG. 60, — HOTEL-DEVILLE DE SaIXT-OuENTIN.

rait fournir la matière d'une monographie bien intéressante : il s'agit des ponts. Construire un pont, c'était faire une œuvre pie, au moyen âge. Et, en effet, rien n'était plus nécessaire pour faciliter les pèlerinages qui s'accomplissaient de toutes parts. A chaque instant, les pèlerins étaient arrêtés dans leur marche par une grande rivière, par un fleuve impétueux, qu'ils ne pouvaient franchir sans un secours inespéré. Aussi de généreux ermites s'établissaient-ils auprès des gués difficiles, pour transporter eux-mêmes les passants sur l'autre rive ou pour les préserver de méprises funestes : de là est venue la légende de saint Christophe, que tout le monde connaît. L'institution prit bientôt un caractère plus général. Un de ces ermites, saint Bénézet ou Benoît, fonda, dès la fin du douzième siècle, une compagnie d'hospitaliers-pontifes {ponti/ices , c'est-à-dire faiseurs de ponts), et, vers la même époque, un institut du même genre s'établissait à Bonpas, au diocèse de Cavaillon.

Une quantité de ponts, aussi solides que hardis, furent jetés sur les grands cours d'eau par ces bienfaisantes associations. Le plus fameux de tous est, sans contredit, celui d'Avignon, entrepris par saint Bénézet en personne, vers 1177, et achevé en 1 188. Il reliait cette ville à la rive droite du Rhône, au lieu où se trouve actuellement Villeneuve, et se composait de vingt-trois arches à cintre légèrement surbaissé , ayant chacune cent pieds d'ouverture. Sur l'une d'elles s'élevait une chapelle romane, dédiée à saint Nicolas, le patron ordinaire des mariniers. Les piles avaient une épaisseur de vingt-cinq pieds environ, et l'ensemble du pont avait près de mille mètres de longueur. Coupé aux treizième et quatorzième siècles pour les besoins de la guerre, puis réparé, il fut plus tard gravement endommagé par les inondations et finit par être abandonné, en 1680. Il n'en reste aujourd'hui que les quatre arches les plus rapprochées d'Avignon (i).

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