‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 29 sur 104 · I. Dictiojinaire a'' Architecture^ VIII · texte numérisé non relu

I. Dictiojinaire a'' Architecture^ VIII

cette influence, puisque, de l'aveu du même critique, ils commencèrent à fleurir lors de la renaissance artistique qui suivit immédiatement l'an icoo? puisque l'école de Cluny et d'autres en comptaient un bon nombre dès le onzième siècle? Quand les premiers croisés revinrent d'Orient, on touchait au douzième ; il y avait donc cinquante ou soixante ans, pour le moins, que le ciseau de nos artistes fonctionnait, sans avoir eu besoin de s'inspirer des modèles byzantins. On prétend que les draperies raides et empesées, les vêtements étroits, à plis serrés, des figures de cette période primitive, sont des caractères du Bas- Empire. Mais ils tiennent aussi bien de l'habillement des Français du temps de Philippe P^ ou de Louis VI, et nous savons assez que tous les artistes du moyen âge, dans tous les genres, ont constamment reproduit le costume de leurs compatriotes et de leurs contemporains, puisque leurs œuvres sont même la seule source à peu près sûre de l'histoire du costume.

Il y a plus : la physionomie, l'air du visage, sont déjà essentiellement français dans ces statues primitives. <i On remarque dans toutes, comme l'a dit M. de Caumont(i), de longs bustes, des yeux saillants, fendus, des sourcils arqués, » en un mot les divers caractères du type national. Comment donc leurs auteurs auraient-ils pris le visage et le corps autour d'eux, chez leurs frères ou leurs sœurs, comme c'était naturel, tandis qu'ils auraient été chercher la draperie , le vêtement et tout le reste à Constantinople? Ilsont bien plutôt emprunté le tout au monde qui les entourait, aux personnes qu'ils avaient sous les yeux, et qui représentaient pour eux la seule nature existante, le type unique de l'humanité. Et si l'on rencontre dans leurs œuvres, comme dans celles des peintres, des formes raides, conventionnelles , presque hiératiques , on doit simplement penser que c'est là un reste des traditions carlovingiennes , dont ils n'a-

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