‹ Le treizième siècle artistiqueChapitre 30 sur 104 · I. Abécédaire (f Archéologie, p · texte numérisé non relu

I. Abécédaire (f Archéologie, p

vaient pu encore se dégager comprlètement. L'art carlovingien, dans le peu de figures qu'il nous a laissées, se rapproche de l'art byzantin ; tous deux, au fond, étaient cousins germains, étant issus, l'un comme l'autre, de la décadence romaine. Par conséquent, c'est aussi bien le premier qui a pu léguer aux artistes romans les types que l'on appelle byzantins, et c'est même bien plutôt lui, si l'on considère combien étaient rares les relations entre les Français et les Grecs avant l'époque des croisades.

Quoi qu'il en soit, nous trouvons, au treizième siècle , notre statuaire entièrement dégagée de toute influence étrangère , et parvenue spontanément à une entente parfaite de la composition. Plus de raideur ni de disproportion. En revanche, beaucoup plus d'observation de la nature ; beaucoup plus de dessin même, que dans la peinture du temps. Et ici nous sommes parfaitement d'accord avec Viollet-le-Duc : <( Si nous nous attachons, dit-il, à l'exécution de la statuaire d'alors, nous trouvons cq faire large, simple, presque insaisissable des belles œuvres de l'antiquité grecque. C'est la même sobriété de moyens, le même sacrifice des détails, la même souplesse et la même fermeté à la fois dans la façon de modeler les nus (i). » Les nus, toutefois, se réduisent le plus souvent aux mains et aux figures, et cela jusqu'au quinzième siècle. Les formes sont même atténuées, dissimulées à dessein, par un scrupule de modestie, sous des draperies épaisses, dont l'harmonieux agencement remplace les effets de plastique. Ces derniers sont relativement négligés ; c'est le souci de l'expression qui domine tout. Charles Blanc et d'autres ont amèrement reproché à l'art du moyen âge cette négligence, volontaire ou non ; mais elle est l'effet des mœurs et de l'objectif poursuivi. Ce n'est plus la beauté du corps, c'est la beauté intelligente et intelligible que

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