Dictionnaire d'Arthileclure, VII, 56 et suiv
rehauts presque blancs. Mais, dans le dessin, quelle raideur et quelle inexpérience encore ! « Les proportions des corps varient sans motif apparent ; les membres sont grêles. Les règles de la perspective sont complètement inconnues, aussi bien pour les figures animées que pour les objets inanimés (i). » L'art en est encore là au douzième siècle. Au treizième, il n'y a presque plus de champs à peindre, et cependant le coloris et le dessin sont en progrès l'un et l'autre. Parlons d'abord du coloris.
Le siècle de saint Louis inaugure, sous ce rapport , une manière nouvelle : afin d'harmoniser la décoration des murs avec les tons tranchants et foncés des vitraux, il renonce aux demi-teintes d'autrefois , il emploie les couleurs franches et vives. « Les fonds deviennent sombres, brun-rouge , bleu intense, noir même, quelquefois or , mais dans ce cas toujours gaufrés. Le blanc n'apparaît plus guère que comme filets ou rehauts délicats ; l'ocre jaune n'est employée que pour les accessoires. Les tons sont toujours séparés par un trait brun très foncé, ou même noir. L'or apparaît déjà en masse sur les vêtements ; mais il est, ou gaufré, ou accompagné de rehauts bruns. Les chairs sont claires. L'aspect général est chaud, brillant, également soutenu, sombre même, s'il n'était pas réveillé par l'or (2). » Seulement, par la force des choses, ces qualités ne trouvent presque plus leur application en dehors des colonnes, des moulures, des sculptures et des voûtes. La peinture murale n'est plus la peinture murale, sinon par exception : elle devient la peinture ornementale, en attendant qu'elle se réfugie sur les triptyques de bois ou sur la toile. Les artistes du temps, ne pouvant plus utiliser les richesses de leur palette sur les surfaces planes , en couvrent tout ce qui reste de la carcasse du vaisseau, depuis le bas des piliers jusqu'à la clef
1. Viollet-le-Duc, Dictionnaire d Architecture, VII, 56 et suiv.