Ibid
de voûte. Ils vont même chercher de l'ouvrage à l'extérieur de l'édifice. Ainsi, aux cathédrales de Paris, de Reims, d'Amiens, les portails et les pignons des transepts ont été décorés par le pinceau. A Paris, en particulier « les trois portes de la façade , avec leurs voussures et leurs tympans , étaient autrefois entièrement peintes et dorées ; les quatre niches reliant ces portes et contenant quatre statues colossales étaient également peintes. Au-dessus, la galerie des rois formait une large litre toute colorée et dorée. La peinture , au-dessus de cette litre, ne s'attachait plus qu'aux deux grandes arcades avec fenêtres , sous les tours, et à la rose centrale, qui étincelait de dorure. La partie supérieure , perdue dans l'atmosphère , était laissée dans le ton de la pierre (i). »
On a critiqué, avec assez déraison, ces peintures extérieures : la majesté, l'unité de l'édifice pouvaient y perdre , et les églises où a subsisté une décoration semblable, comme Saint-Marc de Venise, par exemple, ont quelque chose de moins sérieux. Il ne faut pas oublier toutefois, en ce qui concerne les porches ou les portiques, qu'ils étaient censés faire encore partie de l'intérieur du temple : on accomplissait là différentes cérémonies ; on y recevait entre autres l'engagement solennel des nouveaux époux. La logique et l'harmonie exigeaient donc, jusqu'à un certain point, que la décoration appliquée à Tintérieur fût prolongée sous les porches inclusivement. Pour les statues, soit au dedans, soit au dehors, c'était un usage très ancien que de compléter les imitations de la nature à l'aide du pinceau. L'antiquité elle-même l'avait connu, et je me souviens d'avoir vu déterrer sous mes yeux, à Pompéi, une statue de déesse antique peinte dans ses moindres détails, jusqu'aux cils. D'ailleurs, dans un vaisseau dont toutes les parties, même les vitres des fenêtres, étaient revêtues de tons vifs et brillants,