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loin des murs du monastère, guerroyaient les Francs, les Normands, les Magyars, ou tandis que se troublaient les manants, les gens d'armes et les seigneurs, lui, dans la solitude
respectée du cloître, passait sa vie à étudier, k peindre et à prier. Pour lui, enluminer, c'était obéir :1a règle le lui ordonnait et son supérieur le lui imposait au nom de Dieu lui-même. Hnluminer, c'était satisfaire son amour, sa passion pour l'étude et le travail ; c'était vivre de la vie intellectuelle et en faire vivre les autres, comme le dit ce vers d'un copiste dont l'ouvrage existe à la bibliothèque de Lille :
Scripsit amore sut, conscn'psit amore suorion.
Enfin, pour lui, enluminer, c'était travailler à la gloire de
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Fm. I20. — Le roi de Navarre armé chevalier. Tiré d'an ir.anuscrit de la Bibliothèque nalionale.
Dieu, au salut des âmes, à sa propre sanctification ; c'était faire connaître les mystères de la foi, contribuer à la solennité des saints offices, illustrer le texte des livres sacrés et la figure du bienheureux. Nous voyons, en effet, le mir^'aturiste, tantôt offrir son œuvre au Christ, comme dans les manuscrits de Marchiennes et d'Anchin, tantôt appeler ses miniatures des fleurs de l'âme, qu'il présente à la Vierge, comme le moine Lanvin dans un manuscrit du onzième siècle. Radulphe, calligraphe du huitième, voyait, tandis qu'il écrivait son livre.
le fondateur de son abbaye, saint Vaast, qui le contemplait du haut du ciel et lui disait : Ecrivain, autant il y a de lignes et de lettres dans ton œuvre, autant je te remets de fautes (i). » Une autre légende, plus récente, nous montre que les minia-
F.G. 121. — Les CArnouLS de Toulouse.
Tiré d'un manuscrit du XV^ Siècle.
turistes et les scribes des monastères, qui étaient très souvent les mêmes personnages, conservaient encore, à l'époque de saint Louis, leurs mœurs pieuses et simples. Un de ces hum-